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EXCRETION DE L'URINE - VESSIE

aucune contraction, aucun acte physiologique proprement dit qui intervienne pour s'opposer à la sortie «le l'urine : les conditions lont toutes mécaniques, et elles subsistent après la mort, car l'urine continue à être maintenu»' dans la vessie du cadavre.

Ce n'est pas à dire que jamais la contraction musculaire n'intervienne pour s'opposer au passage de l'urine : au contraire, il est un muscle destine a cef usage : mais il n'est pas situé au col de la vessie, il est placé plus loin, sur la portion membraneuse de l'urètre; c'est le sphincter urétral. le muscle de Wilson (W,fig. 184 et 185); il se contracte par action réflexe. ou sous l'influence de la volonté; mais ce réflexe lui-même n'est pas de nature vesicale ; nous allons voir dans quelles circonstances il se produit.

Miction. — Quand l'urine a trop distendu les parois vésieales, celles-ci, avons-nous vu, réagissent, compriment leur contenu, qui alors triomphe de l'élasticité du col, de l'élasticité de la prostate, et pénètre dans l'origine du canal de l'urètre : là l'urine se trouve en contact avec une muqueuse très sensible, la muqueuse prostatique, que nous verrons présider à un grand nombre de réflexes génitaux. C'est 1« contact de cette muqueuse avec l'urine qui produit cette sensation cuisante connue sous le nom de besoin d'uriner, et que, comme presque toutes les sensations de cette région, nous rapportons à l'autre extrémité du canal, à la fosse naviculaire. Si nous ne sommes pas attentifs à ce sentiment de besoin, il se produit un réflexe, qui se traduit par la contraction du sphincter urétral ; l'urine ne peut aller plus loin, elle est même obligée de rétrograder, par la contraction des muscles de la paroi antérieure de la prostate, et elle rentre dans la vessie, dont les contractions ont cessé.

Les contractions coordonnées qui produisent la miction se font sous l'influence de la moelle épinière, et particulièrement de la région lombaire de la moelle. Budge a cherché à préciser encore davantage, et ses expériences le portent à placer le centre d'innervation de la vessie au niveau de la quatrième lombaire (chez le chien et le lapin) ; Kupressow place ce centre entre la cinquième et la sixième vertèbre lombaire.

La sensibilité de la muqueuse prostatique est donc très importante, puisqu'elle est le point de départ de ce réflexe essentiel ; la perte de cette sensibilité est l'origine de ce genre d'incontinence d'urine que l'on a nommé énurcsie, de l'incontinence nocturne ; cette émission involontaire des urines, comme dans d'autres cas l'émission involontaire des fèces, atteste l'insensibilité des membranes muqueuses au contactées produits excrémentitiels, et, dans le cas particulier, l'absence de la sensation prémonitoire du besoin d'uriner.

Quelques instants après, la distension du réservoir vésical continuant, il réagit de nouveau, l'urine pénètre de nouveau dans la région prostatique. M. Duval, Phvsiol. 4g

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où elle provoque de nouveau le même réflexe, et ainsi de suite. Nous avons là l'explication de la forme intermittente que présente le besoin d'uriner. Si ces phénomènes se répètent souvent, le réflexe diminue d'énergie et il faut alors l'intervention de la volonté pour contracter le sphincter urétral et arrêter l'urine qui tend à s'ouvrir toute la longueur du canal : de là les efforts douloureux pour résister longtemps au besoin d'uriner. On voit donc que toutes les fois que l'obstacle qui s'oppose au passage de l'urine est vraiment actif, ce n'est pas dans le sphincter vésical mais bien dans le muscle urétral, le seul volontaire, que siège la puissance antagoniste de la contraction delà vessie1. Nous verrons plus tard que ce muscle joue aussi le principal rôle dans un des phénomènes mécaniques de l'appareil génital, dans l'éjaculation.

Mais en général nous obéissons aux premiers avertissements que nous donne la muqueuse urétrale, aux premiers besoins d'uriner. Ce besoin semble siéger au niveau de la fosse naviculaire ; mais en réalité il a son si .eau niveau de la muqueuse prostatique. Une sonde introduite dancanal provoque une sensation identique au besoin d'uriner, au moment où son bec se trouve en contact avec la muqueuse de la prostate ; si nous rapportons ce sentiment à l'autre extrémité du canal urétral. c'est par l'effet d'une de ces sensations associées dont nous avons déjà cité plusieurs exemples. V. Sensibilil le et sensation. p. 10

Quand nous cédons au besoin d'uriner, malgré l'absence de tout obstacle de la part du sphincter, l'impulsion que l'urine a reçue des muscles de la vessie serait impuissante a vaincre la résistance du canal, à en décoller les lis. Il faut un léger effort d'expulsion par lequel, sous l'influence des contractions des muscles de l'abdomen, les viscères viennent presser sur la vessie et augmentent son action sur son contenu. Nous fermons donc la glotte au début de toute miction; ensuite la contraction vésicale suffit pour expulser l'urine : mais vers la fin de la miction, pour en expulser les dernières gouttes, un nouvel effort est nécessaire: le bas-fond de la vessie étant fixent concave, ce réservoir ne pourrait se vider complètement, si les viscères abdominaux ne venaient presser sur la partie supérieure de la

i V. Carayon, De la miction dans ses rapports avec la physiologie et la pathologie,' thèse de Strasbourg. n« 814.

Lgg observations de F. Guyon, sont entièrement confirmatives de cette manière de voir (Leçons sur les maladies des voies nrinaires. tvxc>. p, 750).

; - - hincter delà portion membraneuse de l'urètre complète et perfectionne areil sphinctérien de la vessie... va résistance triomphe de la contraction •aie et détermine la cessation du besoin d'uriner: nous l'éprouvons tous les iours lorsque nous luttons, dans le demi-sommeil, contre les sommations trop matinales de la vessie... Le sphincter de la portion membraneuse n'entre donc eu ieu que lorsque la vessie se contracte: sa contraction repond aux siennes. L rsque ces contractions se répètent, et surtout quand elles dévier.:, douloureuses, elles substituent à son état de vigilance physiologique, cet état particulier de vigilance pathologique, que nous connaissons en chirurgie sous le nom de contracture réflexe. Aussi est-ce bien dans cette partie de l'appareil sphinctérien que la clinique nous apprend à localiser ce que l'on appelle la contracture ou le spasme du col : la physiologie pathologique et la physiologie normale sont parfaitement d'accord .

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