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SECONDE CIRCULATION. — CANAL VEINEUX

bourgeon glandulaire de plus en plus volumineux, des ramifications vasculaires qui constituent : celles venues de la veine mésentérique, les veines hépatiques afférentes ; et celles venues du tronc commun, les veines hépatiques efférentes. Il résulte de cette disposition, mieux indiquée par la figure 216 (B et G) que par aucune description, que la veine mésentérique avec les veines hépatiques afférentes constitue le système de la veine porte se ramifiant dans le foie pour se continuer, par les veines hépatiques eftërentes, sous le nom de veines sus-hépatiques, et déboucher finalement dans la partie du tronc commun restée libre au delà du foie (fig. 216, en G). Cette partie de l'ancien tronc commun constitue alors la partie supérieure de la veine cave inférieure, qui se complète inférieurement parle développement d'un tronc qui résume la circulation de retour des membres postérieurs en voie de formation. Quant à la partie delà veine ombilicale et de la veine mésentérique intermédiaire entre l'abouchement des veines hépathiques allé rentes et efférentes, elle constitue un canal veineux qui longe librement la surface du foie, et n'est autre chose que ce qu'on connaît en anatomie descriptive sous le nom de canal veineux d'Aranzi et de sinus de la veine porte (fig. 216, G, 4).

Nous ne pouvons insister sur les résultats définitifs de cette disposition, qui constitue l'une des parties les plus importantes de l'anatomie descriptive du foie chez le fœtus. Il nous suffit de comprendre que la veine ombilicale (6, fig. 216, G), arrivée au niveau du foie, se jette en partie dans la veine porte (partie gauche de la veine porte) et communique d'autre part, grâce au canal d'Aranzi, directement avec la veine cave inférieure, et de là avec le cœur.

A ce niveau (près du cœur), s'abouchent en même temps et de chaque côté, par un canal commun (canaux de Guvier, 7, fig. 216, G), les veines qui ramènent le sang du corps de l'embryon (veines cardinales antérieures et postérieures et veine cave inférieure; 8 et 9, fig. 216; et 3, 12, 13, fig. 217); mais cette disposition de la circulation veineuse générale ne dure que peu de temps : bientôt les veines cardinales postérieures s'atrophient en partie et ne laissent plus comme trace de leur existence que les veines azygos (grande et petite azygos, V. fig. 218, B). Entre les veines cardinales antérieures se forme un conduit transversal (tronc brachio-céphalique gauche, 7, A et B, fig. 218), en même temps que le canal de Guvier du côté gauche (qui a mérité un instant le nom de veine cave supérieure gauche par sa disposition, voir fig. 218), s'atrophie et disparait. Le conduit de Guvier du côté droit persiste au contraire et constitue la veine cave supérieure (fig. 218, A et B, 6). Nous comprenons ainsi la disposition de la

veine azygos droite (grande azygos) qui vient chez l'adulte se jeter dans la veine cave supérieure, car elle représente l'extrémité centrale de la veine cardinale droite postérieure, et la disposition du tronc brachio-céphalique droit représentant l'extrémité centrale de la veine cardinale droite supérieure.

b. Cœur. — L'organe central de la circulation, qui se présentait d'abord sous la forme d'un tube rectiligne, puis contourné en S (fig. 211, 214, 215) se divise, au moyen de rétrécissement, en trois cavités : cavité auriculaire, cavité ventricu-

Fig. 217. — Système veineux de l'embryon *.

Fig. 218. — Formation du système veineux définitif**.

* i, Canal de Guvier ; — 2, point où toutes les veines viennent se jeter dans l'extrémité inférieure du cœur (future oreillette); — 3, veine cardinale antérieure; — 6, veine ombilicale; — 7, la même veine au niveau du foie, lequel n'est pas figuré, non plus que les veines hépatiques afférentes et effèrentes; — 8, veine omphalomésentèrique ; — 9, veine cave inférieure ; — 12, 13, veines cardinales postérieures.

** A, Période de formation : — 1, veine cave supérieure gauche ; — 2, veine cave supérieure droite (l'embryon est supposé vu par la région postérieure) ; — 3, cave inférieure; — 4, 5, veines cardinales inférieures (futures azygos); — 6, Canal de Cuvier droit (future veine cave supérieure droite voir la fig. B); — 7, anastomoses entre les deux veines cardinales antérieures, futur tronc brachio-céphalique gauche ; — 8, 9, 10, futures jugulaires et sous-clavières.

B, Troncs veineux persistants (comme chez l'adulte). — (Ces vaisseaux, comme dans la figure A. sont représentés comme s'ils étaient vus par la partie postérieure du corps.) — 1, veine cave supérieure gauche oblitérée; — 6, veine innommée droite; — 7, veine innominée gauche; — 8, sous-clavière ; — 13, tronc de la demi-azygos; — 18, intercostale [supérieure gauche; — 19, 20, parties supérieure et inférieure de l'azygos gauche.

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laire et cavité artérielle (ou bulbe aortique). Alon il B6 n-cnurbede plus en plua en forme d'S, de telle sorte que Le ventricule qui d'abord était situé en haut, se trouye en bas et en avant, et l'oreillette en haut et en arrière. En môme temps ijne s'établit la circulation placentaire, de la pointe du ventricule part une cloison médiane qui divise la cavité ventiieulaire primitive en un ventricule droit et un ventricule gauche. Dans le bulbe aortique, qui se tord en spirale, se forme également une cloison qui le partage en deux conduits tordus sur eux-mêmes, dont l'un communique avec le ventricule droit, c'est l'origine de Y artère pulmonaire future, l'autre avec le ventricule gauche, c'est l'origine de Y aorte.

La cavité auriculaire tend aussi à se diviser, par une cloison qui part de la région auriculo-ventriculaire, en deux oreillettes, droite et gauche. Mais pendant tout le reste de la vie fœtale, cette séparation demeure incomplète, et il existe toujours une ouverture (trou de Botal l), qui fait communiquer les deux oreillettes. Les rapports de ce trou inter-auriculaire avec les embouchures des deux veines caves dans l'oreillette droite présentent une disposition toute particulière, et qui constitue l'un des points les plus essentiels de la circulation placentaire. L'embouchure de la veine cave inférieure est pourvue d'une valvule, la valvule oVEustache, très développée à cette époque et disposée de telle manière que le sang qui arrive par la veine cave inférieure ne fait que parcourir la partie postéroinférieure de l'oreillette droite et se trouve presque directement dirigé par cette valvule vers la cloison inter-auriculaire, de façon à être déversé par le trou de Botal dans l'oreillette gauche, et de là dans le ventricule gauche, etc. (V. plus loin); le sang, au contraire, qui arrive par la veine cave supérieure, laquelle est dépourvue de toute valvule, passe de l'oreillette droite, qu'il remplit comme chez l'adulte, par l'orifice auriculo-ventriculaire droit, dans le ventricule droit, etc. (V. plus loin.) Nous verrons dans un instant comment se fait la circulation cardiaque placentaire par cette série d'orifices et de cavités, dont les communications semblent, au premier abord, constituer un véritable labyrinthe. Mais il nous faut auparavant étudier, pour compléter le cercle circulatoire, la formation du système artériel.

c. Artères. — Nous avons vu précédemment partir de l'extrémité antérieure du tube cardiaque deux branches qui se recourbaient bientôt en arrière et constituaient ce qu'on nomme la pre-

1 Botal («u Botalli), médecin italien du xvi* siècle, fut médecin à la cour de Charles IX et d'Henri III. Son travail sur le cœur du fœtus a été publié à Venise en 1640.

mière paire d'arcs aortiques. ( V. p. 720.) Bientôt au-dessous de ce premier arc aortique, réuni plus bas en une aorte impaire, se développent successivement deux ou trois autres paires d'arcs aortiques, qui se réunissent aussi dans le tronc médian de l'aorte descendante (fig. 219) ; mais l'existence de ces arcs n'est que très transitoire, et ils s'oblitèrent bientôt pour la plupart, ne laissant persister que quelques-unes de leurs branches pour former les gros troncs permanents de la circulation : c'est ainsi que les arcs les

isy— -.^ plus supérieurs disparaissent complètement (5, 4.

fig. 219); le troisième forme le tronc brachio-cépha-

lique droit, la carotide et la sous-clavière gauche;

le quatrième arc disparait à droite, mais forme à

gauche la crosse de l'aorte définitive ( 3; ; le cinquième

(le plus inférieur) émet de chaque côté une branche

qui va se ramifier dans le poumon correspondant ;

et tandis que la partie qui est au delà de ce bourgeon

à droite s'atrophie (2', fig. 210 1, sa congénère du

Fig. 210 — Arcs c^ ?aucne persiste et fait communiquer l'artère

aortiques. troncs pulmonaire avec la partie descendante de la crosse

artériels perma- de l'aorte (2, fig. 219), sous le nom de canal arté-

nents * . 1 * • \

net. Ce canal artériel forme une disposition particulière et caractéristique de la circulation placentaire, au même titre que le trou de Botal et le canal veineux d'Aranzy (V. p. 72:J> .

Ajoutons qu'en se divisant, le bulbe de l'aorte s'est disposé de manière que la partie de sa cavité qui communique avec le ventricule gauche se trouve d'autre part en continuité avec les restes des deux premières paires d'arcs aortiques (carotides, sous-clavières et crosse de l'aorte persistante;, tandis que la partie de sa cavité qui communique avec le ventricule droit se continue d'autre part avec les restes du dernier arc aortique, c'est-à-dire avec l'artère pulmonaire (et le canal artériel, fig. 219, 1 >.

Si nous poursuivons la disposition du système artériel du centre à la périphérie, nous voyons l'aorte descendante s'allonger (V. p. 720) et les artères vertébrales postérieures devenir les artères iliaques : de ces artères iliaques partent deux branches relativement énormes, les artères ombilicales qui, suivant le

* 1, Troncs qui naissent de chaque ventricule bulbe aortique divisé en origine de l'aorte et origine de l'artère pulmonaire'; on voit au-dessus jusqu'à 5 paires d'arcs aortiques; les deux plus élevés disparaissent complètement; les trois pins rapprochés du cœur laissent seuls des parties permanentes, c'est-à-dire les sous-clavières et carotides droites et gauches, 5, 4; la crosse de Taorte 3; l'aorte descendante 2; au point de jonction de la crosse et de la partie descendante de l'aorte droite on voit aboutir le canal artériel droit, qui n'a qu'une existence très transitoire comme l'aorte droite elle-même, 2'7.

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