‹ Cours de physiologieChapitre 32 sur 260 · BULBE ET PROTUBÉRANCE, - NOYAUX DES NERFS · texte numérisé non relu

BULBE ET PROTUBÉRANCE, - NOYAUX DES NERFS

triques de la région de L'encéphale qui est lésée, soit qu'on admette, dans chacun de3 pédoncules de chaque côté, L'existence d'une force tendant à faire tourner l'animal dans un sens, soit qu'au lieu de forces excitatrices on admette l'existence de forces modératrices dan- chaque ordre de pédoncules: en tout cas, comme une simple piqûre peut produire les mouvements de roulement et que dans ce cas l'abolition des fonctions de la partie piqu aurait être mise en question, il semble plus rationnel d'admettre

d'un.' manière générale, que ces phénomènes sont dus à une excitation plutôt qu'a une paralysie (suppression de fonction) des pédoncules. Les expériences instituées a ce sujet par Vulpian ont fait connaître un certain nombre de faits non signalés avant lui, entre autres la coexistence assez fréquente de la tendance au mouvement de rotation sur l'axe longitudinal du corps avec la tendance au mouvement de rotation en circuit plus ou moins restreint, observation que Vulpian a faite sur les mammifères, les têtards de grenouilles, les grenouilles elles-mêmes et les poissons, et qui a été plus tard faite aussi par Baudelot sur ces derniers animaux. C'est qu'en effet les mouvements de rotation produits par des lésions unilatérales de l'isthme encéphalique sont aussi apparents chez les vertébrés inférieurs que chez les mammifères ; ce sont tantôt des mouvements de manège, tantôt un mouvement giratoire ou de rotation sur l'axe. D'après les recherches de Prévost, le sens du mouvement sur l'axe est le même que celui de manège et ces deux mouvements s'exécutent dans le sens indiqué par la déviation des yeux.

2° Substance grise. — Pour s'orienter dans l'étude de la substance grise du bulbe, il faut d'abord jeter un coup d'œil sur les formes extérieures que présente la face postérieure (grise) de cet organe :

quand on met à jour cette face, c'està-dire le plancher du quatrième ventricule, en enlevant le cervelet et sectionnant ses pédoncules (fig.

31 : 1, pédoncules cérébelleux supérieur; 2. idem moyen; 3, idem inférieur), on voit que ce plancher, en forme de losange, correspond à la face postérieure du bulbe et de la protubérance, et qu'il présente de légères saillies formées par les nerfs ou par les noyaux des nerfs; — B, région d'où naît la partie sensible du trijumeau (locus cseruleas des auteurs allemands) ; — G, saillie correspondant au noyau commun du facial et du moteur oculaire externe (eminentia teres); — A. région du noyau du moteur oculaire commun et du pathé-

Fig. 31. — Position des noyaux des nerfs bulbo-protubérantiels relativement au plancher du quatrième ventricule.

tique (au-dessous et autour de l'aqueduc de Sylvius) ; — D, noyau de l'acoustique ;. — F, du grand hypoglosse ; — E, saillie qui correspond, successivement et de haut en bas, aux noyaux du glosso-pharyngien, du pneumogastrique et du spinal (jusque dans la moelle cervicale).

Si maintenant on cherche à compléter cette première étude par l'inspection de coupes faites à différents niveaux dans le bulbe et la protubérance, il semble que la substance grise de ces parties ne rappelle en rien la disposition de la substance grise de la moelle. Mais une étude attentive de nombreuses coupes échelonnées graduellement de bas en haut permet de constater qu'il est possible de reconnaître, dans le bulbe, la protubérance et les pédoncules cérébraux, des parties grises dont les unes représentent les cornes antérieures ou les cornes postérieures de la moelle, ^prolongées jusque dans les étages supérieurs (comme le sont les cordons blancs médullaires), tandis que les autres sont des amas gris surajoutés de même que les cordons blancs surajoutés : corps restiformes, pédoncules cérébelleux).

7rE

MB

Fig. 32. — Schéma d'une coupe au niveau de la ligne de jonction du bulbe de la protubérance *.

a) Masses grises qui prolongent les cornes antérieures. — Ces masses représentent les noyaux d'origine des nerfs moteurs bulbaires et protubérantiels. Lorsque les cordons antéro-latéraux ont, par leur décussation, décapité les cornes antérieures (fig. 27 et 28, p. 79 et 80), ainsi que nous l'avons décrit précédemment, chacune de ces cornes se trouve

* P, P, Pyramides; Pr, Pr, fibres transversales de la protubérance; — entre les couches diverses de ces fibres sont irrégulièrement stratifiés des amas de substance grise ; — ME, ME, racines du nerf moteur oculaire externe ; — M, noyau commun du moteur oculaire externe et du facial; — FT, fasciculus teres (portion verticale de l'anse du facial) ; — F», noyau inférieur du facial (dans lequel prennent naissance les fibres radiculaires qui vont former le fisciculus teres) ; — GP, substance gélatineuse de Rolando (tète de la corne postérieure); — T, racine ascendante du trijumeau; — A' C, substance grise du plancher du quatrième ventricule (noyau de l'acoustique) ; — AG, tronc du nerf acoustique; — e, sa racine externe; — GR, corps restiforme.

BULBE KT PROTUBÉR VSCE. NOYAUX DBS NERFS

divisée en deux parties distinctes: 1° L'une, la base de la corne, r< contiguë au canal central MCA', ûg. 27, et C'A', fig. 28), Be prol< toute la longueur du plancher du quatrième ventricule, de chaque côté la ligne médiane, et y forme les amas connus sous ]<• nom de noyau de

Vhypogl ' ,de noi/ui' rn,,imun du facialet du moteur ocu-

e (facial supérieur; M, fig. 32) : plus haut, au niveau des pédoncules cérébraux, au dessous de l'aqueduc de Sylvius et de chaque côté de la ligne médiane, ce prolongement de la base de la corne antérieure s'éteint en formant le noyau d'origine du moteur oculaire commun et du pathétique v . ii . 35 ci-après, p. 89). 2° L'autre partie, a tete de la corne décapitée se trouve rejetée en avant et en dehors (GA, fig. 27), mais elle ne disparaît pas. comme on a paru généralement le croire : seulement les amas gris qu'elle forme sont coupés et fragmentés par le passage des fibres aijcîformes venues du corps restiforme. Une étude attentive, à l'aide de nom-

Fig. 33. — Schéma d'une coupe de la protubérance au niveau de son bord inférieur *.

breuse3 coupes, permet de constater que cette partie toute périphérique et isolée de la corne antérieure donne naissance d'abord à la formation grise connue sous le nom de noyau antêro-latéral depuis les travaux de Stilling, Kœlliker, L. Glarke et J. Dean. Ce noyau antéro-latéral (S et N'H', fig. 29) est le noyau moteur des nerfs mixtes (pneumogastrique et glossopharyngien, S, fig. 29), et plus bas du spinal: il représente aussi, par ses parties les plus internes (le plus souvent fragmentées par le passage des fibres arciformes), un noyau antérieur accessoire de l'hypoglosse (N'H', fig. 29). Plus haut, au niveau du plan de séparation entre le bulbe et la protubérance, les formations grises qui font suite au noyau antéro-latéral,

* P, Pr, T, GP, ME, M, comme dans la figure précédente ; — FT, partie supérieure du f'sciculus leres se recourbant en dehors, puis en avant, pour former le facial (qui se dirige vers son lieu d'émergence F, F'), et recevant encore quelques fibres radiculaires du noyau inférieur (FI) ; — OS, olive supérieure; — A' C', noyau de d'acoustique. — T, racine ascendante du trijumeau; — GP, substance gélatineure de Rolando.

c'est-à-dire à la partie détachée de la corne antérieure, sont représentées par le noyau inférieur du facial (FI, fig. 32 et 33), et par le noyau masticateur du trijumeau, ce dernier noyau étant situé en pleine protubérance, à peu près au niveau même de l'émergence du nerf (MA, fig. 34).

b) Masses grises qui 'prolongent les cornes postérieures . — Les cornes postérieures sont décapitées, comme les cornes antérieures, mais seulement par le passage des cordons postérieurs marchant vers leur décussation, ainsi que nous l'avons décrit précédemment (fig. 28, p. 80) ; comme pour les cornes antérieures, une partie des cornes postérieures, leur base, reste contre le canal central, et une autre partie, la tête, est rejetée vers la périphérie.

1° La base de la corne postérieure présente des modifications importantes au-dessous du niveau où les cordons postérieurs se dirigent vers

Fig. 34. — Schéma d'une coupe de la protubérance au niveau de l'émergence de la cinquième paire (n. trijumeau) *.

leur décussation (fig. 27) ; elle envoie, en effet, dans la partie la plus interne de ces cordons (dans les cordons grêles ou pyramides postérieures), un prolongement gris, dont la signification est inconnue et qu'on a nommé noyau des cordons grêles ou des pyramides postérieures (NP, fig. 27, 28) ; plus haut, un prolongement semblable va s'irradier dans les corps restiformes et porte le nom de noyau resti forme (NR, fig. 28 et 29). Mais à mesure que le canal central s'étale pour former le plancher du quatrième ventricule, la base de la corne postérieure, que ne recouvrent plus les cordons postérieurs, se trouve à découvert sur ce plancher (fig. 29), dont

* P, P, Pyramides; — Pr, fibres transversales de la protubérance avec stratifications de substance grise ; — TT, substance grise du plancher du quatrième ventricule flocus cœruleuSy fig. 31 j : — GP, substance gélatineuse de Rolando ; — T, racine ascendante du trijumeau, se recourbant 'pour émerger de la protubérance (grosse racine ou racine sensitive du trijumeau) ; — MA, noyau moteur du trijumeau; — M' A', petite racine du trijumeau (nerf masticateur) ; — T', la cinquième paire à son émergence.

Page 1