‹ Cours de physiologieChapitre 35 sur 260 · BULBE ET PROTUBÉRANCE. - CENTRES REFLEXES · texte numérisé non relu

BULBE ET PROTUBÉRANCE. - CENTRES REFLEXES

bulbe, aussitôt L'animal cesse de répondre aux mdmei excitations par Les mêmes cris et la môme agitation. « Ce ne sont plus ces cris prolongés indubitablement plaintifs, que L'animal p ne-

cessivement, au nombre de plusieurs pour une seule excitation*

t alors un cri bref qui se produit, toujours le même, unique pour une seule excitation, comparable enfin à ces sons qu'émettent certains jouets d'enfants, dépourvu, en un mot, d'aucune espèce d'expression, et, par conséquent, véritable cri réflexe.»

L'animal qui vient de perdre sa protubérance a donc perdu un centre perceptif des impressions sensitives, tandis que l'on voit se continuer encore cliez lui la circulation, la respiration et les autres fonctions dont les centres coordonnateurs sont en partie dans la moelle et en partie, nous allons le voir, dans les deux tiers inférieurs du bulbe. Donc les impressions sensitives perçues par la protubérance peuvent provoquer des mouvements complexes sans la participation du cerveau proprement dit, et, par conséquent, sans intervention de la volonté : aussi a-t-on très heureusement proposé d'appliquer à ces phénomènes le nom de sensitivo-moteurs ou sensori-moteurs (Garpenter, Vulpian), par opposition à l'expression àe phénomènes idêo-moteurs, réservés pour les mouvements que provoquent les idées, c'est-à-dire le fonctionnement des hémisphères cérébraux.

Respiration. — Lerôle dubulbe danslacoordonnation des divers actes quiontpour but l'hématose seraétudiéà l'article Respiration. Nous rappellerons donc seulement ici que le nœud vital, découvert par Flourens, siège à la partie inférieure du plancher du quatrième ventricule (vers la pointe du V du calamus scriptorius). Le nom singulier donné par Flourens à cette partie circonscrite des centres nerveux est justifié, jusqu'à un certain point, parce que la section, ou simplement la piqûre de cette région, arrête immédiatement la respiration (et non, comme on l'a prétendu, les mouvements du cœur) et produit une mort subite chez les animaux à sang chaud ; mais si on supplée au manque de mouvements respiratoires spontanés par l'insufflation du poumon et la respiration artificielle, on peut prolonger la vie des animaux. La mort n'est donc pas due, dans l'expérience de Flourens, à ce qu'on serait allé atteindre le siège mystérieux d'un principe inconnu de la vie, mais simplement à ce qu'on a détruit le lieu où s'enchaînent et se coordonnent les mouvements respiratoires.

Cœur et circulation. — L'excitation du bulbe par un fort courant d'induction produit un arrêt du cœur; nous avons vu que le pneumogastrique (ou le spinal) est le nerf modérateur du cœur, et que son excitation produit l'arrêt de cet organe en diastole. Il est

donc probable que dans l'expérience sus-indiquée on agit sur le noyau ou sur les fibres radiculaires de ces nerfs. On n'a pas précisé davantage les parties du bulbe qui seraient le centre coordonnateurdes mouvements du cœur. Quant àl'étude des centres vaso-moteurs placés dans le bulbe, nous renvoyons au chapitre Vaso-Moteurs. t

Déglutition, phonation. — Onne possède non plusaucunenotion sur un centre coordonnateur des divers éléments moteurs qui, du bulbe, vont présider aux mouvements de la déglutition et de la phonation.

Centres sècrètoires. — Les expériences de Cl. Bernard ont montré que la lésion de certains points du plancher du quatrième

ventricule produit des modifications bien déterminées dans un grand nombre de sécrétions.

Gomme le mécanisme de ces effets sera discuté plus loin (V.

Vaso-moteurs et sécrétions), nous nous contenterons d'indiquer ici uniquement les résultats obtenus : 1° la piqûre, au niveau des origines du pneumogastrique, produit un diabète temporaire; pour que l'opération sur le lapin réussisse bien, la piqûre, dit Cl.

Bernard1, doit porter entre les tubercules de Wenzel (origine des nerfs acoustiques) et les origines des pneumogastriques (V. fig. 36, en P') ; 2° une piqûre portée un peu plus bas produit la polyurie simple; 3° portée un peu plus haut, elle produit l'albuminurie. On trouve donc, dans une étendue restreinte du plancher du quatrième ventricule, une série de points dont la lésion influe sur la sécrétion urinaire, tantôt en en modifiant simplement la quantité, tantôt en y déterminant la présence anormale du sucre ou de l'albumine. La clinique a présenté des faits de modifications semblables de la sécrétion urinaire par suite de lésions bulbaires ; 4° une piqûre faite un peu plus haut que les précédentes, au niveau de la partie la plus large du plancher du quatrième ventricule (région bulbo-protubérantielle, fig. 36, en P), produit une exagération de la sécrétion salivaire.

Fig. 36. — Plancher du quatrième ventricule chez le lapin.

1 Claude Bernard, Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux, Paris, 1858, t. I.

Page 1