‹ Cours de physiologieChapitre 38 sur 260 · HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX — COUCHES OPTIQUES · texte numérisé non relu

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX — COUCHES OPTIQUES

ne voit pas ce que peut entendre l'auteur par ces termes d'impressions perfectionnées et épurées, par cette sorte de conception d'une digestion 'les impressions.

D'autre part, Les troubles observés dans Lee cas de Lésions pathologiques couches optiques ne donnent que des résultats difficiles à interpréter, parce que Les lésions dos couches optiques atteignent, soit directement, soit indirectement, les faisceaux blancs (capsule opto-striée) situés en dehors d'elles, et qu'il est bien démontré aujourd'hui que ces faisceaux blancs sont des conducteurs des impressions sensitives dans leur partie postérieure, des excitations motrices dans leur partie antérieure (voir ci-après les localisations dans la capsule interne, page 107). Nous en dirons autantdes lésions expérimentales produites par E. Fournie sur des animaux, en pratiquant des injections interstitielles selon le procédé général déjà indiqué par Beaunis 4 : en injectant, après perforation du crâne, dans la substance cérébrale, quelques gouttes d'une solution caustique de chlorure de zinc colorée en bleu avec de l'aniline, ou une solution concentrée de soude caustique colorée avec du carmin, on produit sur des chiens des troubles divers qui ont été soigneusement notés; puis, l'animal ayant été sacrifié et autopsié, les résultats de l'observation des symptômes ont été disposés sous forme de tableau en regard des lésions reconnues à l'autopsie. De trentesix expériences de ce genre. Fournie conclut que les couches optiques sont des centres de perception. Le sentiment, dit Fournie, a été aboli cinq fois sur sept lorsqu'il y a eu destruction totale d'une couche optique; le sens de l'odorat a été aboli par la lésion de la partie antérieure des couches optiques ; le sens de l'ouïe a été détruit avec la lésion du tiers postérieur de la couche optique. Mais ces injections de substances caustiques sont passibles d'une objection capitale : non seulement le caustique détruit la partie dans laquelle il est déposé, mais il étend son action sur les parties voisines et jusqu'à une distance qu'il est impossible de préciser, de telle sorte que ces lésions prétendues localisées sont, au contraire, extrêmement diffuses et qu'il est impossible d'en tirer des déductions rigoureuses. Et en effet, Fournie lui-même avoue que lorsqu'on injecte, sur un chien, une solution caustique dans une seule couche optique, celle de droite par exemple, la lésion qu'on y produit s'étend jusque sur celle du côté opposé, sur la couche optique gauche dans l'exemple choisi : « soit que, par une sorte de rayonnement, l'influence du caustique s'étende jusqu'au côté opposé, soit que la destruction des vaisseaux sanguins et des tissus d'un côté retentisse dans la partie homologue du côté opposé; toutes les fois que nous avons détruit une couche optique, nous avons trouvé celle du côté opposé fortement injectée ou ramollie. »

Meynert. d'après des considérations anatomiques, fait des couches optiques un centre réflexe des mouvements inconscients. D'après

1 Beaunis, Des injections interstitielles (Bull, de l'Académie de méd., juillet 1868; Gazette médic. de Paris, 1872).

cet auteur et d'après Wundt, les couches optiques se comporteraient avec la surface sensible tactile comme les tubercules quadrijumeaux avec le nerf optique; elles seraient les centres de relation des impressions tactiles et des mouvements de locomotion *. C'est cette interprétation qui est aujourd'hui généralement adoptée, sans qu'il soit possible de la préciser autrement qu'en disant que les couches optiques sont des ganglions cérébraux, sièges des réflexes et voies de conduction.

Corps striés. — Il en est de même des corps striés. ^Actuellement la plupart des auteurs ne voient dans les corps striés qu'une masse ganglionnaire à fonctions réflexes mal définies. Cependant l'embryologie de l'encéphale nous montre que le corps strié représente un îlot de substance grise corticale du cerveau, îlot qui s'est détaché du manteau cortical pour se développer clans la profondeur 2. Or, comme la région corticale d'où provient le corps strié est reconnue aujourd'hui comme ayant des fonctions motrices (voir ci-après), il nous paraît que le corps strié pourrait avoir des fonctions semblables; en d'autres termes, le corps strié étant anatomiquement non l'analogue de la couche optique, mais bien une dépendance de l'écorce cérébrale, ses fonctions physiologiques sont probablement de même ordre que celles de cette écorce. Il ne faut donc pas rejeter de parti pris l'opinion des nombreux physiologistes qui ont fait des corps striés les centres des mouvements des membres; les divergences se sont produites seulement quand on a voulu en faire les centres de certains mouvements particuliers : c'est ainsi que Serres en faisait les centres des mouvements des membres abdominaux ; c'est ainsi que Magendie admettait dans les corps striés un centre présidant aux mouvements de recul. Aujourd'hui on a renoncé à ces distinctions trop subtiles, en désaccord avec les résultats expérimentaux et cliniques, mais on a nettement établi que les corps striés donnent passage et peut-être naissance aux fibres qui commandent les mouvements volontaires. Chez l'homme, la lésion du corps strié droit s'accompagne toujours d'une paralysie du mouvement du côté gauche, et vice versa. Les recherches expérimentales amènent à la même conclusion, pour le noyau caudé (extra-ventriculaire) comme pour le noyau lenticulaire (intra-venticulaire). Nothnagel a observé, chez les lapins, qu'après la destruction de s noyaux lenticulaires, l'animal est privé du

i V. Huguenin, Anatomie des centres neroeux, trad. franc., Paris, 1879, p. 18 > et suiv.

2 Mathias Duval, Le développement de la région lenticulo-optique dans le cerveau humain (Société de biologie, 21 juin 1879).

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