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VI. SYSTÈME DU GRAND SYMPATHIQUE

Le grand sympathique se compose d'une série de ganglions disposés le long de la colonne vertébrale, un de chaque côté pour chaque vertèbre (excepté à la région cervicale, où il y a fusion eif trois gros ganglions) : les sranarlions d'un même côté sont réunis entre eux

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par des commissures, d'où résultent des cordons en chapelets.

Déplus, ces ganglions envoient des commissures, d'une part, vers la moelle épinièrë (rami communicantes); d'autre part, vers les viscères et vers tous les organes en général (nerfs du grand sympathique). A diverses distances de la chaîne du grand sympathique, sur le trajet des rameaux qui en partent pour aller à ces viscères, se trouvent de nouvelles masses ganglionnaires ; ce sont

1 François Franck. Recherches critiques et expérimentales sur les mouvements alternatifs d'expansion et de resserrement du, cerveau dans leurs rapports avec la circulation et la respiration (Journ. d'an it. et de physiol., mai 1S77).

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de nombreux amas de cellules nerveuses échelonnés sur les nerfs «lu grand sympathique; le plus remarquable de mas est Le

/lion serai lunaire que Bichat appelait le cerveau abdominal; enfin, encore plus loin, sur le trajet desnerfe viscéraux, an moment <»ù ils se distribuent dans les viscères, on trouve un.- nouvelle série de ganglions disséminée dans l'épaisseur des parois des organes, et d'ordinaire de dimensions microscopiques : tels sont ceux que l'on trouva dans L'épaisseur des parois intestinales, dans la charpente musculaire du cœur, sur les bronches, etc. (ganglions viscéraux ou par enchy mate u x) .

Le système nerveux grand sympathique ainsi constitué représente-t-il un système nerveux indépendant du système céphalorachidien? C'est ce qu'on a cru longtemps; 'c'est ce que pensait Bichat. On en faisait alors le siège de toute une série de phénomènes nerveux plus ou moins mystérieux, que l'on décorait du nom de sympathies, et dans lesquels nous ne voyons aujourd'hui que des réflexes. On a reconnu en même temps que le grand sympathique n'est nullement un système à part ; il partage les propriétés et les fonctions du système médullaire et s'associe à lui.

En effet, les propriétés et fonctions du système nerveux grand apathique sont assez analogues à celles du système cérébrospinal pour que nous puissions nous borner ici à quelques rapides indications, d'autant que, d'une part, ce qui concerne l'innervation spéciale de chaque viscère sera indiqué à propos de la physiologie de l'appareil correspondant, et que. d'autre part, les nerfs vasomoteurs, qui sont la partie 3a plus importante du système grand sympathique, seront étudiés à part, à propos de l'innervation de l'appareil de la circulation.

Le sympathique contient des fibres nerveuses sensitives et motrices, et ces fibres sont en rapport avec l'axe cérébro-spinal. En effet, quoique les viscères innervés par le sympathique ne soient, à l'état normal, le siège que de sensations extrêmement S, il n'en est pas moins vrai que l'expérience directe, par itation portant sur les plexus nerveux viscéraux, réveille des sensations douloureuses chez les animaux. Flourens, Mûller, Longet, ont constaté que l'irritation mécanique ou chimique des ganglions semi-lunaires, des plexus rénaux, des ganglions cervicaux etlombaires, des grands nerfs splanchniques, etc., provoquent - manifestations indubitables de douleur, manifestations qui cependant ne sont jamais aussi vives ni surtout aussi rapides que celles produites par l'excitation d'un nerf sensible de la vie animale. Les isations douloureuses qui accompagnent les divers états pathologiques des viscères mettent du reste hors de doute cette sensibi-

lité du sympathique. «Si l'on voulait, dit Longet, regarder avec Reil, les ganglions comme des demi- conducteurs qui arrêtent ordinairement la propagation des impressions faibles et ne laissent passer que celles qui ont beaucoup d'intensité, on s'expliquerait, d'une part, comment dans l'état de santé nous pouvons n'avoir point conscience d'impressions faites à des viscères, qui, au contraire, deviennent douloureux dans l'état de maladie, et comment, d'autre part, des ganglions qui d'abord paraissent insensibles (à l'excitation expérimentale), deviennent sensibles à la suite d'une excitation directe, forte et suffisamment prolongée.»

La motricité du grand sympathique est plus facile encore à mettre en évidence par des excitations expérimentales: en touchant les ganglions solaires avec un fragment de potasse. Longet a vu, au bout de quelques secondes, les mouvements péristaltiques de l'intestin se produire d'une manière très vive. On sait que l'excitation des nerfs cardiaques sympathiques accélère les mouvements du cœur. Remarquons toutefois que parmi les nerfs sympathiques moteurs ou centrifuges, il en est qui appartiennent à la classe des nerfs modérateurs ou d'arrêt, c'est-à-dire que leur excitation produit un arrêt dai.s les contractions des parois musculaires, arrêt qui doit être considéré non comme le résultat d'une action directe sur les parois musculaires en question, mais bien d'une action sur les ganglions périphériques placés sur le trajet des plexus. C'est là une question dont nous examinerons avec détail la théorie (interférence nerveuse) à propos des nerfs vaso-moteurs (action des vaso-dilatateurs;. Pour nous en tenir pour le moment seulement aux faits, rappelons que si l'excitation des ganglions solaires ou cœliaques produit des mouvements dans l'intestin, l'excitation agit d'une manière bien différente selon qu'elle s'adresse à tel ou tel ordre de nerfs afférents à ces ganglions (pneumogastrique et splanchnique); l'excitation du pneumogastrique réveille ou exagère les mouvements du canal intestinal; l'excitation des nerfs grands splanchniques immobilise ce canal, paralyse ses tuniques musculaires (Pfiiiger).

Les conducteurs sensitifs ou centripètes, et les conducteurs moteurs ou centrifuges sont intimement mêlés dans les cordons et filets du sympathique, lesquels par conséquent sont mixtes. Gomme pour les nerfs de la vie de relation, la séparation systématique entre les deux ordres de conducteurs ne se fait qu'au niveau de leur émergence de la moelle, au niveau des racines rachidiennes : c'est dans les racines antérieures des nerfs spinaux que sont tous les conducteurs de motricité; c'est probablement dans les racines postérieures de ces nerfs que sont contenus tous les conducteurs de la sensibilité.

D'après ce qui précède, on voit que les filets nerveux du sympa-

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