MECANIQUE DES OS CONSIDERES COMME LEVIERS
Le levier du premier genre se rencontre assez souvent dans l'économie. On pourrait chez l'homme L'appeler le levier de la station, car c*est dans L'équilibre de la station qu'on en rencontre les plus nombreux exemples, et il est assez rare de le voir employé dans les mouvements du corps. Lorsque la tête est en équilibre sur la colonne vertébrale, dans l'articulation occipito-atloïdienne(fig.5.'>), elle représente un levier du premier genre, dont le point d'appui est au niveau de son union avec la colonne vertébrale (en A) ; la résistance (poids de la tête) siège au centre de gravité de la tête, c'est-à-dire au-dessus et un peu en avant du centre des mouvements (en R); la jouissance est représentée par les muscles de la nuque
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Fig. 53. — Schéma de l'équilibre de la tète sur la colonne vertébrale*.
Fig. 54. — Schéma du pied et de la cheville, le talon étant soulevé par le tendon d'Achille.
s'insérant à la moitié inférieure de l'occipital (en P). En réunissant ces divers points, on obtient un levier coudé du premier genre qu'on peut facilement transformer en un levier droit. Il en est de même pour le maintien en équilibre du tronc sur les têtes des deux fémurs: les articulations coxo -fémorales forment le point d'appui d'un levier du premier genre dont la résistance (centre de gravité du tronc) est placée en arrière, et la puissance (muscles antérieurs de la cuisse) en avant. Semblable levier se trouve dans l'articulation de la cuisse avec la jambe, et de la jambe avec lepied (dans les mouvements d' équilibre de la station verticale).
Les deux autres genres de leviers se trouvent surtout réalisés, non dans l'équilibre de station, mais dans les mouvements de locomotion.
Le levier du deuxième genre ou inter résistant dans lequel,
* Levier du premier genre : — A, point fixe; — R, résistance (centre de gravité de la tête); — P, puissance (les flèches indiquant la direction dans laquelle agissent la puissance et la résistance).
par conséquent, le bras de levier de la puissance est plus long que celui de la résisl et où dès lors la vitesse est sacrifiée à la force,
ne se rencontre guère chez l'homme que lorsqu'on soulève le poids total du corps en s'élevant surla pointe des pieds, ce qui a lieu dans le mouvement de la marche, à chaque pas, dans le pied qui se détache du sol pour osciller et se porter au-devant de l'autre. Dans ce cas ifig. 54.55 . le point d'appui est sur l'axe du cylindre transversal que forme la série des têtes métatarsiennes au niveau de leur jonction avec les phalanges. La puissance est représentée par les muscles du tendon d'Achille, et son point d'application se trouve à l'extrémité postérieure du calcanéum: la résistance, c'est-à-dire le "poids du corps transmis par le tibia, se trouve à la face supérieure du calcanéum et de l'astragale (ne formant qu'un seul et même os dans les mouvements de ce genre), au niveau de l'articulation
Fig. 55. — Type d'un levier du deuxième genre, auquel se ramène la figure 54.
Fig. 56. — Schéma du coude, comme levier du troisième genre *.
tibio-tarsienne, et par conséquent entre le point fixe et le point d'application de la puissance. Le bras de levier de la puissance est donc plus long que celui de la résistance, et. par suite, la puissance déployée par les muscles du mollet pour soulever le corps peut être inférieure au poids du corps lui-même, ainsi que nous l'indique la loi des leviers du deuxième genre (fig. 55 1.
Le levier du troisième genre ou interpuissant est de beaucoup le plus répandu dans l'économie; c'est par excellence le levier de la locoinoîion ; on le trouve dans la plupart des mouvements partiels ou d'ensemble, et spécialement dans les mouvements de flexion et d'extension. Inutile d'analyser, par exemple, les articulations de l'épaule ou du coude (fig. 56) dans la préhension, pour y constater le type de ce levier, dans lequel le bras de la puissance est plus court que celui de la résistance, de sorte que l'énergie de la contraction musculaire doit toujours être supérieure à la résistance à vaincre.
* O A, Humérus: — A 0\ avant-bras; — M M,' le biceps. — Comme levier : — A, point fixe; — 0\ point d'application à la résistance (main/.; — M', point d'application ce la puissance (levier interpuissai.