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LOCOMOTION

D'autre part une étude expérimentale, basée sur l'emploi de la méthode graphique, a permis à G. Carlet de résoudre les questions les plus difficiles de la théorie de la marche, et de venir, dans un travail complet1, confirmer quelques-uns des points de la théorie des Weber, en infirmer le plus grand nombre, et enfin élucider certains points qui n'avaient même pas fixé l'attention des précédents expérimentateurs. G. Carlet a montré ainsi que h"1 membre qui oscille, loin de se mouvoir comme un pendule inerte, est si bien soumis à l'action musculaire, que l'on voit le droit antérieur de la cuisse se contracter au début de la période d'oscillation (tlexion de la cuisse sur le bassin); puis entrent en jeu les muscles de la région postérieure (flexion de la jambe sur la cuisse); et cela jusqu'à la période d'oscillation. Mais cet expérimentateur s'est surtout attaché a analyser les mouvements d'oscillation de diverses parties du tronc, et du tronc dans son ensemble : ainsi, loin de se mouvoir en ligne droite, le grand trochanter décrit dans l'espace une courbe, en oscillant à la fois dans le plan vertical et dans le plan horizontal. D'autre part, l'inclinaison du tronc n'est pas, comme l'admettaient les Weber, proportionnelle à la vitesse de la marche, et constante pour une vitesse donnée. L'inclinaison du tronc dans le plan vertical varie brusquement aux environs du minimum, et lentement aux environs de son maximum; les muscles du tronc ne sont pas étrangers a la production de cette inclinaison. Réunissant tous ces résultats de l'expérience en une théorie de la marche, l'auteur, en décrivant avec soin toute la série des phénomènes qui constituent le pas, distingue le temps où les deux pieds sont posés sur le sol, l'un en avant, l'autre en arrière (temps du double appui), et celui où le pied postérieur oscille pour devenir antérieur (temps de l'appui unilatéral).

Jugeant peu utile de nous livrer ici à une analyse des mouvements qui

1 G. Carlet, Essai expérimental sur la locomotion (Ayinales des se. nat., 1S72).

2 Lnfin l'opinion si longtemps admise, d'après les frères Weber. que dans la marche humaine l'oscillation de la jambe qui se déplace n'est due qu'à la pesanteur (oscillation pendulaire), opinion déjà réfutée par Duchetme (de Boulogne), par Giraud-Teulonet par Carlet, aete detinilivement renversée parles recherches expérimentales de Marey *.Au moyen de nouveaux appareils graphiques, l'habile physiologiste nous montre que le mouvement de cette jambe te traduit, sur un tracé, par une ligne droite, c'est-à-dire qu'il est uniforme pendant tonte sa durée. Or. tel n'est point le caractère d'une oscillation pendulaire. Il montre de plus que cette uniformité, qu'il faut attribuer à l'action de> muscles, ne saurait être expliquée par une combinaison des maxima du muuvement du pied avec les mi ni ma du mouvement de translation totale du corps et vice versa. Nous ne pouvons résumer ici les nombreuses recherches de Marey sur la locomotion humaine, tant au point de vue théorique qu'au point de vue pratique. A ce dernier point de vue, indiquons, comme exemple. que ses dernières études lui ont montre l'influence favorable que des talons bas exercent sur la rapidité de la marche ; de plus que, au moins chez bon nombre de sujet;, l'allure est plus rapide quand la semelle est un peu longue.

i Marey, Ln Machine animale et Eludes sur la marche de Vitommc a tnoy de Vodoyrophe (Acad. des sciences, 3 nov. 18S4).

constituent la course, le saut, la natation, etc , nous indiquerons seulement le caractère essentiel de la course comparée à la marche ordinaire.

Dans la course il n'y a plus de double appui; au contraire il va un temps de suspension pendant lequel, entre deux appuis des pieds, le corps reste en l'air un instant. La durée de ce temps de suspension semble peu varier d'une manière absolue ; mais si on l'apprécie relativement à la durée d'un pas de course, on voit la valeur relative de cette suspension croître avec la vitesse de la course, car avec cette vitesse diminue la durée de chacun des appuis. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est la manière dont se produit, d'après Marey, ce temps de suspension ; on pourrait croire, au premier abord, que c'est l'effet d'une sorte de saut, dans lequel le corps serait projeté en haut, de manière à décrire en l'air une courbe au milieu de laquelle il serait à son maximum d'éloignement du sol. Il n'en est rien; le temps de suspension correspond au moment où le corps est à son minimum d'élévation; ce temps de suspension ne tient donc pas à ce que le corps est projeté en l'air, mais à ce que les jambes se sont retirées du sol par l'effet de leur flexion (Marey).

Résumé. — Les muscles sont les agents actifs des mouvements : les tissus de substance conjonctive servent à séparer les muscles (tissu conjonctif proprement dit) ou bien constituent les leviers (os) que les muscles meuvent par l'intermédiaire des tendons.

11 faut bien distinguer la contractilité des muscles, propriété vitale (liée à la vie, c'est-à-dire à la nutrition), de l'élasticité des tissus élastiques, propriété purement physique qui subsiste sur le cadavre.

Dans le jeu des muscles, des tendons et des os, on retrouve les trois ordres de leviers.

La pression atmosphérique maintient le contact des surfaces articulaires. La synovie (riche en mucosine) favorise le glissement de ces surfaces.

Dans un pas (élément de la marche ordinaire), il y a une jambe dite active et une jambe dite passive ; mais cette dernière n'est point soumise à une simple oscillation pendulaire : comme la jambe active, elle est le siège de contractions musculaires, très faibles, il est vrai.

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