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DU SANG

Le sang est un liquide qui, circulant dans l'organisme delà périphérie au centre et du centre à la périphérie, transporte dans l'économie les éléments absorbés par certaines surfaces (principalement la muqueuse intestinale) et entraîne les déchets de l'organisme en général vers d'autres organes chargés de les rejeter à l'extérieur. Il remplit ainsi, visa vis des éléments anatomiques, un rôle afférent et un rôle effèrent;'\\ contient les substances de nutrition et les produits de dénutrition. Dans ce continuel commerce d'échange, il •est impossible qu'il y ait, à chaque instant, compensation parfaite, de sorte que le sang n'a pas une composition fixe, normale, typique, et qu'on peut même, à un moment donné, distinguer plusieurs espèces de sang, notamment le sang artériel et le sang veineux.

Le sang est donc Tune des principales humeurs constituantes (Ch. Robin). En ayant égard à ce fait que c'est par son intermédiaire que tous les principes introduits dans l'organisme (même les gaz, V. Respiration) viennent au contact des éléments anatomiques, c'est-à-dire que ces éléments vivent réellement dans le liquide sanguin, on peut appeler le sang le 'milieu intérieur l (Cl. Bernard) .

1 « On donne le nom de milieux à l'ensemble des circonstances qui environnent l'être vivant et dans lesquelles il trouve les conditions propres à développer, entretenir et manifester la vie qui l'anime. Il faut distinguer les milieux cosmiques (air, eau, aliment, température, lumière, électricité) et les milieux intérieurs. Les premiers entourent l'individu tout entier, les seconds sont en contact immédiat avec les éléments anatomiques qui composent l'être vivant. » •(Cl. Bernard, Propriétés des tissus vivants.) Au point de vue purement anatomique, on a pu considérer le sang comme un tissic, ainsi que le font

Le sang- est d'une couleur rouge vermeil (sang artériel) ou rouge pourpre foncé (sang veineux ou sang noir ; il est presque noir à la lumière réfléchie). Sa densité est de 1045 à 1075. Sa réaction est toujours alcaline* chez tous les animaux, et aussi bien dans les conditions morbides quedansles conditions normales. Mais, d'après Lépine, cette réaction alcaline est plus faible chez les anémiques et les rhumatisants chroniques. Sa saveur est légèrement salée. Il a une odeur propre, peu prononcée et différente selon les espèces animales.

Quantité de sang. — L'évaluation de la masse totale du sang paraît, au premier abord, facile à réaliser, mais présente de grandes difficultés pratiques. On admet généralement aujourd'hui que l'organisme humain renferme en moyenne 5 à 6 litres de sang. Pour évaluer cette masse liquide, on avait essayé de saigner un animal à blayic (Herbst, Heidenhain); mais il reste toujours dans les vaisseaux une quantité de sang difficile à apprécier. Une injection complète du système vasculaire, destinée à en mesurer la capacité, ne donne pas des résultats plus recommandables. Un moyen plus simple et en même temps plus ingénieux est celui qu'a employé Valentin : il consiste à calculer la quantité de sang cV après la dilution que lui fait subir V injection d'une quantité d'eau déterminée, étant connue la proportion de solide et de liquide qu'il contenait d'abord. Supposons, pour fixer les termes, qu'on ait constaté que le sang d'un animal contient, à un moment donné (sur

aujourd'hui un grand nombre d'histologistes, et le définir un tissu formé de cellules avec substance intercellulaire liquide. Il rentre ainsi dans Tune des quatre grandes classes de tissus :

1° Tissus cellulaires avec peu ou pas de substance intercellulaire; épi— théliums et leurs dérivés (ongles, poils, emails, cristallin) ;

2° Tissus cellulaires avec substance fondamentale liquide (sang, lymphe, chyle) ;

3° Tissus cellulaires avec substance fondamentale abondante, muqueuse, hyaline ou fibreuse (cartilage et tous les tissus collagènes ou conjonctifs).

4° Tissus formés par des cellules ayant donné lieu par leur juxtaposition et transformation à des formes de fibres ou de tubes (muscles, nerfs, vaisseaux, etc.).

1 D'après la plupart des auteurs (V. plus loin) ce seraient le carbonate et le phosphate tribasique de soude qui donneraient au sang sa réaction alcaline; mais d'après les recherches de Rabuteau, le phosphate tribasique ne peut, sans se décomposer, exister dans le sang riche en acide carbonique : il conclut que l'alcalinité est due au bicarbonate de soude. Nous verrons plus loin que, grâce à cette alcalinité, l'acide carbonique se fixe sur le plasma du sang (dans les carbonates, P. Bert).

Notons déjà à propos de l'alcalinité du sang, qu'il n'y a que trois liquides de l'organisme [présentant une réaction acide : la sueur, l'urine et le suc gastrique.

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