CIRCULATION — HISTORIQUE
celui de la circulation générale ou grande circulation, et celui de la circulation pulmonaire ou petite circulation (fig. G8).
Le sang circule dans le système des vaisseaux, parce qu'à l'origine de ce système (origine de L'aorte ou de l'artère pulmonaire) se trouve une des cavités du cœur, destinée à y produire de fort pressions (ventricule), tandis qu'à L'autre extrémité (veines caves) se trouve une autre cavité du cœur (oreillette), qui a pour action de diminuer la pression ou tout au moins de laisser libre passage au sang qu'elle reçoit pour le transmettre au ventricule ; c'est ce double antagonisme entre ces deux cavités du cœur qui produit la circulation.
En un mot, le sang circule par suite de X inégalité de pression dans les différentes parties du circuit vasculaire; et le cœur, dans son ensemble (oreillettes et ventricules), a pour but de produire et maintenir cette inégalité dépression, qui, des artères, où la pression est forte, fait passer le sang dans les veines, où elle est de plus en plus faible.
Les anciens n'avaient que des notions fausses et incomplètes sur la circulation. Galien faisait du foie l'organe formateur du sang ; parti du foie, le sang se répandait dans la partie inférieure du corps par la veine cave inférieure, dans la partie supérieure par la veine cave supérieure; une portion de ce dernier sang arrivait au cœur, et filtrant à travers la cloison interventriculaire,y acquérait des propriétés nouvelles pour circuler dans les artères sous le nom & esprits vitaux. Galien ne soupçonnait donc pas la cirulation pulmonaire (V. plus loin, p. 223).
Michel Servet, en 1553, indiqua pour la première fois la circulation pulmonaire. Fabrice d'Aquapendente montra la disposition des valvules veineuses, qui s'opposent à la circulation telle que la concevait Galien. Enfin Harvey 1 (1615-1628) démontra la circula-
i Michel Servet (1509-1553). C'est dans un livre de théologie (Christanismi restitutio, etc.) que Servet parle de la circulation pulmonaire. En effet, Servet, espagnol d'origine, chassé de son pays pour avoir écrit sur la Trinité des opinions contraires au dogme, vint en France, où il étudia la médecine. En même temps il se livrait à une vive polémique religieuse, dans laquelle il attaqua avec violence Calvin. Chassé de France et réfugié à Genève, Servet y fut arrêté sur Tordre de Calvin et condamné à être brûlé vif (26 octobre 1553). Son livre (Christanismi restitutio) fut également livré au bûcher et l'exemplaire qu'en possède notre Bibliothèque nationale porte les traces des flammes auxquelles il a été arraché.
Fabrice d'Aquapendente, anatomiste italien (1537-1619), professeur à Venise, puis à Padoue.
Harvey (William) (1598-1657), médecin de Charles 1er d'Angleterre qui accorda à ses recherches expérimentales la plus libérale protection. Ses études ont porté sur la génération (de lui est l'aphorisme omne vivum ex ovo), sur If. Doval, Physiol. 14
tion telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est-à-dire formée d'un double système correspondant au double cœur (droit et gauche): la circulation pulmonaire et la circulation générale ;la figure 68
donne de l'ensemble de l'appareil circulatoire une vue générale qu'il est facile de saisir en invoquant les souvenirs les plus élémentaires d'anatomie (V., du reste, Respiration).