II. — DES ORGANES PERIPHERIQUES DE LA CIRCULATION
A. Dispositions mécaniques de ces organes. — Nous avons vu que du ventricule partait une artère qui va se ramifiant de plus en plus. Au point de vue mécanique ou hydrostatique, on peut faire abstraction de la forme ramifiée de l'arbre artériel (fig. 74, A), c'est-à-dire que, juxtaposant tous les troncs artériels (B), on peut faire abstraction de toutes les cloisons résultant de l'accolement des vaisseaux (C). Or, comme il est prouvé, tout au moins pour les branches périphériques, terminales, des artères, que, quand un tronc vasculaire se divise, la somme des lumières des deux branches est toujours plus forte que la lumière du tronc primitif, en sorte que la capacité du système augmente à mesure qu'on s'éloigne du tronc aortique, en faisant l'opération schématique précédente,
i Dans des recherches récentes Krehl a cherché à faire la part de ces deux facteurs, 'en auscultant directement le cœur du chien tout en le soumettant à des manipulation (introduction d'un écarteur des valvules), permettant d'exclure à volonté le jeu des valvules, et il est arrivé à cette conclusion que le premier bruit est presque exclusivement d'origine musculaire. Ces expériences n'ont pas grande signification à notre avis, car elles ont été faites avec la pensée que les valvules auriculo-ventriculaires fonctionnent en se redressant vers l'oreillette.
on obtiendra en somme une figure conique 'pour le système artériel (fig. 74, G). Ce cône sera évasé en pavillon, et cet évasement sera assez considérable vers les extrémités artérielles(base du cône), car l'élargissement du lit dans lequel circule le sang est très rapide à mesure qu'on approche des capillaires (fig. 75). Les mêmes principes étant appliqués au système veineux, celui-ci pourra être figure théoriquement par un cône opposé par sa base au cône aortique; la base commune représentera le système capillaire : ce sera un très court cylindre compris entre deux cônes i (fig. 75).
Fig. 7-4. — Schéma d'un cône vasculaire*.
Fig. 75. — Schéma de l'évasement du cône artériel et du cône veineux, avec interposition des capillaires**.
Pour ce qui est de leurs rapports avec le cœur, nous savons déjà qu'au sommet du cône artériel se trouve un réservoir musculeux, le ventricule gauche, au sommet du cône veineux un réservoir analogue, l'oreille droite. Cet ensemble constitue le système de la circulation générale, la grande circulation. A côté de ce double cône représentant la circulation générale, s'en place un autre représentant la circulation pulmonaire ; comme pour le premier système,
i Berryer-Fontaine (thèse de Paris, 1835) a fait observer que, dans la comparaison du calibre d'une artère et du calibre total de ses branches de division, les physiologistes, comparant entre eux les diamètres et non les carrés des diamètres, avaient été induits en erreur et avaient à tort posé comme règle générale que la somme des lumières des deux branches est supérieure à la lumière du tronc primitif. Aussi pour Berryer-Fontaine, le système artériel resterait sensiblement cylindrique dans toute son étendue. Cette remarque est juste pour l'aorte et les grosses artères des membres; mais vers leurs divisions terminales les artères et artérioles représentent, selon le schéma classique, un cône dont le sommet est vers le cœur et la base vers les capillaires : les cônes schématiques que nous figurons ici sont sans doute trop courts ; leur sommet devrait se prolonger en cylindre comme le représenteraient plus exactement les figures 67 et 68 (p. 208 et 210).
* Construction d'un cône vasculaire, d'un cône artériel, par exemple : A, artère se bifurquant successivement; — en B, on suppose les branches de bifurcation rapprochées et juxtaposées; il en résulte une seule cavité cloisonnée; — en C, par la suppression de ces cloisons, on voit que Tensemble du tronc primitif et de ses branches de division constitue un cô:.e.
** V, ventricule; — 0, oreillette: — a, cône artériel; — v, cône veineux; — ç, c, capillaires.