PRESSION DU SANG
les deux extrémités du double cône aboutissent chacune à un réservoir musculeux : le ventricule droit d'une part, et l'oreillette gauehe, de l'autre.
En donnant à ces deux systèmes de cônes la forme courbe, de façon à pouvoir ramener leurs différents sommets au même point central, au cœur, tel qu'il est en réalité disposé, on pourra représenter graphiquement l'ensemble du système circulatoire sous la figure de deux cercles incomplets, se touchant par les deux extrémités où chacun d'eux est ouvert, de façon à former par leur opposition une sorte de 8 de chiffre (fig. 76).
La figure 76 montre nettement que les quatre réservoirs musculeux, dont l'ensemble constitue le cœur, sont disposés de manière que le double cône pulmonaire soit en communication avec le double cône de la circulation générale. A cet effet, dans le ventricule gauche, commencement du système de la circulation générale, s'ouvre l'oreillette gauche, aboutissant du système veineux pulmonaire : tel est le cœur gauche. D'autre part, dans le ventricule droit, point de départ du cône artériel pulmonaire, s'ouvre l'oreillette droite, aboutissant du système veineux général : tel est le cœur droit.
Connaissant le mécanisme du cœur, nous pouvons, avec ce simple schéma des organes périphériques, nous rendre un compte exact de la circulation et apprécier les deux conditions essentielles du sang en mouvement, c'est-à-dire sa pression et sa vitesse dans les divers points de l'appareil circulatoire.
Fig. 76. — Schéma de la grande et de la petite circulation*.
Pression du sang. — Le ventricule lance à chaque contraction 175 à 180 grammes de sang dans le système du cône artériel, ce qui a pour effet d'y maintenir une pression qui s'élève à 1/4 ou 1/5 d'atmosphère (environ 18(J à 190 millimètres de mercure ; exactement : 200, chez le chien, 100 chez le lapin ; 30, chez la grenouille.) Au contraire, l'oreillette, placée au sommet du cône veineux, a
* A, Grande circulation. — V',Ventricule gauche; — a, aorte et son cône artériel;
— ce, capillaires généraux du corps; — v, veines allant former les veines-caves (cône veineux); — O, oreillette droite.
B. Petite circulation. — V, Ventricule droit; — v', artère pulmonaire et ses divisions (cône artériel de la petite circulation) ; — c', c', capillaires pulmonaires; — a' veïnespulmonaires (côneveineux de la petite circulation); O', oreillette gauche;
— toute la partie ombrée de la figure représente la partie du système vasculaire remplie par du sang veineux, du sang noir.
pour effet, par son relâchement, de diminuer la pression, de la rendre nulle à l'extrémité de ce cône, puisque nous avons déjà
mpaié son action à celle d'une saignée. Il en résulte donc une diminution graduelle de pression dans l'intérieur de l'appareil hydrostatique formé par les deux cônes, diminution de pression qui fait circuler le sang depuis le ventricule gauche jusque dans l'oreillette droite: en d'autres termes, le défaut d'équilibre fait naître un courant du côté de la pression la plus faible.
La pression du sang dans un point quelconque de l'appareil circulatoire est donc en raison de la distance (mesurée sur le trajet vasculaire) à laquelle ce point est placé du sommet ventriculaire et du sommet auriculaire du double cône circulatoire. Au niveau du - mmet ventriculaire. c'est-à-dire dans l'aorte, la pression est à son maximum il 4 ou 25 100 d'atmosphère: soit 180 millimètres de mercure': au sommet auriculaire, c'est-à-dire dans les veines caves, elle peut être regardée comme à peu près égale à 0 (ou i 100 d'atmosphère'. Dans les capillaires placés à une distance moyenne de ces deux extrémités, elle sera donc de 12 100 'soit 90 millimètres de mercure i. Dans un point quelconque des artères elle sera représentée par un nombre intermédiaire entre 25 100 et 12 100, selon la position du point considéré ; de même dans un point du *. - veineux, par un nombre semblablement intermédiaire entre 12 100 et 1 100. Aussi quand on ouvre un point quelconque du système artériel, et surtout près de son origine, on a un jet de sang qui s'élève très haut i jusqu'à 2 mètres), tandis que d'une ouverture faite sur les veines, Je sang sort en bavant, à moins qu'on ne change artificiellement les conditions de pression, comme, par exemple, en plaçant une ligature sur les veines i comme lorsqu'on comprime les veines pour pratiquer la saignée du bras).
- lifférences dans la pression latérale qu'exerce le sang contre les parois le long desquelles il passe peuvent être directement mesurées en faisant communiquer différents points du système circulatoire avec des appareils mancmétriques, qui pour ce cas spécial prennent le nom ^l hémodynamomètres. Le premier hémodynamo:, employé par Haies, dès 1733 ' consistait en un long tube que ce physiologiste introduisait dans un vaisseau et où le sang s'élevait à une hauteur proportionnelle à sa pression (en général 2~. 50 . Aujourd'hui cet appareil a été perfectionné et on se sert d'un manomètre à mercure dans lequel, pour éviter la coagulation du sang, on sépare ce liquide du mercure par une couche d'eau
i Haies, physicien et naturaliste anglais (1677-1761), qui s'est occupé de la circulation des sucs dans l^s végétaux plus encore que de celle du sang des animaux.