IV. USAGES GÉNÉRAUX ET PARTICULIERS DE LA CIRCULATION
Le but le plus général de la circulation est de produire dans l'intimité de nos tissus des courants très rapides destinés à fournir les matériaux de la nutrition aux organes et à entraîner les déchets qui résultent des échanges nutritifs, comme nous l'avons indiqué dès le début dans notre schéma de l'organisme. C'est le globule sanguin qui joue le principal rôle cà ce point de vue. Ces échanges se passent au niveau même des capillaires (V. p. 242) ; nous savons qu'en général la pression dans ces petits vaisseaux est de 10 100 à 12/100 d'atmosphère, pression qui parait être très favorable à l'équilibre des échanges. Quand la pression diminue, par exemple par l'effet d'une saignée, ce sont alors les résorptions qui prédominent; si, au contraire, la pression augmente dans les capillaires, parla compression, par exemple, ou la ligature d'une veine, l'exsu-
i Cl. Bernard, Leçons sur la chaleur animale, sur les effets de la chaleur et sur la fièvre (dernières leçons), Paris, 1875. On trouvera ci-après (chapitre Chaleur animale, à la suite de l'étude de la respiration) l'analyse de l'influence des vaso-moteurs sur la distribution et la déperdition de la chaleur.
dation dépasse les limites normales, et le sérum du sang épanché dans les tissus constitue ce qu'on appelle Yœdème. La dilatation paralytique des petites artères peut aussi produire l'œdème en augmentant l'afflux du sang, et par suite, la pression dans les capillaires | Ranvier).
Outre ces fonctions générales, le système circulatoire présente dans ... - . étions des dispositions spéciales qui indiquent un but accessoire et particulier. Ainsi, dans quelques organes, les vaisseaux sont charg -. outre la nutrition, d'un rôle de caléfaction. Nous pouvons citer à ce point de vue les vaisseaux du pavillon de l'oreille, de la face en général, des extrémités des doigts, des téguments des régions articulaires, vaisseaux qui sont dans toutes ses régions plus abondants que ne l'exigerait la simple nutrition. Dans d'autres points, les capillaires sont disposés dans un but particulier d'absorption ou d'exhalation : tels sont ceux du poumon, qui forment dans ce viscère une large nappe sanguine où les globules rouges viennent se charger d'oxygène, tandis que le sérum dégage son acide carbonique.
Ailleurs l'afflux du sang est appelé à un rôle mécanique, comme par exemple, celui de l'érection ; c'est alors seulement que nous trouvons des cœurs accessoires périphériques, destinés à augmenter la tension du sang dans - __-anes qui s'érigent. En effet, le muscle bulbo-caverneux et rischio-eaverneux, par leurs contractions rythmiques pendant l'érection, chasser, t vers l'extrémité de la verge le sang qui s'est déversé, en plus - : ande abondance (par un acte de vaso-dilatation) dans le bulbe de l'urètre et dans la racine des corps caverneux.
Le mouvement de la circulation est indispensable au maintien du sang
dans son état physiologique, dans l'état liquide; non pas que l'agitation
empêche la coagulation du sang, car, au contraire, elle la favorise, et
-: par le battage que l'on extrait la fibrine du sang (V. p. 202) ; mais
le mouvement de la circulation met continuellement les divers points de
la masse du sang en contact avec la paroi interne, avec Yendothélium
des vaisseaux. Or. parmi les sanses plus ou moins bien définies qui
influent sur la coagulation du sang et que nous avons rapportées plus haut
2 .la moins contestable, quoique la plus difficile a expliquer, parait
être 1'inriuence encore énigmatique de la paroi interne des vaisseaux
a vire influence a été signalée par Briieke : Le contact de la paroi
yuement à la coagulation ; la fibrine ne peut se
solidifier tant que le sang circule et que chacune de ses particules vient
ss animent se mettre au contact de la paroi vivante.
Dès que la circulation s'arrête, les couches centrales du torrent sanguin tendent à se coaguler; l'examen de la manière dont se produit cette coagulation constitue l'étude des caillots formés post ynortem, étude non moins intéressante pour le physiologiste que pour le pathologiste, auquel elle apprend à distinguer les caillots récents des caillots anciens. Le sang ne se coagule pas sur le cadavre immédiatement après la cessation des battements du cœur ; le mécanisme par lequel les artères mourantes chassent leur contenu dans les veines continue encore une sorte de circulation qui em-