ORIGINES DE8 VAISSEAUX LYMPHATIQUES
•i paroi mince, mais bien délimitée, hyaline, entourant les vaisseaux jusqu'aux plus fins capillaires, dans Les substances blanche et grise des centres ihalo-rachidiens et dans la pie-mère; encore cette graine n'existe-t-elle
pas autour (le tous ces vaisseaux. Leur aspect, leur contenu formé d'un liquide renfermant plusieurs noyaux: Bphériques (globulins), tout portait a penser (pie ces gaines doivent être rattachées au système des origines lymphatiques. Mais pour être affirmatif à cet égard, il faudrait qu'on eût
pu suivie cea canaux depuis leur origine péri- vasculaire, jusqu'aux troncs irents qu'ils doivent former en se réunissant, et qu'on eût pu suivre ces •derniers jusqu'à des ganglions, comme on l'a fait pour toutes les autres parties du système lymphatique. Or, une disposition semblahle n'a pu être constatée. C'est pourquoi aujourd'hui la plupart des auteurs considèrent ces gaines comme des espaces séreux clos : leur rôle, dit Gh. Bouchard, serait d'amortir le choc vasculaire et de protéger ainsi le tissu nerveux. Ht, en effet, non seulement on n'a constaté aucune communication de ces gaines avec un ganglion ou avec un lymphatique notoire, mais on a de plus remarqué (Ch. Bouchard) que les granulations d'hématoïdine qui s'y produisent après les hémorragies cérébrales y restent perpétuellement sans subir aucune migration.
B. D'autre part, Sappey, dont le nom restera à jamais attaché au système lymphatique, sur lequel il a fait de si belles recherches d'anatomie descriptive, Sappey, par des procédés particuliers de préparation, consistant essentiellement à amener dans les vaisseaux lymphatiques le développement de spores qui les remplissent, les injectent et donnent ainsi d'admirables préparations microscopiques, est parvenu à obtenir des pièces qui montrent avec la plus grande évidence les résultats suivants l. Les capillaires lymphatiques naissent par un réseau extrêmement délié, réseau descapiUicules et des Lacunes. Les capUlicules n'ont pas plus de deux millièmes de millimètre; on ne peut encore affirmer si leurs parois ♦sont tapissées par un endothélium. Les lacunes sont des cavités communiquant avec les capillicules; de grandeurs variables, elles ont toujours une forme étoilée, limitées par des côtés curvilignes dont la convexité regarde le centre de la lacune. Elles contiennent Jes mêmes granulations que les capillicules.
C'est de ce réseau des capillicules et des lacunes que partent les capillaires lymphatiques, constitués à leur point de départ par une série de lacunes linéairement disposées.
Ces origines ont lieu de la même manière dans le derme de toutes les muqueuses et de la peau; elles ne sont pas différentes pour la
i Sappey, Anatomie, physiologie, pathologie des vaisseaux lymphatiques ■considérés chez C homme et les vertébrés, Paris, 1874-187G, in-fol., et Anatomie descriptive, 3e édit., t. II, 1876.
muqueuse intestinale. Ainsi, depuis la découverte d'Aselli (1682) et la connaissance du chjlifère central des villosités intestinales, on ne connaissait en somme que le tronc chylifère de la villosité. Le professeur Sappey a fait connaître les radicules par lesquelles ce tronc prend naissance. Du sommet et de toute la périphérie de la villosité naissent en effet des capillicules en grand nombre qui s'abouchent les uns dans les autres en formant de petits lacs ou lacunes. Ce réseau de capillicules et de lacunes est relié au tronc central par des rameaux et des branches à direction convergente qui viennent s'ouvrir dans sa cavité en l'entourant de tous c Entre le chylifère central et la surface des villosités, il existe donc tout un réseau de radicules absorbantes que le professeur Sappey a pu voir avec une grande netteté chez l'homme et chez les mammifères. Ajoutons que si le chylifère central est unique dans les longues villosités cylindriques, il est multiple dans les villosités aplaties.
Pour notre part, ayant examiné un grand nombre de fois les préparations du professeur Sappey, nous sommes entièrement convaincus de l'exactitude de ses descriptions ; mais nous ne pensons pas que, quant à l'interprétation, ces résultats soient en réalité opposés à ceux que nous avons précédemment mentionnés, particulièrement d'après les traxaux de Ranvier. Les lacunes et capillicules ne sont sans doute que des espaces de tissu conjonctif. se présentant, dans des conditions spéciales de préparation, sous cette forme particulière, nettement délimitée en un réseau lacunaire bien circonscrit.
Du reste, même pour celui qui restera encore indécis au milieu des résultats contradictoires présentés parles divers auteurs, il n'y a pas à craindre que la physiologie doive se trouver dans un grand embarras, manquant de bases anatomiques solidement établies et universellement admises. En effet, les données expérimentales montrent que pour le physiologiste et le médecin, quant à la question de la pénétration et du transport des substances dans l'organisme, les vaisseaux lymphatiques peuvent être considérés comme faisant suite au système artériel aussi bien que les vaisseaux veineux : quelle que soit la solution anatomique, l'origine de la lymphe 'et des lymphatiques) nous sera toujours représentée par une extravasation de la partie liquide du sang dans des lacunes interorganiques (Ranvier), (voir la fig, 91). Il est bien établi par l'expérimentation 1 que la circulation veineuse et la circulation lymphatique sont dans un rapport intime: que les deux systèmes
1 C Bernard. Physiologie opératoire, !S79.'p. 348.