DE LA RATE
tiques; aussi le sang veineux spléuique est il singulièrement riche m globules lymphatiques; tandis que le sang artériel qui y entre
en contient 1 sur 220 rouges, le sang veineux qui en sort en contient 1 sur60(His)et même 1 sur 5 ou 4 (Vierordt, Funke). Quant à son action sur les globules rouges, elle est encore si difficile à ({('terminer que pour les uns la rate est un lieu de destruction de ces éléments (Béclard, Kolliker), tandis que pour les autres elle serait un atelier de formation des globules rouges (Funke, J. Bennett).
On invoque en faveur du rôle destructeur des globules rouges les faits suivants : Un animal auquel on extirpe la rate supporte plus longtemps l'inanition qu'un animal intact : son sang ne s'appauvrit pas si vite en globules rouges. La lymphe qui vient de la rate (car ce viscère possède aussi des vaisseaux lymphatiques) est presque toujours colorée en rouge. Quelques observateurs auraient constaté une sorte de pléthore (d'hyperglobulie) chez les animaux qui avaient subi l'extirpation de la rate, mais cette observation est loin de concorder avec les résultats que nous présente la clinique.
Il est évident que des globules rouges doivent se détruire dans la rate, comme dans tout organe, dans tout tissu où se produisent des transformations très actives, et, du reste, ces destructions d'éléments colorés deviennent très évidentes dans les cas pathologiques, où l'on voit la rate produire en abondance les débris pigmentaires des globules rouges (cachexie palustre) ; mais il est encore plus probable qu'à l'état physiologique la rate voit se former un grand nombre de globules rouges, en ce sens que les globules blancs qui y ont pris naissance commencent déjà à s'y transformer en corpuscules sanguins colorés. En effet, on trouve en abondance, dans le sang des veines spléniques, des globules intermédiaires entre les globules blancs et les rouges, et des globules rouges qui ont tous les caractères de jeunes éléments (petit volume, forme moins aplatie, plus grande résistance à l'action de l'eau, etc.). Enfin les récentes recherches de Laguesse ont montré avec la plus parfaite évidence, que, chez l'embryon, la rate est un organe où se forment des globules rouges l.
MM. Malassez et P. Picard2 ont cherché à se rendre compte des résultats contradictoires obtenus antérieurement par Béclard, Lehmann, Gray
1 E. Laguesse, Recherches sur le développement de la rate chez les poissons (Journ. de CAnat. et de la Physiol., 1890).
2 L. Malassez et P. Picard, Recherches sur les modifications qu'éprouve le sang dans son passage à travers la rate, au double point de vue de sa richesse en globules rouges et de sa capacité respiratoire (Comp. rend, de l'Académie des sciences, 21 décembre 1874).
et Funk relativement aux modifications qu'éprouve le sang dans son passage à travers la rate. Ils se sont à cet effet attachés à déterminer exactement les conditions expérimentales, et ont employé, comme procédés d'analyse, parallèlement : 1° la numération des globules; 2° le dosage du plus grand volume d'oxygène que peut observer une quantité donnée de sang.
Dans ces circonstances ils ont pu obtenir les résultats suivants: lorsque les nerfs delà raJe sont paralysés, c' est-a-dire lorsque cet organe est dans l'état d'activité (comme les autres glandes le sont à la suite de la section de leur vaso-moteurs), la richesse globulaire du sang veineux splénique et sa capacité respiratoire augmentent. Cette augmentation est un phénomène tout à fait spécial à la rate, car, pour toutes les autres glandes, la paralysie des filets sympathiques produit dans les veines qui en proviennent une diminution dans la richesse globulaire et dans la capacité respiratoire.
L'augmentation globulaire et respiratoire du sang veineux splénique pendant le temps d'activité de la rate est suffisante pour accroître la richesse globulaire et la capacité respiratoire de la masse sanguine totale.
A la suite d'une période d'activité de la rate, on peut constater que la proportion de fer contenue dans la pulpe de cet organe a considérablement diminué, pour descendre jusqu'à la proportion de fer contenue dans le sang normal.
Il est encore quelques appareils glandulaires qu'il faudra sans doute rapprocher des gang-lions lymphatiques et de la rate : tels sont le corps thyroïde, le thymus et peut-être les capsules surrénales ; mais ici les notions anatomiques sont encore trop peu précises, et les théories physiologiques trop hypothétiques, pour que nous puissions aborder avec fruit l'étude de tendues glandes vasculaires sanguines (Voy. Nutrition).
Résumé système lymphatique). — Le système lymphatique est la voie d'absorption des liquides qui ont traversé les parois des vaisseaux sanguins; il préside à un véritable drainage des tissus : il est aussi l'une des voies d'absorption des substances qui ont traversé les surfaces épitheliales: il vient verser son contenu dans la partie centrale du système veineux. Ce contenu, représenté par la lymphe (et par le chyle dans les lymphatiques de l'intestin), se compose: 1° d'éléments figurés (globules blancs, leucocytes^ gouttes de graisse dans le chyle) ; 2° d'un liquide coagulable (fibrine) et qui présente à peu près la même constitution que le sérum du sang.
Plusieurs questions sont encore controversées dans les données anatomiques relatives aux Ivmphatiques; telles sont la signification de la gaine culaire lymphatique (de Ch. Robin) et l'origine des capillaires lymphatiques. Pour les uns (Ranvier), ces capillaires se continuent avec les lacunes du tissu conjonctif, lacunes qui sont représentées à leur plus haut degré de développement par les grandes cavités séreuses (stomates des séreuses j: pour les autres (Sappey), ces capillaires naissent au moyen d'un réseau de capillicules et de lacunes. Cette dernière interprétation est basée sur des préparations microscopiques si complètes, qu'elle nous paraît devoir être adoptée généralement. Mais, du reste, quelle que soit l'opmion qui doive triompher, l'expérimentation physiologique a dès aujourd'hui
établi qu'au point de vue fonctionnel les lymphatiques font directement
suite au .système artériel, pr< Bque an même titre que les veines.
Les vaisseaux lymphatiques reçoivent de moteur*, en tout
analogues aux vaso-moteurs des vaisseaux sanguins, mais dont rétude préa re de nombreuses lacunes.
La \te peut être considérée comme très analogue aux ganglions lymphatiques, et elle produirait en abondance, comme ces derniers, des globules blancs ; mais on n'est pas encore bien fixé sur son rôle relativement aux globules rouges: on l'a considérée longtemps comme un lieu de destruction des globules rouges ; des expériences plus récentes tendent à démontrer, au contraire, que la rate est un lieu de production de ces éléments, et que, notamment chez l'embryon, elle est un organe important d'hématopoièse.