II. PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE DES ÉPITHÉLIUMS
Les épithéliums président aux échanges au niveau des
surfaces libres. — Nous avons déjà vu dans le schéma général de l'organisme (p. 22) que les épithéliums président aux phénomènes d'échange avec l'extérieur, et que, sous ce rapport, ils se divisent en trois classes : ceux qui sont imperméables et se refusent complètement au passage soit de l'extérieur à l'intérieur, soit en as inverse; ceux qui permettent le passage de l'extérieur à l'intérieur (absorption/, et ceux qui le favorisent par contre de l'intérieur à l'extérieur (sécrétions |.
Pour présider à ces dernières fonctions, les surfaces épithéliales s" étendent le plus possible : elles végètent et forment, par exemple, des saillies nommées villosiiès pour favoriser l'absorption, des v .étations internes ou glandes pour augmenter le nombre des éléments sécrétants. »
s formes de végétations peuvent aussi se produire dans un autre but. Les surfaces épithéliales étant les seuls points où les extrémités périphériques des nerfs sensitifs ou centripètes puissent s< uouver en rapport avec le monde extérieur, certains bourgs épithéliaux (papilles; ont pour but d'augmenter et de favoriser ces contacts; telle est l'origine des organes des sens. Ces bourgeonnements, destinés à perfectionner les sensations, peuvent se faire non seulement en dehors, comme pour les papilles en général, mais encore dans la profondeur, et l'une des parties les plus essentielles de l'œil, par exemple (^cristallin;, n'est qu'un bourgeonnement profond de l'épidémie.
Nous aurons donc à étudier successivement les téguments internes et externes sous le rapport de leur perméabilité, c'est-à-dire de l'absorption et des sécrétions, et sous celui de leur sensibilité. Nous commencerons par l'épithélium du tube digestif et de l'appareil respiratoire, préposés essentiellement à l'absorption des matériaux liquides et gazeux, et sièges de nombreuses sécrétions ou exhala-
PHYSIOLOGIE GENERALE DES EPITHELIDMS O'Jl
ti<uis. Nous étudierons ensuite La Burface cutanée, qui noua présentera surtout des fonctions de sécrétion et de sensibilité. Ce sera alors le moment d'étudier les organes «les sens, annexés la plupart au système cutané (tact, vision, audition), ou au commencement des voies digestives ou respiratoires (gustation, olfaction). Enfin nous terminerons l'étude de ces surfaces, et par suite celle de ta physiologie, par l'étude de l'épithélium des organes génitaux.
Nous verrons que, dans tous ces appareils, les fonctions de L'épithélium sont les plus importantes et les plus essentielles, mais qu'elles ne sauraient s'accomplir sans le secours de nombreux annexes remplissant Les rôles les plus divers, soit mécaniques (muscles), soit nerveux (actions réflexes).
Rien n'est plus propre à l'aire ressortir l'importance des épithéliums que de considérer leur rôle dans les maladies des surfaces qu'ils recouvrent. Les'maladies de l'épithélium dominent, en effet, toutes celles de la surface qu'il revêt. L'un des principaux éléments anatomo-pathologiques des inflammations pseudo-membraneuses (de l'arbre respiratoire, par exemple) est représenté par les modiiications que subit l'épithélium trachéal, et les membranes croupales présentent de nombreuses formes transitoires, dans lesquelles on reconnaît la forme primitive, ce qui prouve qu'elles ne sont que l'épithélium altéré ou dégénéré 4.
Il en est de même pour la peau : les pathologistes n'ont longtemps accordé aucune importance à l'épiderme, qu'ils regardaient comme un produit de sécrétion du derme. C'est lui cependant qui joue le principal rôle dans les affections de la peau ; l'immense majorité dei maladies dites dermatoses ne sont sans doute que des épidermatoses, des altérations de l'épithélium cutané ou épidémie.
D'autre part, les éléments des tumeurs cancéreuses êpithèliales sont des éléments normaux : ce qui caractérise ici le produit morbide, c'est une hypertrophie de ces éléments, une augmentation de volume et de nombre. La même observation est applicable à des tumeurs dites bénignes, aux cors, aux durillons, qui sont des développements anormaux de l'épiderme, lequel, éprouvant de la résistance pour végéter au dehors, pénètre à l'intérieur, entame le derme, les aponévroses, les tendons, les muscles et jusqu'aux os. Les loupes sébacées, ces tumeurs qui naissent dans les téguments en un point d'abord très limité, et acquièrent souvent par
1 V. les recherches de Wagner sur la dégénérescence dite fibrineuse des épithéliuras des muqueuses atteintes de diphtérite {in Cornil et Ranvier, Manuel cV histologie pathologique), et les recherches de ces derniers auteurs sur Y Inflammation des membranes séreuses (Id., ici., deuxième partie, 1873).