‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 21 sur 66 · ALTÉRATION M L'AIR PAR LA RESPIRATION. 3SI · texte numérisé non relu

ALTÉRATION M L'AIR PAR LA RESPIRATION. 3SI

gor le métal, et m&onnaissentia combinaison quecelui-ci vient de contracter avec un des éléments de Tair. Mais pins tard , entre les mains d'un homme de génte , la calcination des métaux devait servir à la démonstration de la composition de Tair. J*y reviendrai bientôt.

Le livre le plus remarquable qui ait paru au 1 7® siècle sur le su]etqui nous occupe est le livre d*un médecin, de Jean Mayow(l). Non-seulement il démontre que Tair est composé, mais il Mt les applications les plus avancées et les plus imprévues de cette découverte à la théorie de la respiration.

N'est-il pas étonnant de voir l'auteur déclarer, dès les premières pages, que le sel de nitre (notre azotate de potasse) renferme un principe emprunté à Taîr , et que ce principe passe dans le sang des animaux par la respiration (9)? Ce principe, il le nomme esprit nitro-aérien (c*est notre oxygène). Il ne le confond pas avec Tesprit acide du nitre (notre acide azotique), mais il dit quMl fhit partie de l'esprit acide du nitre. Il en traite spécialement au chapitre deuxième, sous le titre suivant: de Parte aerea, igneaque spiritus ni tri (3).

Mayow dit que, dans la combustion, ce principe 8*unit au corps qui est brOlé. Cest lui qui, en brAlant le soufre, donne naissance à Tacide solfurique, car le soufre ne renferme pas d'acide. C'est Tesprit nitro-aérien qui brfkie le soufre quand ou chauffe celui-ci dans un vase clos avec du sel de nitre ; c'est lui qui rouille le fer. Lorsqu'on a soumis un corps à la combustion eu vases clos, Tair qui reste est bien différept de l'esprit nitroaérien qui s'est uni au corps brûlé; cet air qui reste ue peut ni alimenter la combustion ni entretenir la vie. L'air n'est donc pas on élément, etc.

(1) Tracialus quinque medico physid quorum primas agU de sâL iiiTBo BTSPiEiTO niTAo ABRio, sccundus dû respiratiçnc , ptc*\ Oxonîi,

(2) Pages 1 et 2.

(3} P«0e 9. Mayow eût été bien étonné si on lui eât appris 91e l'iivlre élémeiil de Vmiàù du nitre existe aiitii dans l'air.

3S8 DK LA REâPUlATION.

Est-ce parce que Mayow était médecin que, pendant plus d'un dcmi-siècie, les chimistes ferment les yeux sur celte gr^ande vérité , que dans la combustion, il y avait union d'un principe de Tair au corps qui subit Faction du feu? Scheele, qui reconnaît dans Tair deux fluides élastiques, Yair lie feu (noirt oxygfane) et Voir corrompu (notre azote), Scheele reste dans la doctrine du phlogistique , laquelle ne pouvait en aucune manière fiire avancer Tbistoire de la respiration. Priestley luimême, dont M. Ghevreul a dit qu'il n'avait pas d'égal pour l'étude ou la découverte des corps gazeux (1) , reste fidèle, jusqu'au terme de sa carrière (en 1804), à la doctrine de Stahl.

A cette époque , la composition de l'air était enfin connue. Bayen (2) avait obtenu, pour la première fois, le gaz oxygène, en chauffant le peroxyde de mercure. Priestley (3) avait ensuite séparé ce même gaz , qu'il nommait air déphlogistiqué , du gaz azote (air phlogistiqué). Il avait de nouveau, et avec plmd'aatorité que Mayow , caractérisé l'oxygène « par la double profMété d'entretenir la combustion d'une manière bien plus active que ne le fait l'air atmosphérique , et d'être le seul propre à entretenir la respiration des animaux terrestres aussi bien que celle des animaux aquatiques. » Enfin Lavoisier (4), renouvelant les expériences de la calcinalion de l'étain, et de l'oxydation et revivification du mercure , dans des vases clos , avait mis hors de toute contestation que l'air était composé au moins de deux fluides très-différents dans leurs propriétés.

L'air atmosphérique est composé d'oxygène et d'azote, et d'une minime proportion d'acide carbonique; il contient toujours de l'eau à divers états. Les recherches des modernes y ont signalé quelques hydrogènes ; M. Ghatin (5) vient de démontrer qu'il

(1) Journal des savants, avril 1851 , p. 225.

(2) Opuscules chimiques j 1. 1, p. 25?.

(3) Experiments and observations on diffèrent kînds ofair, t. Il, p. 126.

(4) Mémoires de VAcatlémie des sciences, 1774, p. 351.

(5) Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, t XXXI!, p. 6G9. Ce n*est pas au point de me de la respiration que les InléreKaotes re-'

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