‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 50 sur 66 · ITINÉRAIRE DU SANG AU TRAVERS DES OAVITÉS DU COEUR · texte numérisé non relu

ITINÉRAIRE DU SANG AU TRAVERS DES OAVITÉS DU COEUR

remplie par le sang venant des veines pulmonaires entre en systole; le reflux du sang dans les veines pulmonaires est moins facile encore que le reflux dans les veines caves , celles-d offrant un espace plus large et plus dilatable. Il n^ a rien de particulier à dire sur la pénétration du sang dans le ventricule gauche. Ce ventricule, comme le droit, est divisé en deux chambres ; mais ici la chambre artérielle ou aortique est plus grande que la chambre auriculaire. Le sang remplit do même coup ces deux chambres, qui communiquent facilement. L'ondée de sang applique la valvule auriculo-ventriculaire (bicuspide, mitrale ) aux parois du venlricole. Celle des deux languettes de cette valvule qui regarde Vorifice aoriique se trouve alors appliquée sur cet orifice, que ferment d'ailleurs, à ce moment, les trois valvules sigmoïdes.

Le mécanisme par lequel le reflux du sang dans roreillette gauche est empêché n'exige pas de description spéciale , après ce que nous avons dit du rôle de la valvule tricuspide. II y a seulement à noter ici que la valvule mitrale n'a que deux languettes, au lieu de trois , et que deux colonnes charnues seulement, mais fortes et puissantes, envoient leurs tendons sur celte valvule. Lorsque le sang ramène vers Taxe du ventricule les deux languettes et l'anneau membraneux qui les supporte, l'ouverture du ventricule dans l'aorte se trouve dégagée. Ge que j'ai dit précédemment sur les conditions de reflux dans les cavités droites s'applique ici.

Les cavités du cœur se vldent-elles ou non complètement à cliaque systole? Question qu'à tort on a voulu trancher d'une manière absolue dans l'un ou Taulre sens. Haller croyait à l'évacuation complète des cavités. C'était une conséquence logique de sa doctrine de l'irritabilité ; car, la systole naissant de l'actioa excitante du sang sur le cœur, il fallait que les oreillettes et les ventricules se libérassent complètement du stimulus pour que la diastole succédât à la systole. Dans une foule d'expériences, Flaller et d'autres ont vu cette évacuation s*opérer complètement. liOrsqu'on examine les mouvements d'un cœur transparent , il est facile de constater si Févacualion est complète. Les

oreiUeltes d'abord, et les ventricules eusaite, pâlissent an moment de leur systole qui vide leur cavité. Haller a vu les choses ae passer ainsi dans le cœur du poulet , pendant Fincubation , et dans le cœur de la grenouille. Les modernes ont confirmé ces observations sur la grenouille et d'autres espèces à sang froid , la salamandre, le crapaud, etc. Il a été quelquefois possible de les vérifier sur certains animaux à sang chaud adultes (1), lea parois de leurs cavités droites étant assez minces pour qu'on pàt voir le sang y arriver et en être expulsé. M. Parchappe fait observer que la configuration intérieure des ventricules permet leur évacuation complète , les parois ventriculaires venant s'appliquer exactement sur les colonnes charnues, engrenées ellesmêmes les unes dans les autres, de manière à former, comme nous Tavons dit, à propos des cavités droites, une colonne unique au dedans du ventricule. La même disposition s'observe à gauche, où les deux colonnes s'engrènent de telle sorte que le pilier droit de la colonne antérieure est reçu dans une gouttière longitudinale de la colonne postérieure, tandis que le pilier gauche de celle-ci s'adapte à une gouttière longitudinale de la colonne antérieure (2).

Lorsque l'on a mis à nu le cœur d'un mammifère vivant , on n'observe pas longtemps, et souvent même on n'observe pas du toat cette évacuation complète , régulière et alternative, des cavités du cœur. Les oreillettes cessent de se vider complètement, alors que les ventricules semblent encore expulser tout le sang qu'ils reçoivent des oreillettes. Ce sont ces faits qui ont donné naissance à Topinion que les cavités du cœur ne se vident pas en entier à chaque systole. Senac, Bartholin , qui ont professé cette opinion , sont combattus par Haller (3). Aujourd'hui un grand nombre d'observateurs affirment, comme je l'ai dit (page 607), que les alternatives de diastole et de systole, appréciables dans les appendices , sont très-obscures dans le corps

(1) Sur le lapia (Parcbappe, du Cœur, etc., p. 112). (S) Pardiappe , onTrage cité , p. 35 et 36. (3) Etemenla pliysiatogim^ 1. 1 » p. 397.

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