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DÉFINITION DE LA PHYSIOLOGIE

Ayons d'abord égard à l'acception étymologique.

Le mot physiologie dérive de deux mots grecs , dont l'un signifie nature, et l'autre raconter; c'est comme si on disait histoire de la nature. Si nous voulons pour un moment (enir compte de l'étymologie , nous serons obligé de faire précéder la définition du mot physiologie de celle du mot nature.

Le mot nature a plusieurs acceptions; Guvier va nous les faire connaître.

1° Quelquefois on l'emploie pour désigner les propriétés qu'un être tient de sa naissance, par opposition à celles qu'il peut devoir à l'art, à la culture, à l'éducation.

2° D'autres fois, par le mot nature, on entend l'ensemble des êtres qui composent l'univers , et en même temps les phénomènes 1 1

qu'ils nous présentent. — C'est ce que les auteurs allemands, comme on le voit dans l'ouvrage de Burdach, appellent naturel naturata , l'ensemble des choses , la somme des phénomènes.

3° Tantôt enfin, le mot nature désigne la force ou les forces qui président à toutes les manifestations d'activité des êtres de la création. C'est surtout dans ce sens que l'on a coutume de personnifier la nature. Les Allemands expriment une pensée analogue quand ils disent qu'on peut entendre par nature la véritable cause de l'univers , la force infinie, X existence absolue, la réalité agissante, Y âme du monde, Dieu. Ils appellent encore, dans ce sens, la nature natura naturans, par opposition aux mots natura naturata , qui expriment simplement l'ensemble des choses , sans avoir égard aux forces et aux causes des phénomènes. Natura naturans, ce serait le pouvoir créateur; natura naturata , les choses créées.

Revenons à la définition de la physiologie.

Vous voyez que si nous voulions nous en tenir à la rigueur étymologique, la physiologie ne serait rien moins que la science universelle. Elle comprendrait l'étude de tous les corps qui frappent nos sens , celle des propriétés qui leur sont départies et des phénomènes qui en découlent. Histoire naturelle proprement dite, physique, mécanique céleste, fonctions des êtres vivants, tout y serait renfermé. Il paraît, Messieurs, qu'à une époque où les sciences étaient assez peu avancées , assez peu chargées de détails pour qu'un seul esprit pût les embrasser toutes, ce fut là l'acception du mot physiologie; en sorte que les philosophes qui s'étaient occupés de la nature des choses furent aussi ceux qu'on désigna les premiers sous le nom de physiologistes. Je pourrais vous rappeler, à cet égard, ce qu'Empédocle a composé sur la nature, et aussi le poëme magnifique où Lucrèce a retracé la philosophie d'Épicure.

Suivant quelques écrivains de nos jours , la théologie ne serait point exclue du domaine de la physiologie. Ainsi Burdach nous dit que la physiologie doit s'élever à Yintuition de Vexistence absolue, devenir connaissance expérimentale de Dieu, ou théologie naturelle.

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