‹ Cours de physiologieChapitre 4 sur 60 · DÉFINITION I>IÎ LA PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

DÉFINITION I>IÎ LA PHYSIOLOGIE

Je vous demanderai la permission de réduire quelque peu la compréhension du mot physiologie, et dans cette multitude d'êtres et d'actions que l'univers nous présente, de n'en prendre qu'un certain nombre pour objet spécial de nos études.

Voyons donc à établir cette espèce de départ, à circonscrire le champ de notre travail. Suivez-moi bien ; nous allons arriver à une définition satisfaisante de la physiologie.

Les corps , vous le savez , ont des propriétés communes, signalées, étudiées par tous les physiciens.

La place qu'ils occupent dans l'espace réveille en nous l'idée abstraite de Yétendue; nous disons qu'ils sont étendus.

Dans la faculté qu'ils ont de pouvoir être transportés d'un lieu dans un autre, nous reconnaissons la mobilité.

Nous voyons qu'ils ont la propriété d'exclure tout autre corps du lieu qu'ils occupent, qu'ils sont impénétrables.

L'observation nous les montre aussi divisibles à l'infini , au moins jusqu'au delà des limites où s'étendent nos moyens d'investigation.

Enfin, une force secrète les entraîne irrésistiblement les uns vers les autres ; ils sont soumis à la gravitation, ils sont pesants.

Eh bien! Messieurs, l'examen le plus superficiel des êtres naturels vous fera bientôt reconnaître que certains d'entre eux possèdent, avec ces propriétés générales de la matière qui sont l'objet des études de la physique, des propriétés particulières qui semblent les rendre, en partie au moins, réfractaires aux lois qui régissent les corps bruts. Les êtres dont je veux parler, et qui constituent, comme on l'a répété depuis l'antiquité, un petit monde dans le grand , sont les corps vivants ou organisés. Il a fallu qu'une science distincte de la physique générale s'occupât des phénomènes que ces corps nous présentent, des lois et des conditions de ces phénomènes. Le mot physiologie , dépouillé de son acception primitive, servit à désigner cette science.

Ainsi , je vais répéter lentement la définition du mot physiologie. C'est la science qui traite des phénomènes des êtres vivants , et qui recherche les lois et les conditions de ces phénomènes dans l'état de santé.

Je croirais faire injure à votre sagacité si je m'arrêtais à définir les termes mêmes de ma définition. Vous savez ce qu'on entend par phénomène : c'est tout changement d'état, tout ce qui arrive, tout ce qui se manifeste à nos sens. Je remue le bras: voilà un phénomène; je parle, je digère, je respire : voilà des. phénomènes. Vous savez aussi ce qu'on entend par conditions d'un phénomène: ce sont les circonstances nécessaires à sa production. Je ne m'arrêterai donc pas à des détails inutiles.

On pourrait donner une définition plus abrégée en disant : la physiologie est la science de la vie.

Le mot physiologie ayant paru impropre à quelques auteurs , eu égard à son étymologie, ils ont proposé de lui substituer le mot biologie, qui signifie histoire de la vie. Mais je pense qu'une expression consacrée par une longue habitude est devenue respectable , et j'aurais de la répugnance à l'abandonner pour une des nombreuses appellations par lesquelles ou a voulu la remplacer.

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