Champ, — On pourra voir dans la lunette tous les points
dont les rayons peuvent traverser successivement l'objectif et Toculaire, et le diamètre apparent de l'oculaire vu de l'objectif sera une valeur approchée du champ. Le champ ainsi défini est toujours très grand, à cause de la faible longueur de l'instrument; mais la pupille est beaucoup plus petite que l'oculaire et, pour une position déterminée de l'œil, le champ est plus restreint.
Supposons l'instrument disposé pour une vue infiniment presbyte, c'est-à-dire les foyers de l'objectif et de l'oculaire confondus au point A' (fig. 170). Soit E'H' l'image virtuelle de l'objectif EH dans
Fig, 170.
l'oculaire. Ce cercle est la directrice de tous les faisceaux parallèles qui émergent de l'oculaire; or ce cercle est, en général, plus grand que la pupille LK de sorte qu'une partie seulement de chacun de ces faisceaux peut pénétrer dans l'œil; calculons le champ d'éclat maximum^ c'est-à-dire le champ restreint aux faisceaux lumineux qui peuvent couvrir entièrement la pupille. L'un des faisceaux extrêmes jouissant de cette propriété sera limité par le rayon E'L; ce rayon traverse l'oculaire au point I; il a traversé l'objectif au point E; il avait donc la direction El après sa réfraction dans l'objectif. En prolongeant cette direction jusqu'à sa rencontre en B'avec le plan focal A'B', on détermine l'image B' du point lumineux correspondant. Le champ cherché a donc pour expression
En faisant les calculs, et avec les notations déjà adoptées, on trouve
Si nous faisons un calcul analogue en considérant un faisceau émergent extrême limité par le rayon E'K, nous aurons le champ lotal^ comprenant tous les points susceptibles d'être vus avec un
éclat plus ou moins grand; on trouve ainsi
Ct =
La moyenne de ces deux expressions, ou champ moyen^ sera
Remarquons que a est très petit, que % est égal au grossissement
et <p — /^ à la longueur / de l'instrument; nous aurons, comme valeur approchée,
Le champ est donc à peu près égal au diamètre apparent de l'objectif vu de Toculaire, divisé par le grossissement.
Remarque. — Les considérations qui précèdent s'appliqueraient également aux instruments à cercle oculaire réel, dans le cas où Ton ne ferait pas coïncider l'œil avec ce cercle oculaire. Suivant que l'œil serait plus ou moins éloigné de ce cercte, le champ dépendrait, soit des dimensions de la pupille, comme dans le cas de la lunette de Galilée, soit des dimensions de l'oculaire, comme dans le cas d'une lunette astronomique disposée de la façon habituelle.
236. Loupe de Briicke. — La loupe de BrQcke est une sorte de petite lunette de Galilée disposée pour l'observation des objets très rapprochés : l'oculaire peut, à cet effet, recevoir un tirage considérable et le grossissement est aussi très variable. Ce grossissement doit être défini, comme dans le microscope, par le rapport des dimensions de l'image et de l'objet; on le calcule aisément en appliquant à l'objectif et à l'oculaire la formule des lentilles; en appelant p la distance de l'objet à l'objectif, et supposant l'œil placé contre la loupe, on trouve
En supposant /? et A infinis, on retrouve l'expression du grossissement de la lunette de Galilée.