‹ Cours de physique à l'usage des élèves de la classe de mathématiques spéciales (volume 3)Chapitre 89 sur 92 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

lentille les diverses couleurs du spectre (Ghap. V § 5); mais quelques précautions particulières ont été prises, pour qu'en interceptant par un écran une fraction quelconque du spectre, les couleurs conservées se mélangent exactement en donnant une teinte plate. En outre, au lieu de projeter les rayons lumineux sur un écran , ce qui exige remploi d'une source lumineuse intense, en se servant du chromatoscope, on les reçoit directement dans l'œil, ce qui permet d'opérer avec la lumière d'une lampe ou même d'une bougie.

Le chromatoscope se compose d'abord des pièces qui servent à obtenir un spectre réel pur, et qui sont identiques à celles d'un spectroscope ordinaire, savoir : 1° — un collimateur à fente FA (flg. 182 et 183) ; 2° — un ou mieux deux prismes P en flint,

FlG. 189.

qui sont recouverts par un écran G percé des ouvertures convenables ; 3° — un objectif B qui donne un spectre réel V de la source qui éclaire la fente du collimateur. Ce spectre V vient se former nettement dans le plan H un peu en avant de l'objectif G d'une lunette astronomique L pourvue d'un oculaire de Ramsdem 0.

L'objectif A du collimateur et l'ensemble des prismes donnent de la fente une image virtuelle infiniment grande et située à l'infini; mais cette image occupe une position différente pour chacune des couleurs qu'émet la source lumineuse. Autrement

dit, au sortir des prismes la direction des rayons est exactement la même que s'il y avait devant l'objectif B un spectre V infiniment grand, situé à l'infini, dont le violet serait du côté du sommet du prisme, le rouge du côté de la base : c'est un spectre virtuel. Or, après avoir traversé la dernière surface du prisme, les rayons violets sont, au contraire, déviés du côté de la base du prisme, les rayons rouges du côté du sommet; par conséquent, les faisceaux des diverses couleurs qui semblent émaner du spectre virtuel V s'entrecroisent suivant une certaine sur-

Fic. 183.

face U plane ou à peu près, et on peut les considérer comme provenant de cette surface U.

Si Ton forme une image réelle de U, cette image sera blanche, puisqu'en chaque point des rayons de toutes couleurs se couperont. Or, cette surface U est dans le voisinage des prismes, et l'objectif B en est placé assez près pour en donner une image virtuelle; cette image est mise au point avec la lu-

nette astronomique L. L'ensemble des objectifs B et C donne donc de U une image réelle U' se formant dans le plan I, qui sera parfaitement blanche si aucune couleur n'est interceptée. C'est cette image blanche qui est regardée avec l'oculaire : l'oculaire et l'œil en donnent une nouvelle image réelle blanche sur la rétine.

Mais si Ton intercepte par un écran placé en H une portion du spectre V qui s'y trouve, et qui est l'image réelle du spectre virtuel V, il est évident que c'est comme si l'on supprimait la portion correspondante de ce spectre, et la surface U' deviendra colorée.

La teinte de U' doit être parfaitement plate, ce qui indique que le mélange des couleurs du spectre qui sont conservées est parfait; il faut pour cela que la fente du collimateur soit éclairée par une source S vue de chacun des points de la fente sous un angle assez grand, pour que chaque partie de l'objectif du collimateur soit également éclairée par un même point de la fente. En plaçant assez près de celle-ci la flamme d'une lampe, on réalise convenablement ces conditions. Alors un point du spectre virtuel Y éclaire autant chaque partie de la surface de U : un point du spectre V, image réelle de V, éclaire autant chaque partie de la surface U', image réelle de U. Par conséquent, si l'on vient à intercepter une fraction quelconque du spectre V, on diminue dans un même rapport l'intensité lumineuse d'une couleur simple dans chaque partie de U' : la teinte colorée est plate. En outre, comme la fente du collimateur est à bords bien parallèles et est éclairée par une flamme ayant sensiblement le même éclat dans toute la portion qui éclaire la fente, des parties de même longueur prises à différentes hauteurs dans la fente émettent autant de lumière. Il en résulte que, .si l'on supprime une portion de la hauteur totale d'une couleur du spectre V, de façon à ne laisser découverte que la fraction n de la hauteur primitive, on réduit dans le rapport de 1 à n l'intensité lumineuse de cette couleur pour la surface U\

Dans le plan H, où 66 trouve le spectre V, il existe une glissière, qui sert à mettre en place les écrans. Ceux-ci sont formés par une lame de verre (flg. 184) qui est recouverte d'un vernis

opaque dans la région qui correspond à la partie du spectre qu'on veut supprimer. Ainsi, sur la figure 184, pour la couleur du spectre V qui tombe

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