POINT DE FUSION
Acide sulfureux — 78,9
Mercure — 39,5
Alcool amylique .... — 23
Hypoazotidfî — 9
Brome — 7,5
Eau 0
Benzine + "^
Acide acétique 17
Phosphore 44,2
Potassium 55
Acide margarique. ... 60
Acide stéarique 70
Naphtaline 78
Bodiam 90
Iode 107
Soufre 114.5
Camphre -)~ ^"^
Lithium 180
Arsenic 210
Sélénium ....... 817
Etain 235
Bismuth 265
Plomb 335
Chlorure d'argent • . . 350
Antimoine 440
Aluminium 600*
Argent 1000*
Cuivre 1050*
Op 1250*
Fer 1500*
Palladium 1700*
Platine ... au delà de 1700
Un nombre marqué de (*) ne doit être considéré que comme une valeur approchée seulement.
On voit, en parcourant ce tableau, que les points de fusion des diverses substances s'étendent sur toute Téchelle des températures que nous pouvons obtenir.
3. LOI DE LA SOLIDIFICATION. — SURFUSION. — Dès qu*un corps solide est arrivé à son point de fusion, pour peu qu'on le soumette à une cause d*échauffement, il fond toujours. De môme lorsqu'un corps liquide est amené au point de fusion du solide correspondant, il passe généralement à Tétat solide si on le soumet à une cause de refroidissement.
Le point de solidificaiion est ainsi le même que le point de
(1) Ce tableau a été extrait de TAnnuaire du Bureau des Longitudes pour
fusion, et pendant toute la durée du phénomène le mélange de liquide et de solide conserve la même température quelles que soient les causes de refroidissement extérieures.
Pourtant il n'en est pas toujours ainsi : avec quelques précautions on peut abaisser la température d'un liquide au-dessous du point de fusion sans amener la solidification.
Ce phénomène, qui a reçu le nom de surfusion^ a été découvert par Fahrenheit. Ce physicien enfermait de l'eau dans uo ballon de verre à col eflllé, qu'il fermait ensuite à U lampe ; dans ces conditions il pouvait abaisser la température de Teau au-dessous de 0* sans qu'elle se congelât; une secousse produisait alors la solidifiofttion.
L'appareil représenté figure 199 permet de répéter aisément cette expérience dans un cours : c'est un cylindre renfermant de Teau E privé d'air par 1 ebuUition; au milieu de celle-ci plonge le réservoir R d'un lhe^ momètre, qui en indiijue la température. On place ce petit appareil dans un mélange réfrigérant, et Too constate que l'eau conserve l'état liquide à piusienK dt»grés au-dessous de ()•. Une brusque agitation produit alors la congélation, et la température remonte brusquement à cause de la clialeur créée par ce cjiaflgemont d'état.
Despretz a observé que de l'eau contenue dans des tubes capillaires pouvait être portée jusqu'à — fO* sans qu'elle se congelât. M. Dufour a obtenu le même résultat en maintenant des globules d'eau en sus|H;nsioa dans un liquide de même densité formé d'un mélange de chloroforme et d'huile d'amande douce.
Le phosphore fond à 44^2 ; M. Schrœller a pu l'amener à rélai liiïuide jusqu'à la température de — h: U KiG I». soufre posst!\le un point de fusion voisin de 115*;or M. riornez a pu abaisser la température de globules de souiVe ton lu, en susivusion dans une dissolution de chlorure lie /luc lie même ilensitê que le soufre, jusqu'à la tempeitluri* or.Uaain».
l-o c.^alioi vie l'air, lagilatioa, les vibrations font cesser !•
FUSION — SOLIDIFICATION
plus souvent l'état de surfusion, et la solidiHcatioo s'opère brusquement. Pourtant ces moyens ne réussissent pas toujours aÏDsi le phosphore, qui fond à 44", 2 peut rester liquide jusque vers 30° malgré les agitations et le conlact de l'air.
Hais un moyen infaillible pour faire cesser la surfusion est de mettre au contact du corps surfondu un cristal identique à celui qui peut se produire par M Boliditlcation. Une parcelle cristalline sufilt à cet eflet.
Le phosphore blanc sui*foodu se solidifie tmmédiatemeniau contact d'une trace de phosphore blanc solide. La solidification se propage d'aulant plus rapidement dans la masse Burfondue que la lempéwlure de celle-ci a été plus abaissée au-dessous
^ point de fusion, comme
l"* montré M. Gernez. Le
•nêine auteur a fait voir
V^ le phosphore rouge,
9ui, «u point de vue phy-
''Ve, diffère compiète- *enl du phosphore blanc, *** 'Qcapsbie par son con- ^« de frtire cesser l'état
Oe surrusion du phosphore blanc.
"• Gêniez emploie la '«-IM
•««posiiion suivante pour
mnitrei- ces phénomènes. Dans un grand ballon B (fig. 200) ""'P" d'eau, on place un thermomètre et un ou plusieurs tubes contenant du phosphore blanc. On porte d'abord l'eau à une lempéreture un peu supérieure à 44°, 2 pour faire fondre le foofiphore, puis on relire le bjllon du feu. A cause do la grande
masse d'eau, le refroidissement est lent, et la surfusion se i»rodiiil aisément (*).
On doit encore à M. Gernez les expériences curieuses que voici : du soufre fondu est porté vers 170* , puis refroidi et amené à Tétat de surfusion entre 90'' et lOO". Si l'on projette alors dans la masse un cristal de soufre octaédrique la surfusioD cesse, et le soufre cristallise en octaèdres autour du cristal iotro» duit. Si Ton projette dans le liquide un cristal de soufre pritmatique, la cristallisation donne naissance à du soufre prisme' tique, et elle se propage avec une vitesse environ trente fois ptas grande que dans le cas précédent. Enfin, si Toxi vient, dans e» même liquide, à exercer un frottement contre le fond du vasa i Taide d*une tige de fer dépolie à son extrémité, la surfiiâca cesse encore, et les cristaux de soufre qui se produisent consfr tuent une troisième variété cristalline, se distinguant en particulier du soufre prismatique et du soufre octaédrique par vm
vitesse de cristallisation intermédiaire, cinq fois plus grande qae
celle de cette dernière variété et, par conséquent, -^ seulemeil
de celle de la première.
Au moment où la surfusion cesse la température s'&èst brusquement, à cause de la chaleur créée par la solidification. Si le corps surfondu n*a été amené que peu au-dessous de soi point de fusion, la température remonte exactement jusqu'à cettt valeur, et une portion seulement de la substance repasse i YM solide. Mais quand la température du corps surfondu est notabiement inférieure au point de fusion, il peut arriver que toslfl la masse se solidifie sans que la chaleur créée soit suffisaoU pour élever sa température jusqu'au point do fusion.
En résumé, un liquide surfondu a ses particules, noo ptf dans un état d'équilibre instable, dans le sens précis que la M^
(I) Si Ton reat garder longtemps rappareîl, il esl bon de eolorer Tm^ baUon en jaune, en y fa.8ant dissoudre quelques crislaiix de tMckroflrii^ potasse : on évite ainsi Taciion de la lumière sur le pliotphore bboe, i< ' transformation partielle en phosphore rouge.
Il est bon aussi, par prudence, de necooTrir d^aul peu d*e«ii le fkmf^^ pour éviter son inflammation.
FUSION — SOLIDIFICATION
canique altnche à celle expression, mais dans un étal d'équilibre f>ta stabie, qu'une faible cause sufill à détruire. Il en est comme «l'une pierre, qui peut êlrc en équilibre stable au sommet d'une «nontafrae, mais qu'un faible effort peut licranger de sa position ^1 qui, sous son poids, roulera ensuile jusqu'au bas de la mon-
ÊLasurfusion est souvent une gêne quand on veut prendre le inl de solidification d'un liquide, pour le point de fusion du lide correspoudant. On peut alors procéder ainsi : on refroidit I^alement le liquide, en tâchant de maintenir sa température atjsH uniforme que possible par l'ngitalion ; puis on y projette de temps à autre une parcelle dit corps solide correspondant. Dès <pK le liipûde sera au-dessous du point de fusion, celle-ci produira la eulidi 11 cation, et la température montera exactement à ce point, puisqu'elle se sera peu abaissée au-dessous. C'est ainsi que M. Gernez est arrivé à obtenir exactement le point de fusion du ^nfre.
4. CBiNGEKENT DE VOLUME QUIACCOMPAGNE LA FUSION 00 U SOLIJIinClTIOM.— Un corps, i.-n se ]iipu''flHnl ou en .se solidifiant éprouve généralement une brusque variation de volume. Dans la majorilé îles cas, le liquide a un volume plus grand, à la même lein[»érature, que le solide dont il provient, et par conséquent la ilensilé du solide est plus grande que celle du liquide. On s'en '■.■•'rçoil immédiatement parce que les fragments du corps solide ^ '^lent BU fond du bain provenant de sa fusion.
Quelques corps pourtant se comportent autrement , le solide
venant flotter à la surface du liquide ; Lels sont l'eau, l'argent, le
I tiisniuth, l'autimoino et la fonte de fer: en se solidifiant ils aug-
l iucnLftiii brusquement de volume.
, M. H. Kopp a fait l'élude de ce phénomène. Le corps solide
u*ié était placé dans le réservoir d'un thermomèlre à lige
•diiie('), contenanl un liquide donl la nature a varié dans les
K*erses expériences (huile d'olive, essence de térébenthine,
pint Rouvent ce rAaerroIr fiait eanati(UD par un petit tube i essai, n inrtie supérieure par un boucbon traversé par la tige graduée.
■ fc fapwiljt pennettail d'introduire lacilemeot le corps elle liquida.
acide sulfurique, etc.), et qui ne devait ni attaquer ni dissoudre le corps qu*il baignait. Il portait l'appareil à (>* et ensuite à des températures voisines du point de fusion, et il observait la position de la colonne liquide.
Désignons pai* U et V les volumes du corps et du liquide qu
Tentoure à 0^ (volumes obtenus par des pesées et par la connaîssance des densités), par a et K^la dilatation du liquide et de
verre entre 0® et t^, et par e Taugmentation de volume que subit
entre les mêmes limites de température, la masse du corps occbpant Tunité de volume à 0**, quelle que soit la cause de cette au^ mentation. Soit, en outre, v le volume à 0^ d*une division de il tige et n le nombre de divisions dont s'avance la colonne liquide quand l'instrument passe de 0* à ^'.
En écrivant que le volume du contenu égale celui du conteDinl, on obtient Tégalité suivante
Uo{l + s)+Vo(l + «,) = lU, + V, + np)(l+K,)
qui fait connaître c .
Or, on trouve qu'entre deux températures ( et t" très voiâo» et prises de part et d*autre du point de fusion, la quantité i^ subà
une variation rapide ; la diflérence («^, — « ) est raccroissem»^
de volume (positif ou négatif) qu éprouve, par suite de la fosiûo, la masse du corps occupant l'unité de volume à 0*.
Le tableau suivant donne les principaux résultats obtetfs ainsi :
Phosphore -(- 0,084 S
Soufre + 0.050 0
Acide stearique 4~ Ol,ii00
Stéarine 4" 0,0196
CâCI -f 6H0 + 0,0865
PoiBt de ttiéot
FUSION ~ SOLIDIFICATION 503
Lu melhodc que nous venons d'iiidi([uer fournissait aussi â H. H. Ko[)p le coefllcienl de dilalalion des corps sous les deux (•luis soliile et liquide. Les expérîeni^es onL montré que le coef- Rcjwl lie dilatation du solide u'esl gémjralemenl pas le même i\«e celui du liquide; ainsi le phosphore a pour coefflciont de iMi\m 0,000333 à l'étal solide et 0,000506 à l'état liquide.
baprès M. Oufour le poids spécifique relatif de la glace h 0° eslO^um 1^'). Comme celui de l'eau liquide à 0" est 0,9999, on voit i]u'eii se solidiliant il so produit une expansion égale à 0,9990 jrjrr^yi — i = 0,0896 pour la masse d eau qui occupe à l'état
liquide l'unité de volume à 0° (').
L'augmentation de volume qu'éprouve l'eau en se solidifiant,
retraïue déjà par Galilée, est un fait qui joue un grand rôle dans
les iihtDomèncs de la nature, et sur lequel il convient d'insister.
Quand un vase est plein d'eau et que celle-ci se congèle le vase
iduk. En effet ses parois, pour résister à l'expansion, devraient
i produire l'énoi-me pression nécessaire pour ramener le volume de
I h glnce à celui de l'eau dont elle pi-ovient. Pour le montrer, on
té\iè\e dnns les cours une expérience due à Huyghens: on remplit
u un canon de pistolet fermé pai' un bouchon à vis, et on
i kiilxccdans un mélange réfrigérant. L'eau se congC^le, et le
(!) C( nambro Irouvé par M. Dufonr s'accorde bien avec celai donné par »^Bnmii«ltt,flI8) el avec celui Irouvû par M. Bunaon (0,017) (Voir Cli.ip. XVI, Dipârlenccs de M. H- Kopp conduisant A un nombre beaucoup i |P,8U). Nous adoptons, sans héaiUillon, lo riSeuUnt rourni par I premlera irateurs qui, pur des voies d'ittéeenlca , ui-riveat h des > pniquc idsntiqacB.
V L'ttn upoaie h l'air a dissous dos gsz; quand elle bu congèle, ceux-ci ** ^'S^nl de la diiaoluliou, mais rosteni empriaoanfs sous Torme de butlra "* Vilieu il« la glaco, doni iia augmonlanl le volume npparvnl. L'expan- *"■> produite par la congiklion de l'eau paraît ainsi plus grande qu'elle na '•" rtellenont. C'eat mEtao ce qui avait fait croire à Huyghens, ï Mapiolle ■ plosieur» autres physiciens delà même upoque, que l'expansion observée ****' uniqueineat due au dégagomeat de l'air dissous.
i'"<H les exp^riencoa do M. Dufour, et dans les autres expériences pré- '°^' toiles luf le sujet qui nous occupe, on a eu soin de prendre de l'eau " purgée d'air par l'ébullilioD el donnant de la glace parrailumenl exemple
canon se fend dans toute sa loQ!,'ueur avec un léger bruit. Le major Ewai'd William à Québec, ayant exposé une bombe pleîoe d'eau au grand fi-oid qui règne l'Iiiver à ces hautes latitudes, la vit éclatei' circulaire ment, et un bourrelet de glace s'échappa par la Tente.
Ces expériences nous expliquent un certain nombre de phénomènes naturels. Les pierres poreuses s'imbibent d'eau ponJaal la saison chaude ; l'hiver venu, t'elle eau se congèle, et l'expansion désagrège la pierre. Les morceaux restent pourtant en place, soudés les uns aux autres par la glace; mats au dégel ils eu séparent et la pierre s'émietle. Aussi ces pierres poreuses, dites pierres gélives, ne peuvent-elles pas ëlre employées dans les coiislnictions. C'est par suite d'un pbcnomëne du même genre «jue les éboulemenls sont si fréquents dans les montagnes à l'époque de la fonte dos neiges.
Par les grands froids les liquides aqueux que contiennent \eé végétaux se congèlent, etles vaisseaux qui les rcnfcnneiit éclatent : la plante meurt par la gelée. Faisons remarquer iju'il faut en général pour cela une température nolablenienl infériourpà 0°, parce que les liquides contenus dans la plante, n'étant pas de l'eau pure, se soUdillenl normalement au-dessous de 0'; en outre, étant contenus dans des vaisseaux capillaires, le phénomène de la surfusion se produit très aisément.
Si l'expansion qu'éprouve l'eau on se congelant présente dus inconvénieals, elle a, par contre, une heureuse influence pour la conservation de la vie dans les lacs et les cours d'eau. L'eaii refroidit par sa surface seulement , grâce au rayonnement un peu aussi à l'évaporation dont celle-ci est le siège. Ausâ' est-ce à la surface que la glace se forme lors des grand»' froids. Si celle-ci était plus dense que l'eau, elle lomherail su fond, et serait remplacée à la surface par de l'eau qui se solidî- Sant à son leur tomberait au fond, et ainsi de suite ; un peu ile temps toute la masse d'eau serait congelée : la vie des eniinaui.^^ et des plantes emprisonnés dans la glace serait impossible. Maia. ^ il n'en n'est pas ainsi ; grâce à sa légèreté spécifique, la gl»'*^^-^ flotte, et reste à la surface où elle s'est formée. Comme elle coudu.^ fort mal la chaleur, elle empoche le refroidissement de l'eau 4^^^^ se trouve au-dessous, d'autant mieux que sa couche est pV'^-as
dus
"•la J II s«J
usâS
Rd»V su H
idi- ^
FUSION — SOLIDIFICATION &0
épaisse ; il en résulte que dès qu'elle est un peu profonde, la masse d'eau ne se solidifie jamais enlièremeut.
t. INFLUENCE DE LA PRESSION SDR LE POINT DE FDSiON. - En 1850 M. James Thomson, avait conclu, d'après un raisonnement fondé sur les principes de la thermodynamique, et dont nous reproduisons l'analogue plus loin (Chap. XV g 7), que les substances qui augmentent de volame en se liquvliant doivent avoir ieur point de fusion élevé par une augmentation de la pression qu'elles supportent ; et qu'au contraire les substances qui diminuent de volume eo se tiquéHant doivent avoir leur point de fusion abaissé. Sans recourir au raisonnement rigoureux de H. James Thomson, on conçoit du reste assez bien qu'une augmentation de pression, gênant un accroissement de volume et en favorisant la diminution, puisse retarder la fusion des substances de la première catégorie et avancer celle delà seconiie {').
Sir William Thomson soumit au con-
Wle de l'expérience les prévisions de
*• James Thomson. Il se servit pour
W/a d'un appareil (flg. 201) imaginé par
*^ted pour étudier la compressibiliié
**^i(iuideB, et que nous avons déjà
^^^n t à propos des expériences de Des-
*^lz sur la compressibiliié des gaz. Il
''QtfoUuisit de la (ilace bien pure, puis
^ thermomètre à éther assez sensible
Z^'' «donner le millième de degré centi-
*^tie. Celui-ci était enfermé dans un
(arable
' verre scellé T, pour le soustraire à la pression consiqu'ou allait exercer dans l'appareil , et qui aurait pu
IiÏm" *** '■odfsU pia Be taira lltusion sur la riEU«ur ds c I *"* P«U froisier. NoBi la rsproduitonl ici surloul • liti
PMtu«l, j^ ^ rappeler aU^maDt le sea* de U variation.
ralMiiaement ;
fausser les indications en diminuant la capacité du réservoir. Ce tube contenait du mercure, qui entourait le réservoir du the^ momùtre et établissait une bonne conductibilité calorificpie avee la glace. A la hauteur de la tige du thermomètre fut versée de Feau distillée pour permettre de lire ses indications ; une rondelle de plomb D empêchait la glace de monter. Un mélange d'ein et de glace achevait de remplir Tappareil. Enfin la pre$sîoi était indiquée par un petit manomètre à air comprimé M.
Sous la pression atmosphérique, le thermomètre marquait 0"; mais en enfonçant le piston à Taide de la vis P on voyait le th»momètre baisser, ce qui montrait que la fusion de la glace se produisait aune température inférieure à 0*. Dans deux expériesces faites avec soin, on trouva les nombres — 0*,0i9 et — 0*,1S, pour des forces élastiques de 8 atm. et de 16,8 atra. La moyenne de ces deux expériences donne 0*,007 5 pour rabaissement de température correspondant à une augmentation de force élastique d*nno atmosphère. Or, c'est précisément la valeur que le caicti de M. James Thomson avait assignée a priori à cette grandenr: la démonstration de l'exactitude de son raisonnement ne pourtit èti'e plus complète.
Depuis ces expériences, M. Mousson est parvenu à liqnéler un cylindre de glace maintenu à — 20* par une énorme pressioi évaluée à 13000 atmosphères. L'appareil employé pour cela ^UA un bloc d'acier A {fïg:, 202) percé d'un canal très légèrement conique, que fermait en bas un cône /"pressé par une vis C. Dansce canal s'engageait un long morceau de cuivre e très légîTement conique qui fermait le canal. Un écrou EE ]x>uvait en toaminl pousser en avant le morceau de cui\Te e par rintermédiaire d'un cylimlre d'acier D. Après avoir retourné l'appareil (par ripporl à la position qu'il occupe sur la figure 202), on enlevait la visC et lo oôno f, on mettait de Teau bouillie dans le canal et un petit index on cuivre d ; puis on remettait le cône f et la vis C, et Ton faisait congeler IVau. On retournait alors l*appareil dansla{KK>tion tîo la figure ; l'index d emprisonné dans la glace se trooi*! en haut. ApK^s avoir entouré l'appareil d'un mélange rébifénBl lo portan: à — 2vV. on tournait Técrou EE, qui comprinmt ^ glaoo ot iiuui:uuiit son volume d'une quantité connue. En ^ vaut ensuite la vis C et le c4ne f^ oq trouvait le canal pkiB^
FUSION — SOLIDIFICATION
Gfft
uï devait dire puisqu'on ramenait ainsi la presbion
l'atmosphère -, mais l'index de cuivre d, bu lieu d'Ôtre
lit en bas du bloc de glace,
Qsi que la glace s'était liqué-
'Auorme pression à laquelle
lé soumise.
«rience semble prouver que,
soit la température, on ne igeler l'eau si l'on s'o]jpose )nt à l'expansion qui résulte Qcation dans les circonstances Du reste, quand un vase plt'in e par la gelé;;, l'eau reste qu'au moment de la rupture, wlidifle qu'uprès l' explosion, l'ont montré les expériences Sward William ut celles plus ites par M. Hagenbach. Ce
soumis uu froid tn^s vif qui ità Bitle dans l'hiver l»1<J-80 remplis d'eau. Lc-s obus ont a glace qui est sortie pur les
avait l'apparence de jets ement congek'i;. L'eau n'c'lail ilidillée avant l'explosion.
, pour lermincr, que M. Diiniré sous (lill'éi'unles pi'e.-i.'siMns
rie liipic'faclioii du blanc de Kio. va.
le la parnninu, snbstiinri-s qui
t do volnmiï en se Iii|iii'llnnl. 11 a trouv(( conforméndicnlion.s tlicoriquus, quo l 'augmentation de pression int de fusion.
- — Quand ou presse l'un contre l'autre deux morceaux i si; soudml aux jkmuIs de contact. C'est à ce phéno- I a donné le nom dr rrijoL
lion que subit le pfiint de fusion de la glace par suite fement de pression permet d'expliquer le phénomène
du regel dans 1» cas de morceaux de gUce sèche. Au moi où les deux morceaux de glace Bont appuyés l'un contre Tu l'exctrsde pi-e-ssioii qui est produit fait fondre un peu de la p euperllciellc <le la glace. 11 en résulte une couclm d'eao ii posée entre eux ot à une température un peu inférieiim Quand on cesse de presseï' les doux morceaux l'un ca l'autre, celte eau se solidilie immédiatement, puiS4|ue U prea redcvieiil colle de l'aLmosphère, et que la surfusion oe peu produire vw présence du corps solide; les deux morcem trouvent ninsi soudés l'uu i l'autre.
La même explication convient à cette expérieDce son i-épétt;e ihin:^ les cours. Sur un bloc de glace (Sg. tOÊj
l'iaoe un tU de fer tendu pir deox joids égaux Û\éi i • exirémilOs. On voit alors le fil péaêtrer lentement dâosle^ taaitis que la coupure qu'il rorme en passant se reoptil à
FOSrON — SOLIDIFICATION 609
glace au-dessus du AI. Celui-ci finit par traverser cainplèlement le bloc de glase, dont les deux morceaux restent soudés entre enx. La pression produite parle ni fait fondre la glace; l'eau qui eu résulte passe au-dessus du fil et, comme elle est un peu au-dessous de 0», elle se solîdilie iminédialement.
Dans le cas où la glace est couverte d'eau liquide à sa surfine, il n'y a même pas besoin de presser les deux morceaux l'on contre l'autre pour les souder, il sulfil de les mettre en ocKitacl. L'eau intercalée se solidifie, parce que la glace est Un^ours plus ou moins au-dessous de 0" à son intérieur.
Le regel explique la plasticité apparente do la glace. Si l'o place un morceau de ce corps eulre les deux parties d'un moule de buis {Rg. 804), et qu'on les appuie fortement l'un contre l'autre, à l'aide d'une presse hydraulique, la glace se pulvérise, el, en même lemps, fond partiellement par suite de l'excès de pression. Dès que celle-ci cesse, l'eau intercalée entre les fragments de glace se solidifie, et Ton lAtient un bloc transparent et d*a(q»rence bien homogène, ayant tiu.i. m
pris la forme exacte du moule. On
peut fkire ainsi des prismes, des lentilles de glace, qui permetleot d'étudier les propriétés optiques de ce corps. Celle belle expérience est due à M. Tyndall; elle fait comprendre comment peut avoir lieu l'écoulement lent des glacier^: : grâce à lu plasticité apparente do la glace, celle-ci se moule exactement sur le fond de la vallée qui sert de Ut au glacier.