‹ Cours de physique à l'usage des élèves de la classe de mathématiques spécialesChapitre 83 sur 127 · INFLUENCE DES PHÉNOMÈNES CAPILLAIRES SUR L'ÉBULLITIOI · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES PHÉNOMÈNES CAPILLAIRES SUR L'ÉBULLITIOI

— Jusqu'à présent nous avons considéré la force élastique raaxiina de la vapeur d'un liquide comme étant une roncUoQ de la température seule^ restant la même, en particulier, quand tai forme do la surface de séparation entre le liquide; et Taimosphère de vapeur qui la surmonte vient à varier.

Sir W. Thomson a démontré par des considérations théoriques (*) qu'il ne saurait en être rigoureusemeut ainsi : quand b

(1) Pour démontrer cette propriété, Sir William Thomson considère un tobt capillaire plongé dans un liquide ; celui-ci s'élève dans ce tube à on eertM

niveau A, situé à une hauteur h aa-dessos du niveai B du liquide dans la cuvette (fig. 219).

Supposons que la température soit la même HaM toute l'enceinte et qu'il n'existe dans ceUe-ci que b vapeur du liquide : les principes fondamentaux de 11 thermodynamique démontrent qu*il y a équilibre dav ces conditions, c'est-à-dire qu'il n'y a ni évaponlios ni condensation de vapeur en A et en B. Or, la fora élastique f de la vapeur en A est plus teible que h force élastique F de la vapeur en B précisément dt k pression A$ qu'exerce par unité de surface une coîoaai de cette vapeur ($ représentant le poids spécifique ibaoti de la vapeur), puisqu'on a, dans Tétst d'équilibre :

F = r+ki

Fie tiJ

Mais /* et F doivent être les forces élastiques mià*

ma, la première i la surface courbe A, la seconde i h

surface plane B, puisqu'il n*y a ni évaporation ni condensation à ces

faces. Ainsi la force élastique maxima correspondant à une surteoe

n'est pas la même que celle qui correspond à une surtece plane.

Du reste, il est aisé de calculer k au moyen de la connaissancs de la< tante capillaire a relative à la surface de séparation du liquide et de sa en A, et au moyen des rayons de courbure principaux R et R' ds œlte mT' face. En effet, désignons par p la brusque augmentation de praisins pv unité de surface qui a lieu en passant du cdtê convexe (liquids) m eMé ii^ cave (vapeur), on a :

Comme /* est la pression qu'exerce par unité ds sailboa la TapMr m k^

surface de séparation entre le liquide etla vapeur devient courbe, par une cause quelconque, par exemple par suite de Tascension du liquide dans un tube capillaire, si la concavité de la surface de séparation est tournée vers la vapeur, la force élastique maxima doit être plus faible que dans le cas où la surface est plane, et la diû'ërence à une même température est d'autant plus grande que la courbure est plus forte (Voir la formule 4 de la note).

Nous ne nous arrêterons pas maintenant à tirer de ce fait toutes les conséquences qu'on peut en déduire, mais nous avions be-

pression par unité de surface dans le liquide eu A est /* — p el la force élastique au niveau de B dans le tube tsi f — p -\- hd^ en appelant d le poids spéciflque absolu du liquide. On a donc:

(3) F = r-p + hd

En égalant les valeurs de F données par (1) et par (3), il vient :

Enfin, en introduisant cette valeur de h dans la relation (i), cellc»ci d«Tient :

•^^A+j^^d + ir)

Dans cette formule J et 5 peuvent représenter les densités du liquide et de aa vapeur. Telle est la relation qui doit lier la fdrce élastique maxima f eorreapondant à une surface concave du côté la vapeur, à la force élastique ■Mzima F correspondant à une surface plane pour la môme température.

Cette formule est générale, du reste, quel que soit le signe de la courbure

|-= — I — TT-, j. Si la surface de séparation est convexe du côté de la vapeur,

Ift force élastique maxima f est supérieure à F et d'autant plus que la courbure ••I plus forte. Il résulte do ce fait une conséquence intéressante: si dans une «Unosphére de vapeur de grosses gouttes de liquide et de petites se trouvent luspcnslon, les petites gouttes peuvent s'évaporer, tandis que leî) grosses ruvent condenser de la vapeur à leur surface, l'atmosphère n'étant pas sapeur les premières et étant plus que saturée pour les secondes. Nous Aroos plus tard une application de ce fait i la formation des nuages.

soin de le mentionner ici pour la rigueur des considérations que nous allons présenter sur la surchauiTe des liquides.

Considérons une petite bulle d'air saturée de vapeur placée au sein d'un liquide. Cette bulle est sphérique ou à peu près; il en résulte que, dans Tétat d'équilibre, la force élastique de Tttmosplière qu'elle renferme est plus grande que la force élastique du liquide qui Tentoure. En effet Tétude des phénomènes capillaires montre, comme nous avons déjà eu l'occasioD de le dire, qu'en passant du côté convexe au côté concave de la surface de séparation de deux fluides, il y a une brusque augmentation f dans la valeur de la force élastique.

Cette pression capillaire p est donnée par la formule :

a étant une constante (constante capillaire) dépendant de li nature des deux fluides en contact, R et R' étant les rayons de courbure principaux de la surface de séparation. Dans le cas qui nous occupe, où la surface est sphérique, R égale R', et la formule devient simplement :

On voit que p est d'autant plus grand que R est plus petit.

Ainsi H étant la force élastique du liquide, H -f- p est la pression par unité de surface que supporte le pourtour interne de la bulle.

D'autre part, si h est la force élastique propre à Tair conten dans celle-ci, et si /* est la force élastique maxima de la vapeor dont elle est saturée (/'étant une fonction, non seulement de b température mais aussi du rayon de courbure R) la force élastique totale de la bulle est h -{- f.

Dans l'état d'équilibre, on a donc :

A basse température, Tégalité (1) étant satisfaite, à cause de la faiblesse /*, il y a équilibre. A mesure que la température s'élève / augmente; il en est de même du volume V do la bulle, qui, en désignant, comme ci-dessus, par V le volume toujours très petit de Tair sec à la température considérée et sous la force élastique H du liquide environnant, est donné par :

Dans le paragraphe précédent, nous avons supposé le rayon de courbure de la bulle assez grand pour (jue p fût négligeable et que f ait la valeur F qui, à la même température, correspond à une surface de sc'paration plane entre le liquide et sa vapeur. Il en résultait {|ue dès que F devenait égal à H, la bulle devait grossir énormément, et que le phénomène d^ébullition devait se produire : ce cas correspond à Tébullition normale.

Mais si la bulle est extrêmement petite, p n'est plus négligeable et f est plus petit (juc dans le cas précédent à la même température, puisque c'est une force élastique maxima correspondant à une surface de séparation concave du côté do la vapeur.

Pour cette double raison, à la température où H — F est nul et où l'ébullition normale se produirait, H -|-p — f n'est pas encore nul ; la bulle reste, dans ce cas, très petite, et Ton peut échauffer encore le liquide sans le voir bouillir : il y a surchauffe (*).

C'est seulement quand la température est devenue assez élevée pour <jue f =z}l -\-p que la bulle grossit démesurément et que rébullition se produit.

Cette température est d*aulant plus élevée, par conséquent, que le rayon primitif de la bulle est plus petit.

Quand la température est assez élevée pour que /*= H + p, le grossissement de la bulle doit se faire soudainement. En effet, i mesure que celle-ci grandit /* devient plus frrand et p devient

(1) En se reportant à la formule (4) de la note prëcëJente, on voit que f ne diffère de F que d'une quantité extrêmement petite par rapport à p. La principale cause de la surchauffe est donc Tinflucnco de la pression capillaire Pf et non la différence qui existe entre f et F.

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plus petit ; la force élastique h -{- fà l'intérieur de la bulle aug*mente donc, tandis que la pression H -|- P> Q^e supporte par unité de surface son pourtour interne, diminue; pour cette double cause réquilibrc est rompu, d où l'espèce d'explosion qui se produit au moment où la surchauffe cesse.

On voit ainsi, que les phénomènes du retard à rébuUition sont intimement liés aux phénomènes capillaires.

11. EXPLICATION DU PHÉNOMÈNE PRÉSENTÉ PAR LES GEYSERS. - Quand on chauffe par le bas un tube vertical plein de liquide, il ne suffit pas que la température au fond du vase soit devenue telle que la force élastique maxima de la vapeur fasse équilibre à la pression atmosphérique, pour que Tébullition se produise, même si les bulles gazeuses du fond sont assez grosses pour que la pression capillaire p soit négligeable, il faut eucore qu'elle puisse surmonler la pression produite par la colonne liquide. Autrement dit, le terme que nous avons désigné par H dans les deux paragraphes précédents contient, outre lapressioo atmosphéri(|uc, la pression hydrostatique produite par la colonne de li({uide qui se trouve au-dessus de la bulle gazeuse.

Mais dès que la température de la partie inférieure du tube i atteint la valeur minima que peut avoir la vapeur pour It force élastique H qui y règne, une bulle se forme et s'Oulèvo tout le liquide qui se trouve en partie rejeté av dehors. La colonne liquide diminue ainsi de hauteur; la pression H devenant plus faible, la force élastique à rinténtur do la bulle, sensiblement égale à la force élastique maxime tie la vapeur, se trouve alors plus grande que H, de là une ébullitioii intense, et le reste de la colonne liquide se trouve violemment projeté.

iVest ce qui arrive continuellement quand on chauffe sai» pnvaution lo liquiile contenu dans un de ces tubes à essais tiont so servent les chimistes.

Les éruptions dVau chaude produites par les geysers d*IsJiiidf ^rig.â:^> semblent dues au même phénomène. Ceux-ci consistent en tles puits naturels profonds remplis d'eau chauffés dans Jeba> )>ar un foyer d'orgine volcanique. M. Bunsen a pu constater, au aïoyon d'un sondage thermométrique opéré peu avant une éruptioa

VAPOIIISATION 543

que la température allait en croissant avec la proCondeurjusqu'à une certaine limite. Après chaque éruption l'eau du bassin qui entoure l'orilice du geyser pénètre dans le puits, ainsi que

Peau des sources ou cours d'eau environnants, qui s'y introduit par des Itssures. Le lemps nécessaire pour porter la température de l'eau au point voulu, sépare deux éruptions successives. Aiusi s'explique l'intermittence du phénomène.

a. tBULLITION D'UN LIQUIDE EH TA8E CLOS. — Le« connaissnnces que nouti possédons maintenant permettent de trouver

aisément les conditions nécessaires pour que rébullition puisée se produire en vase clos. Nous supposerons dans tout ce qui va suivre qu'il y a quelques bulles d'air assez grosses contre les parois du vase pour que la surchauffe du liquide soit impossible. Soit F la force élastique maxima de la vapeur du liquide pour la température de celui-ci, soient /"la force élastique propre à la vapeur de ce liquide dans l'atmosphère qui le surmonte el H la force élastique propre à Tair (ou autres gaz) mélangé à la vapeur, do façon que la force élastique totale de l'atmosphère qui presse le liquide soit H-j-/*. L'ébullition se produira dès qu'oo aura :

Or, pour peu que la surface libre du liquide ne soit pas de Uvp petite étendue, par suite de la vaporisation, /'devient rapideinenl égal à la force élastique maxima de la vapeur du liquide (>oiir la température la plus basse de l'enceinte, d'après le principe «le Watt ; nous pouvons donc considérer cette quantité comme ayant cette valeur dans l'égalité ci-dessus.

Si la température de Tenceinte est uniforme on a /■= F, el dès lors II 'f étant toujours supérieur à F, ou au plus é^l :i3 H est nul, rébullition est toujours impossible quelle que soit la température à laquelle on porte le vase (*).

Aussi dans une chaudière à vapeur dont toutes les issues sont bouchées peut-on porter l'eau à une température bien supérieure a iOO sans que rébullition se produise. Comme l'évaporation est peu active alors, il y a peu de chaleur détruite pour la formatioe de la vapeur, et Teau s'échaulTe rapidement.

Dans les cours on fait cette expérience avec la marmite de Papin (fig. 221). Elle consiste en une chaudière en bronze .\, i parois épaisses, dans laquelle on met de l'eau; le couvercle C est pressé avec force sur Touverture par une vis V. Un orifice 0 est fermé par une soupape de sûreté, sur la tête de iaqueik

(1 Dans le cas où H est nul. l'espace est loal de suite salaréde rapear pv une vaporisation superûcielle immédiate, comme noas TaTOos tq aa débat di ce chapitre.

s'appuie un levier L portant un poids, dont la distance à l'axe lie rotation permol de itiglcr (a pression maxima , que peut sup-

povti'r lu soupapi! mins s'ouvrir. On place l'appareil sur le feu, le in<-l«l l'taul Jion conductcnr de la olialenr tout l'intérieur est à la même touipératuro, et l'eau s'écliaufle sans bouillir au-dessus de 100-. L'iituiosphère, ipii surumnte le liquide, toujours à |>euprè3 saturée 'le vapeur, ac<pii?rt une lorce élastique considérable, à t-ausi- de la rH|iidilé avec la<|uellu croit la force l'iaslique maxima de la vapeur il'eau au-dessus de 100°. Si alors on soulève le levier de la soupape de sOretti, l'orillce 0 est (ir-l^uuché, et la pression diminuant à l'iulériour de la chaii-

(lière, une violente ébullition se produit, et un puissant jelde vajieHr sort jinr l'orifice.

Ou utilise In inarintle de Papin, ou, d'une fii(;on pluâ générale, lus viises sceili's, quand on veut porter un liquide à une leinpcrttiirc supr'i'ieure ù son point d'cbullition ordinaire, làoit |>our le^ exponeuccs de chimie, soit pour les besoins t\c rii]ilu$.trif; od s'en sert, pur cxein|ile, dans l'eNtroetioiidelagi'Iatine des n^ au moyen de l'oau à 106*.

Mais rébullition e>l )>o^ sible en vast^ 010:1 si la température d'une iioriioD Je l'enceinte est maintenue plu^ basse que celle du li> quille, car f étant nlon: inférieur à F, il est pos^iUf <|ue H-j-f soit égal à F,rl.

en oliaulîant i-onvenablementle liquide, on arriven toujours à ce K'sultal.

Oh démontre dans les cours l'ébullilion en va^ clos par une e\j>érii'Dce riTt^WnW ''^'^ simple <)ue ii Pranklia.

n t-^^Hi^4M On fait bouillir do l'eau ilaiu

-,- J[HK ^^^^^^^|k "" '"*"<>'> ^ '^"ïr ^'*>l ouvert ^/-^^^^^;,^^^^|^^B- dans rnlniospluTe. et l^r*- M^pm^l^^^jl^^^nr contenu djins

,..-,. y — ^ — ci a été ù peu pK's clmsit'

par la vapeur, on fenne le '"■ *^- vaw avec un bouchon. L'é-

bullilion oeSfV aussitôt ; od roliri' ;.' l^lKin du iVni imnunliateiuent jour éviter une explosion , t'i ,i:i lo retfUrni" oonim^ le représente Is H^ire m. An prfimcr uuinu'iii !é|.ui:ilion ne >o produit |>a#. parce que tout le vas.' isi à Iji nu-iiic :<>ni[vraiure; mais, si l'on viwtl à rerreidir .tMV iv.w l'po:;);.' :i:-.vi:lW ■iVau froide le haut du ballon nue Moli-:,!.- ,l'ûii;:,:; se maniiWie aussitôt. (.Vite ébullilion peut dnivr K'!-: *,>:-,.;(,;..-.;; ^^..,f ]j v.ipeur proluite va se coitilenser

sur les parois refroidies du ballon, conformément au principe de Watt.

13. CALËFAGTION. — Lorsqu*on vient à verser une goutte d'eau sur une plaque métallique chauffée à une température supérieure i 100** mais inférieure à 140«, on constate que celle-ci bout et se vaporise très rapidement. Mais le phénomène est tout autre si la plaque est portée au rouge ou seulement à une température supérieure à 142"". Dans ce cas, la goutte d'eau déposée sur la plaque ne bout pas, et elle prend une forme sphérique, si elle est de faible volume, ou une forme plus aplatie, mais à bords arrondis, si elle est d'un volume un peu considérable, absolument comme une goutte de mercure placée sur une lame de verre. La goutte présente du reste la même instabilité, et pour pouvoir la maintenir sur la plaque il est bon que celle-ci soit légèrement concave. Malgré la haute température de la plaque, l'eau dans cet état ne s'évapore que par sa surface et avec lenteur, comme on peut le constater à la lente diminution de volume qu'elle éprouve.

M. Boutigny, qui a étudié vers 1842 ce phénomène, observé pour la première fois par Eller en 1746, lui a donné le nom de emJéfaction.

Du reste il n'y a pas que l'eau qui puisse être caléfiée, tous les liquides jouissent de la même propriété quand ils sont placés sur une surface à une température très élevée au-dessus de leur point d'ébuUition sous la pression atmosphérique. Ainsi , l'alcool , réther, l'acide sulfureux, l'acide carbonique liquide, malgré leur extrême volatilité peuvent subsister en s'évaporant à peine dans des creusets portés au rouge.

L#a température du vase métallique à partir de laquelle la caléfaction commence à se produire est, d'après les expériences de M. Boutigny, de 142*" pour l'eau, de 134° pour l'alcool de ôl^" pour l'éther, et, d'une façon générale, d'autant plus basse que le liquide est plus volatil. Quand on laisse refroidir la surface sur laquelle le liquide est caléfié, dès que sa température s'abaisse L'-dessous des limites que nous venons d'indiquer, l'ébullition produit avec une grande violence, et le liquide est réduit rapidement en vapeur.

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Ce phénomène présente-t-il une exception réelle aux lois «1 l'ébullition ? Pour répondre à cette question il faut avant Ui connaître la température du liquide caléflé.

Faraday ayant mis dans un creuset cliaufTé au rou^e un m lan(?e d'étlicr et d'acide carbonique solide, posai à la surface < globule caléflé une petite capsule de platine contenant du mercu qui se congela rapidement, indiquant que la température du gl bule, au milieu du creuset inciiudescent, était inférieure à — 4(

M. Boutigny en plaçant le réservoir d'un petit thennomét dans des globules de divers liquides caléflés, a trouvé que le température était toujours inférieure au point d^ébullition de c» liquides (*).

Ainsi le liquide ne bout pas, parce qu'il n'a pas une tempt^r ture sufUsnmment ôlevre.

Mais comment un liquide peut-il rester a une température au^i basse au milieu d'un creuset incandescent?

On trouve la raison de ce phénomène, si surprenant au premier abord, dans le fait qu'un liquide caléflé ne niouille pu:» et, par conséquent, ne touche pas le vase qui le supporte. Iit*s lorsli chaleur de celui-ci ne peut lui être transmise par voie de cooditftibilité, comme dans les circonstances ordinaires; la faible qaaotîie de chaleur, qui lui parvient du vase par voie de rayonoemari i travers la couche de vaj>eur qui l'en sépare, est détruite cooslia* ment par Tévaporation dont la surface du globule est leaiép; c'est iHiurquoi la température du Uquide ne peut s*élever jiuqnte point (rébullition.Ouand le vase se refroidit, a un certain woaeâ le liquide mouille ses parois, et immédiatement, une pM* qiumtité de clialeur lui parvenant par voie <le conductilkiittc l'ébullition se i»roduit violemment.

Le fiiit qu'un liquide calétié ne touche pas la surface ^w^ supporte est attesté par de nombreuses expériences.

.\insi en opérant sur une [)lai|ue plane, et en mainteiwul^ globule au repos par un til fixe qu'il mouille, on jioul c«i>li*^

I l.*î:'.ii.^ .u! n .!a IheriM.îuôliv èlait c<-rUiiQOinoQl supi-riearr i h *<^ raiu:*:' au ri.jiiLi à t\»u<o du rayonncmcot exercé jiar les joroii rfo *»* ' '•nutics^N îîi : 1.1 ooris.quinC'.' que nous tlroos de reUe exprri«»ct ««^ *'

VATORISATION

stl on place l'œil à une hauteur convenable, qu'il exi&le une lume

^zeuse transparente entre le globule el la surface chaude. On

même , pour rendre cette expérience visible à tout un

idiloîre , projeter, à l'aide d'une lentille, l'image du globule el

D la lame sur un écran en les éclairant vivement par derrière.

On doit à Poggendorff l'expérience suivante : dans une capsule

\ de métal C I tig. iiS) on calélie de l'eau acidulée ; un ttl métallique

f^oid F plonge au milieu du globule et communique avec l'un des l'oies d'une pile P par l'intennédiaira du lil d'un galvanomètre G; ^fi Vautre pôle part un til qui aboutit à la capsule. L'ai)^uilledugal- ''■anomètre ne dévie pas indiquant qu'il y a une interruption dans 'f circuit, et par conséquent que le liquide ne touche pas la cap- ^itle.Mais, dés ijue, par suite du refroidissement, la caléfaction cesse, on voit l'aiguille dévier vivement : ie contact s'est établi. Du reste, rien que la forme spheroïdale que prend le liquide

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caléfié montre, d'après la connaissance des phénomènes de ca|ttllarité, qu'il ne mouille pas la surface chauffée.

On doit conclure de là que les liquides qui mouillent les métaux, le verre, la porcelaine, etc., à froid, cessent de mouiller ces corps quand leur température est élevée, et se comporteat alors , au point de vue des phénomènes capillaires, comme le mercure vis-à-vis du verre et de la porcelaine. Ce fait est pleinement d'accord avec les observations de M. Wolff, qui a mootié que Tascension de ces liquides dans les tubes capillaires diminue à mesure que la température s'élève ; cette observatioi devait déjà faire supposer que pour des températures plus élevées l'ascension deviendrait nulle, et qu'il finirait par se produire une dépression, comme celle qu'on observe avec le mercure.

Les forces capillaires dans un liquide caléfié sont même telles qu'on peut très bien opérer la caléfaction sur une toile métallique chauffée : le liquide ne passe pas à travers celle-ci.

Bien phis, Perkins a vu de l'eau caléfiée dans un tube de fer porté au rouge refuser de passer à travers une petite ouverture, malgré une pression de 50 atmosphères exercée sur elle ptf l'eau d'une chaudière communiquant avec le tube (•).

La connaissance de la caléfaction permet d'expliquer mainlenant des phénomènes qui, auparavant, paraissaient bien étranges.

(1) Quand on exerce une pression pour fiûre passer un Uquide à Iravifi une petite ouverture pratiquée dans une surface qui n'est pas moitillée f celui-ci. le liquide vis-à-vis de l'ouverture prend une forme conreie tel les rayons de courbure diminuent quand la pression exercée augmeole jc^qil une certaine limite qui peut vtre très petite si rouTerture est êlroile. A nous reportant à ce qui a élé dit au paragraphe 10, on voit qo'ii «!><■> alors en (vissant de l'extérieur à l'intérieur du liquide à trarers oeite ivfttf Ci>nvexe vers l'extérieur, une brusque augmentation de force âMstà^

P = *(-ïT- — -tt) qui i^nt être considérable si « est grand éi R ti ^

iv^tits. Tant que le liquide r^hise de passer, U courbure ("5" + ']?/'^

mente avec Ki pression exerv"^ jusqu'à ce que p devienne égal i II àîO^^fg de force élastique qui existe entre rmtérieur et rexlérieur; tJùsii'Of^

U pv'ssiUlîtô de l'équilibre. PouHant conune la cooiiNire (-^ + -g)) •• n*

crv^itrv indoiinimet'.t . p a une limite maxioia. et, si Vtieès d« interieur^^ \:enl À U d- passer, le liquide s*«cliappe par roorarlttre.

tir,

Ainsi, on a vu quelquefois des chaudières à vapeur faire explosion pendant leur rerroUlissement. L'eau qui alimente les fshaudières contient des sels en dissolution (carbonate, sulfate de chaux, etc.); à mesure que l'eau s'éva|jore, ces substances se déponent contro les parois de la chaudière, et fînissent par faire un revêtement intérieur qui est fort mauvais conducteur de la chaleur. Il faut alors, pour amener à la température voulue l'eau de ces cliaudières, porter au rouge les parois métalliques da celle-ci. Supposons que, dans cet état, une portion du revêtement calcaire, assez fragile du reste, vienne à •e détacher ; l'eau •e trouve immédiatemenl en contact ivec une surface ocandescenle : la aléfaction se prouisant, il ne se irme pas plus de ipeur qu'auparaint. Maispendant refroidissement la chaudière, B que la paroi 3arriveàH0°,la ^BClion cesse ; u mouille cette i chaude, cl, luvantsubile-

porlée à une Fia.M4.

fule lerapéune ébullilion si violente se produit qu'elle peut occal'explosion de la cijaudiére.

xpërience do cours, imaginée par M. Boutigny, justifle Diécalion. Une petite bouteille métallique (ftg. 224) peut

être portée à haute température par une lampe ; on laisse tomber alors dans celle-ci quelques gouttes d*eau qui se caléfient ; od bouche fortement la bouteille, puis on éteint la lampe. Au moment où, par suite du refroidissement, la caléfaction cesse, le bouchon est violemment projeté, et un jet de vapeur sort parle goulot.

Certains faits, qui paraissent toucher au merveilleux, s'expliquent non moins aisément.

On sait que parmi les supplices imaginés au moyen âge, il en était un qui consistait à faire lécher un fer rouge an patient. Souvent, par suite du phénomène de caléfaction qui se produisait pour la salive, au contact du métal incandescent, la langue n'était pas brûlée.

Du reste, il est bien constaté aujourd'hui qu'on peut impunément plonger la main un instant dans un bain de plomb fonde, dans un jet de fonte incandescente, dans du verre en fusion sans être brûlé, surtout si Ton a pris la précaution de se moulUer b main avec un liquide volatil (eau, alcool, éther).

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