DES VAPEURS
La force élastique maxima d*une vapeur dépend non seule- ''^©nl de sa nature, mais encore, comme nous le savons, de sa ^©napérature. Les méthodes employées pour en effectuer la '^^sure diffèrent suivant les limites entre lesquelles on veut faire varier la valeur de celle-ci. On peut les classer en trois S^^upes : — 1*» Mesures aux températures ordinaires. — 2°Me8ures *^x températures inférieures a 0**. — 3° Mesures aux tempéra- ^ïires élevées.
Nous allons les étudier successivement.
^. MÉTHODE DE DALTON. — Dalton est le premier physicien ^^i ail mesuré la force élastique maxima des vapeurs.
Pour les températures ordinaires, son procédé, fort simple, ^'^sl autre que celui qui nous a servi à étudier la vaporisation dans le vide, avec quelques dispositions nécessaires pour faire varier la température au gré de l'observateur et la mesurer.
Le baromètre contenant le liquide A (*) (fig. 225) était en-
(1) Pour avoir un tube barométrique mouillé et exempt d*air, Dalton indi-
<pc de remplir le tube presque complètement de mercure, et d'achever de le
wmplir avec le liquide. Après avoir bouché Toriûce avec le doigt on fait
P^courir plusieurs fois le tube à la bulle du liquide volatil, de façon à bien
*Q*Hiiller les parois, et à ramasser les bulles d'air qui y sont adhérentes. Ceci
'^, on redresse le tube, Torifice en haut, puis on achève de le remplir avec
551 LIVHE IV. — CHAPITHE VIIl
touré par un manchon de verro M fermé dans le bas par \^ bouchon de liège que traversait le tube barométrique. On ve ^ sait dans ce manchon de l'eau à dlflérentes lei- : pératures données par un thermomètre T (')-
A l'aide de cet appareil, Dallon a dressa* d tables dans lesquelles il inscrivait, vis-à-vis de ' température indiquée par le Ihermomètre T c^'' manchon, la différence de hauteur entre la colonr^^^ de mercure du baromètre mouillé et celle d'c^ " baromètre sec B donnant la pression atmosplié- '^ rique du momL'nt. H avait ainsi pour chaque lera-;^ pérature la hauteur de la colonne mercuriolle qii**^ faisait équilibre à la force élastique de la vapeur.
Cet appareil a pemiis à Uallon de trouver les forces élastiques maxima de plusieurs vapeurs entre 32 et 150 deprés Fahrenheit (0' ei 68" centigrades). Au delà, il était difficile de maintenir suffisamment constante ta température àf: l'eau du manchon.
S DE aEGNADLT. — Les cxpéi-ienceâ de Dalton sur les forces élastiques maxima des vapeurs aux lempéraluros froides ou tiédcs ont été reprises par plusieurs expérimentateurs, et eo ^mi particulier par Hegnault. I , .; Ce dernier physicien n employé deux méthodes
un peu différentes que nous allons exposer.
pREHiÈFiE HÉTitoDE. — Cette première méthode est identique ti
da murcure. On met lo doigt sur l'oriflco et l'on relourno le lub«< «or I cuveile. Après avoir relire la doigt, le mercuri descend. La liquide ^ui mouillé les pBrois »o vaporise en partie dans U chambre et l'axcën rïM bienlit se rassombler à la surface du mercure.
(1) L'ap|iareîl qui bu trouve clans la plupart des csbioels de physique, • France, et dans lequel un même manchon entoure lu bammèlre sec cl la ban mètre mouillé n'est pas eiactemenl celui de Daliuo. Cette forme d'ipparal qui a ilà emplofée par Regnaull au début ds ses cipérîeaeea sur la fore élasU>iue des vapeurs, «si due probablement â Gay-Lussac.
eelle <le Dallon, mais les appareils employés sont plus parfaiu ; en voici la description.
Ud baromÈ-tre normal, qui reste sec, et un autre baromètre tout semblable, dans lecjuel on introduit le liquide volatil, reposent sur uiii?inémecuvpàmercureM(fig.22C). La partie supérieui-c de ces lieux baromètres est entourée par de l'eau con'enue dans une cfiisseeti toloC La face antérieure de celle-ci est munie d'une t;lace à faces bien parallèles, ce qui permet de relever, au moyen il'ua calhé tome Ire, la différence de niveau entre les deux baromètres.
On fait varier la température de l'eau contenue dans la Kît eu lu refroidissent avec des morceaux de glace, soit en '«thiiiffanl à l'aide d'une forte lampe à alcool. Un agilaleur [KTinel de i-endre celte température unifonne; elle est donnée par plusieurs thermomètres.
Lu ilifférence de niveau entre les deux baromètres représente la hauteur h de la colonne de mercure qui, à la température t de i'eau de la cuve, fait équilibre à la force élastique de la vapeur étudice, Par couséquent, la hauteur h^ du mercure à 0°, qui fait équilibre à la môme force élastique, est donnée par :
S, étant la dilatation absolue du mercure entre 0° et (". C'est cette quantité qu'on inscrit vis-à-vis de la température donnée par le thermomètre pour dresser la table. Toutefois, il faut fjiire subir à celle hauteur A^ une légère correction due à la pression très faible qu'exerce la colonne du liquide volatil à la surface du mercure du baromètre mouillé (M.
Grâce à une plus grande masse d'eau contenue dans un vase moins élevé, et grâce à l'agilatiou, Regnault obtenait une tem-
) Il Burilt de diminuer la dilTéronce du nivotiu A, eolro Ui niercures de» E baromèirea de la hauteur do la petite oolonne' liquide mullipliiio par la ■ celle du mercure.
nppon -^ da li deuilê du liquida v
pérature plus uniforme que Dalton autour du baromètre mouillé : la température était donc mieux connue. L*emploi d'une glace plane, permettant de relever au cathétomètre la différence de niveau des deux baromètres, évitait Tun desincoofénients de l'appareil de Dalton : le mancbon de verre soufflé pouvait, en effet, causer des erreurs de lecture, car ce maochoi présentait nécessairement des parties plus épaisses les unes que les autres, produisant relTet de prismes, les uns abaissant, les autres relevant les rayons lumineux.
Deuxième méthode. — Pour cette seconde métbode, Tappâreil est à peu près le même, seulement le baromètre à vapeur A communique par sa partie supérieure avec un ballon V dm demi-litre de capacité environ (fig. 226), contenu aussi à rintérietir de la cuve. Pour faire l'expérience, on introduit dans ce balloa (avant de le souder au tube barométrique) une petite ampoole de verre complètement remplie du liquide étudié bien privé d*tir. Fuis on met le ballon, et par conséquent le tube barométrique, eo communication par un branchement latéral K avec une machine pneumatique; on fait le vide et on laisse rentrer de Fair sec; par cette opération, qu'on répète plusieurs fois, on dessèche les parois du verre. Ayant fait le vide une dernière fois, aussi parfaitement que possible, on ferme à la lampe le branchejnent latéral K, pour clore Tappareil.
Le vide n'étant pas parfait, il reste une petite quantité ti'iff dont la force élastique viendra s'ajouter à celle de la vnpeor. Aussi, avant de faire éclater l'ampoule qui renferme le liquide, convient-il de déterminer la hauteur de la colonne merciuieJlf h, qui fait équilibre à la force élastique de cet air amené à 0*. en entourant de glace le ballon ; on obtient inunédiatemeot cttu quantité h^ pai* la mesure de la différence de niveau, très ft^
du reste, qui existe entre les deux baromètres.
Cette opération effectuée on provoque la rupture de Ttopot* en approchant du ballon qui la contient quelques chffc** anlents, dont le rayonnement dilate le liquide et détflnw"^" ■<rupture de sa mince enveloppe de verre. Le \ide éttttlp'*^ JV. parfait la vaporisation est immédiate, et req)ace est toBi * suite saturé de vapeur.
ne on a eu soin de prendre le ballon d'une assez grande
à, l'augmentation de volume de la masse gazeuse, qui se
par suite de la dépression du mercure, n'est qu'une
■action du volume lotal, et i) n'en résulte pour la Torco lopropreà l'air qu'une (tiiiiinution absolument insensible. Ht alors de retranclicr de la différence de niveau des iromètres, après l'avoir réduite à ce qu'elle serait (H)
568 LIVRE IV. — CHAPITRE VllI
si la température du mercure était 0*, la hauteur h de la colonne mercurielle qui ferait équilibre à la force élastique de Tair à U température du ballon (*), pour avoir la mesure (H — h) delt force élastique propre à la vapeur saturante.
Cette méthode présente sur la précédente le léger avantage de ne pas mouiller par le liquide le sommet de la colonne metcurielle du baromètre à vapeur. L'observation de la positioa du niveau devient plus facile .
Les deux méthodes ont donné les mêmes résultats.
3. CAS DES LIQUIDES TRfiS VOLATILS. — Quand aux tempéntures tièdes la force élastique maxima de la vapeur est voisioe de la pression atmosphérique, ou lui est supérieure, les dispo* sitions précédentes ne conWennent plus évidemment. Dans ce cas, au lieu d'employer un manomètre barométrique pour mesurer les forces élastiques des vapeurs, on emploie un mâoo* mètre à air libre.
Dalton se servait d'un manomètre en forme de siphon, présentant une longue branche ouverte dans l'atmosphère etao^ branche plus courte, fermée a sa partie supérieure, contenue au-dessus du mercure le liquide volatil et sa vapeur, sans mélange» d'autre gaz. On portait à une température connue crtti courte branche, et la différence de niveau entre le mercure ^ la branche ouverte et celui de la branche fermée, augmentée de la hauteur barométrique du moment, donnait la hauteur de li colonne de mercure faisant équilibre à la force élastique oisma de la vapeur.
(1^ Regnaull ne dit pas, dans son mémoire, comment U taoatt ooople^^^M^ variation de h «Tec la température I da ballon. Il est prolMbk ^"^-.^ ** ser>*aU de la formule
ik = V'I + al)
a étant le coefScient d*aagmeotaUon de pression de l'air, el i^ 1*
donnée directomenl \->ar l'expérience, que prend A à 0*.
Ou reste, ce n>$t que pour les lempéralures éloignées de 0* ^ ^ k^at peut avoir une valeur appréciable.
ult, pour le même usage, s'est servi souvent de l'appareil ité figure 227. La branche fermée a contient au-dessus îure le liquide volatil et sa
elle est raccordée par les , /", A aux deux branches brmant un manomètre à air 3s tubes a et b étant plongés cuve de l'appareil représenté ^, on introduisait par le lient gf de Tair sous une convenable. On retranchait de ur barométrique du moment ence de niveau du mercure deux branches A et J: augmenla dislance verticale, posinégativc, du mercure de la a au-dessus du mercure de he by toutes ces colonnes *lles étant auparavant ré- 0®. On avait ainsi la mesure rce élastique maxima do la ontenue en a. II fallait, bien
s'assurer qu'il y avait vola-
du liquide, avant de procès mesures, ce qu'on pouours obtenir en diminuant sufllsammenl la pression.
URE DE LA FORCE ÉLASTIQUE MAXIMA AU-DESSOUS DE C'est à Gay-Lussac que sont dues les premières mêla force élastique maxima de la vapeur d'eau au-dessous
FiG. iâ7.
servi pour cela de la méthode de Dalton un peu modifiée. h vapeur A ifig. 228) se recourbe à son extrémité supé- I peu au-d(^ssous de Thorizontal, et la partie recourbée a ans un mélange réfrigérant.
introduit dans ce baromètre un liquide, d'après le prinvVatt, celui-ci passe par distillation de la partie chaude rtie froide a ; la distillation achevée, la force élastique
de la vapeur est exactement égale à la force élastique maxina coiTespondant à la plus basse température, c'est-à-dire à celle
du mélange rëfrigérant donnée par un thermomètre T.
Vis-à-vis de rindication de celui-ci, il n*y a qu'à inscrire la difTérence de niveau entre les deux branches A e( ■ B (réduite à 0*) pour dresser la table.
Gav-Lussac relevait celte différence de niveau avec une petite lunette horizontale L, pour\*ue d'un réticule et pouviint se fixer à diverses liaaleurs sur une règle graduée R verticale. C'était, en gt.>nne,!e cathétomètre, que Duloug el Petit ont employé les premiers sous sa forme actuelle.
Le seul défaut qu'on puisse r«*procher aux exjHTiences de Gay-Lussac est Temploi d'un mélange réfrigérant |»dteui ■ formé de glace jiilée et «ie M*l >, dont la température «lifTên l^rfois notablement d'unfMÙnt à un autre. On ne |K>uvait 'inu:
pas èlre assuré que la teinpértt'.ire iudiquèe j»ar le thermomètre T fût celle de la brandie «. qui! im^K^rtâit lie connaître.
Htynault a repr:> les exjvrienw^es de Gay-Lussac, mais en eir.ployanî v.n nîolaii^^ réfri{^^^a:lt liquide formé de chlorure de oaîoium hy.iralé ot lîe neige : en ajoutant de temps en temps, soi: i::-s fra^îuor.ts -îi^ ^îai?e. s-Mt des cristaux de chlorun^ de oa!*-u:v., e:: e:i ab*ii>>Aii ia temj-^rature : l'agitation permettait de ren.irt^ oor.tM'i !îni:':r:i:e. C*e<t .lansce l»ain [êç. 2iï»- qn'«>n ploDgx^aii îe hiîloiî V .:o la: : a:x\I lîévrrit au paragraplie préi'éiieut:
ce ballon communiquait par un long tube CD avec le baromètre A. Los baromètres A et B, du reste, étaient simplement placés sur une planchette.
La manière d'opérer était exactement la même que dans le deuxième mode d'expérimentation décrit
Faisons remarquer, que dans le cas de l'eau, la vapeur émise alors provient non du liquide, mais de la glace qui se forme dans la partie plongée au milieu du mélange réfrigérant.
5. HESDRE DES FORCES ILASTIQDES NUIIIA 1 HAUTE TEHPÉRATDRE. — La connaissance de la force élastique maxima de la vapeur d'eau aux températures élevées est d'une grande importance, à cause des machines à vapeur. Aussi son étude a-l-elle été le sujet de nombreux travaux. Dation, Arzberger, Dulong et Arago,... enfin Re- " '
grmult se sont successivement occupés de ce sujet.
Nous ne saurions passer complètement sous silence le remarquable travail de Dulong et Arago, entrepris sur la demande e par le gouvernement à l'Académie des sciences (*).
(1) Le m^Dioira d'Arago «t Dulong a élA pNa«nlé â l'Académie des scieacei le 30 novembre 18!i9 ; c'eit ce laéma miroulro qui contient leur travail sur la TériQcalian de la loi de MarioUe.
Voici, en quelques mots, la méthode employée par ces illuslres physiciens. Une chaudière à vapeur, à parois épaisses et possédant une soupape de sûreté, communiquait avec le manomètre i air comprimé qu'ils avaient étudié en vérifiant la loi de Manette. On commençait par chasser l'air contenu à la partie supérieure de la chaudière au moyen de rébullition, la soupape de sûreté étant ouverte; puis celle-ci était fermée et convenablemeni chargée. On mesurait alors la force élastique de la vapeur d'eau saturante à l'aide du manomètre et la température correspondante avec des thermomètres. Ceux-ci ne plongeaient pis directement dans la chaudière, car, sous les hautes pressions, les réservoirs auraient été comprimés et les indications faussées ; ils étaient contenus dans des tubes de fer verticaux fermés par le bas et placés dans la chaudière (Fun desceodail jusque dans l'eau, Tautre s'arrêtait dans la vapeur); ces tubes renfermaient du mercure pour établir une bonne conductibilité calorifique.
Ils obtinrent ainsi la valeur de la force élastique maxima de la vapeur d'eau, jusqu'à la température de 224*, pour laquelle cette force élastique devient égale à 24 atmosphères.
Leurs résultats, beaucoup plus précis que ceux de Daltoo e* do Arzberger, étaient pleinement suffisants pour la pratique des machines à vapeur.
Pourtant la méthode qu'ils ont employée n'est ï)as à l'abri de tout ivproolie : la partie de l'appareil qui renfermait la \7ipear tétant à la même température que le reste de la chaudière, IVbullition n'avait pas lieu. Dès lors, la température et, par cùoséquont, la torco élastique de la vapeur ne demeuraient pas sO* tionnaires. Or. quand la temf»éralure varie, les indications d'un thormomèliv s^^nt toujours en relard. Pour obvier autant que possible à cet iaoonvénieut, Arago et Dulong, après avoir cbinflf la chaudière, la laiss«ùent un j»eu refrcàdir, et ils saisissaient, pour lairc 1 obser>ation simultanée -:e la force élastique et «le la leal'craiurt\ le momont où celle -ci. («assiint jiar un maximum, re»" îaiî à • ;\i * r- s s:a::ou:îairt^ ;e::.ùint quelques instants.
Kn ; ::r\ . ;\ ::.•!:: diii: ir.An.mîHre à air comprimé, •! ont !• sou>:l::.:;^ divr.r. v:v.:t:. l Ià f^rvv élastique augmente, et cehw vîo :îur.v.::..i:r\s ;\ ::.iro.r-\ :.;: ixmonl une tempérttujr^ lû*^
(léflriie, ne permirenl pas une très grande précision dans ces mesures (').
Aussi RegnauU, renonçant au proci'di! d'Arago el Dniong pour éUtdiop la même question, reprit en 18i3 ('i la méthode (fébuUitioB imaginée et déjà employée par Dallon (voir Chnp. VII, g Il a, tlii reste, prorondément modifié la disposition expt^rimenlale *ïu physicien anglais, et a introduit dans la méthode des perfec- •-lonnemonls dont les travaux d'Arago et Dulong et ses propres expiïriences lui avaient montré l'utilité. Comme pour lous les sujets dont il s'est occupé, les expériences de cet liabrle expé- ''■uientaleur sont d'une telle précision qu'elles doivent servir de ''lOiJL-le : aussi les rapportons-nous avec (juelipies détails.
Ï^Risape DE LA MÉTHODE. — Le liipiide étudié est porté à l'ébul- ■•tiou dans un vase clos, sous une pression qui se maintient ■constante par suite de la condensïition continuelle de la vapoui" Denise. Celle pression est donnée par un manomi'tre de précision ot» comme nous l'avons vu (Chap. VII, g 8), elle fait exactement S^uilibre ft la force élastique maxima de la vapeur du liquide, ï>oMr Is température constante aussi que possède celle-ci pendant l'*?bulliiion.
l-.'opërateur, en augmentant ou en diminuant à son gré la force '■'islique de l'atmosphère arlîUcielle qui surmonte le liquide, fait •fier ce point d'ébuUition. On peut ainsi dresser une table de ' * force élastique maxima de la vapeur, depuis la température •jftiinaire jusqu'aux températures les plus élevées, puisqu'il suf- **' «iiuscrire, vis-à-vis de la lempéralure de la vapeur du liquide **°uillanl, la force élastique indiquée par le manomèlre.
^ '■) C« qui prouve la juslesee de cc9 critiquas, qui oui été tailts par r^KOiali, c'eit qu'une commission amêriciLoe relit, en 1830, le travail d'Arago ^j^ V>long en aaivnnl exaclemont ta méthode des phj'aicieas fraDcais, el ar- ^, ** à dr* résultats notablemeot dirfércnls surtout pour les températures JT" ^**. L.t discordance paraît tenir principalement aux indicBliuns dissem- ^^"'«s de tbermomèlrea h mercure formés de vorpea différeola,
' -A lu même époque Magnua, en Allemagne, mesureit la force élastique ^l^iittu rlr la vapeur d'eau entre — 20- el + 115" par un procédé loU( ■'It-f-wiil de celui employé par Rognaull, mais suîceplible aussi d'une grande ','""*'''n. Ses résullils sont parfailemont d'accord avec ttux du physicien
664 LIVRE IV. — CHAPITRE VIIl
Description de l'appareil. — L'appareil qui a servi i VéVak de le vapeur d'eau se compose d'une chaudière en cui^Te rougeA (lig. 280) destinée à faire bouillir le liquide. Des tubes enbt
verticaux c et d, partant do la partie supérieure de la chindi^ plongent soit dans la vapeur, soit dans le liquide même; ûstc^ fermée par le bas, contiennent du mercure et servent à \oftt ki réservoirs des thermomèli'es t comme dans l'appareil d'Anf* et Dulonf^. La chaudière communique par un lube TT, indiof* son côté, avec un grand réservoir métallique B renferaunl ^ l'air qu'on raréfie ou comprime par le conduit i robinet U*' l'aide d'une machine pneumatique ou d'une pompe de
sion. Ce réservoir est entouré d'eau froide pour éviter les variations de température de Tair qu'il renferme; ces variations entraîneraient un changement de force élastique de l'atmosphère qui surmonte le liquide bouillant, et par suite modifieraient le point d'ébullition.
Le tube TT' est entouré d'un manchon M dans lequel circule constamment un courant d'eau froide, entrant par C et sortant par E, pour condenser les vapeurs émises. Les goutteleltes qui proviennent de la condensation retombent dans la chaudière, qui conserve toujours ainsi la même quantité de liquide.
Enfin un manomètre barométrique, pour les pressions plus faibles que celle de l'atmosphère, ou un manomètre à air libre Pt Qf ^t pou^ ^^s pressions plus élevées, communique avec le réservoir B, afln de mesurer la force élastique de l'air qu'il renferme.
Dans les expériences faites sous des pressions très élevées, Tappareil employé ne différa de celui qui est représenté sur la fleure que par ses dimensions plus grandes, et par l'épaisseur plus considérable des parois de la chaudière et du réservoir. Les thermomètres étaient complètement plongés dans les tubes pour éviter les corrections nécessaires quand la tige n*est pas à ta in6me température que le réservoir. Enfin, Regnault se servait, fbMHir mesurer la force élastique, du grand manomètre à air libre ^IjpiMl avait employé dans l'étude de la loi de la compressibilité des gaz.
Pour les liquides autres que Teau, l'appareil ne différa du précédent que par quelques perfectionnements de détail.
Marche des expériences. — On commençait par raréfier l'air contenu dans le réservoir B ; on fermait le robinet R pour clore Tappareil, et Ton chauffait le liquide contenu dans la chaudière. Les thermomètres montaient d'abord, puis devenaient fixes; en même temps on entendait bouillir le liquide, et la température testait parfaitement stationnaire aussi longtemps qu'on le désirait. Au bout de quelques instants on relevait les indications constantes des thermomètres et de l'appareil manométrique.
On augmentait ensuite la pression, soit en laissant rentrer de Pair, soit en le comprimant à l'aide d'une pompe par le tube LK. l»*ébullition cessait alors, la température du liquide s'élevait.
666 LIVRE IV. — CHAPIÏ
putsquB la chaleur communiquée ô la cliaudièro n'était plus d('truile par une vaporisalion active, puis la colonne Ihermoinétrique devenait fixe de nouveau, el le liquide recommençait i bouillir. On procédait alors aux mêmes mesures que ci-dessus, et l'on poursuivait ainsi l'expérience jusqu'aux pressions les plus élevées qu'on pouvait atteindre.
Ajouloos que les thermomètres à mercure étaient tous con- Klruits en cristal; il avaient ét^ comparés avec soin au thermt^ mètre à air, et Regnault a conservé dans les tables qu'il i construites la température définie par ce dernier instrument.
Il va sans diro que toutes les mesures manométriques subissaient les corrections que nous avons indiquées à propos de 11 vérillcation de la loi de Mariolte (Liv. III. Cliap. III, g 9).
6. RÉSULTATS. — Nous nous bornerons a rapporter les résultats obtenus par Regnault, qui sont les plus étendus el ceux qui méritent le plus de conflanue.
Pour coordonner les données Tournies par plus de mille expériences faites par tes divers procédés que nous venons d'indiquer, Regnault a employé la méthode graphique et a opér^ exactement comme nous l'avons décrit (Chap. Hl, g 2) à propos de la dilatation du mercure.
Les courbes obtenues doivent remplacer maintenant l'ensemble des expériences, puisqu'elles présentent l'avantage de corriger eo partie les erreurs inévitables de celles-ci.
La force élastique maxima est ainsi une fonction empiriquement connue de la température.
Regnault a voulu ensuite représenter cette fonction par une formule plus commode à employer que la courbe elle-même.
Or, dans l'ignorance où l'on est encore actuellement de l'expression mathématique exat'te de cctle fonction, c'esl-Â-dire do la loi qui relie les forces élastiques niaxima aux températnres, Regnault a essayé les diverses formules empiriques qui s%'aient été proposées dans ce but, pour trouver celle qui repr^senlait le mieux la courbe obtenue par ses expériences.
Il E^'cst arrêté à une formule indiquée par Biot et que Toici ;
(I) LogF = fl-i-K' + cIi'
laquelle Log F représente le logarithme vulgaire de la
forc^ élastique maxima de la vapeur pour la température t
doonée par le thermomètre à air, et où a, fc, c, a,, p sont cinq
coeflHcients qu*on détermine par la condition que la courbe
j^pf^sentée par la formule (1) passe par cinq points du tracé gra-
pliicf tje résumant les expériences.
Nous ferons remarquer que, suivant Tunité adoptée pour mesurer la force élastique, le coefficient a doit varier, tandis que les autres coefficients doivent conserver la même valeur. Car pour avoir les nombres qui mesurent les forces élastiques avec une autre unité, il faut multiplier les valeurs qui expriment F avec la première unité par une même constante, ce qui revient à ajouter le log^arithme de celte constante à Log F, et par conséquent à fDodifier seulement la constante a.
Nous donnons ici les valeurs de ces cinq coefficients pour les liquides étudiés par Regnault. Le coefficient a est donné dans deux colonnes. Avec les nombres de la première, F représente la hauteur en centimètres de la colonne de mercure à 0°, qui à Paris fait équilibre à la force élastique maxima de la vapeur. Avec les nombres de la seconde colonne, F est exprimé en atmosphère C.G.S (c'est-à-dire en prenant pour unité de force élastique celle qui exerce la pression d*un million de dynes par centimètre carré) (*). Par conséquent, en cgoutant 6 aux nombres de celte colonne on aura F exprimé en unités C.G.S (pression d'une dyne par centimètre carré).
(f) Rappelons qu'une atmosphère C.G.S. exerce par centimètre carré une
pre«8ion égale au poids que possède à Pari^^ 1,01941 kilogramme. L'atmos-
pfaère C.G.S ne diffère donc pas de r—L de la pression d'un kilogramme par cen-
timèire carré, qui est runité adoptée depuis longtemps par les mécaniciens
pour évalaer les forces élastiques de la vapeur des chaudières. Or comme
pour la pratique une différence de •—-. est négligeable, on voit que ratmos-
phère C.G.S est précisément Tunité pratique.
ce
H C cd r
Cfi
tn