‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 142 sur 211 · POTENTIEL EN UN POINT DE L'AIK · texte numérisé non relu

POTENTIEL EN UN POINT DE L'AIK

contact avec MN; mais, dès que Tappareil est en expérience à Tair libre, on voit Taiguille AB dévier (l*un angle d'autant plus grand que le potentiel V, au point P de l'atmosphère où se termine la pointe, est lui-même plus élevé.

A ces appareils imparfaits on substitue aujourd'hui l'électromètre à quadrants ou l'électromètre à longue échelle de Sir W. Thomson. On se borne le plus souvent à mettre les deux paires de quadrants ou les deux poteaux de l'appareil en communication respectivement avec le sol et avec une pointe métallique portée par un màt plus ou moins élevé sur lequel on la déplace à volonté ; mais l'usage d'une pointe ne peu t plus être considéré comme absolument correct. Nous savons, en effet, que l'électricité ne s'échappe parles pointes qu'à partir d'une certaine valeur minimum de la pression électrostatique, c'està-dire qu'il subsiste toujours entre la pointe et la région de Tatmosphère qui l'avoisinc une certaine différence de potentiel minimum d'autant plus faible que la pointe est plus effilée, mais toujours assez considérable par rapport à la sensibilité des instruments de mesure.

On obtient des résultats plus corrects en substituant à une pointe un long tube métallique par l'extrémité duquel un liquide conducteur, de l'eau ordinaire par exemple, s'écoule goutte à goutte. Chaque goutte, à l'instant où elle se forme, se charge d'une quantité déterminée d'électricité qu'elle emporte au loin en se détachant, tandis qu'une quantité égale d'électricité de nom contraire demeure sur le conducteur en relation avec le tube et rapproche son potentiel de celui du point P où se forment les gouttes (^).

(*) Soient R le ra^'oa d'une goutte, M sa charge, V„ le potentiel du conducteur après l'écoulement de la /i^*"* goutte, V, son potentiel initial, G sa capacité, V le potentiel de Tair en P. On trouve aisément que

v.= v„- ï ,v.(.-D)VvJ[(,- »)-V(,- i)" .,].

Quand n croit indéfiniment, le premier terme du second membre a pour limite o, le second a pour limite

Ce procédé offre l'inconvénient de ne pas donner de résullais immédiats. D'après M. Pellat (*), ce n'est qu'au bout de plusieurs minutes qu'on peut considérer l'équilibre électrique comme établi par l'écoulement; par suite, dans le cas de variations rapides du potentiel de l'air, le potentiel mesuré esi toujours en retard par rapport au potentiel vrai, et quelquesunes des variations de ce dernier peuvent se trouver absolument masquées.

On a proposé de substituer à Taction d'une pointe celle d'une llamme (*), laquelle produit un écoulement de gaz bien plus rapide et, partant, plus efficace. Sir W. Thomson emploie des mèches formées de papier roulé imprégné d'azote de plomb; ces mèches ne s'éteignent pas à l'air, et leur combustion est assez lente pour qu'il ne soit pas nécessaire de les renouveler trop souvent. xMais, d'après M. Pellat ('), leur combustion développe une force électromolrice propre asseï considérable dont il est difficile de tenir compte. De plus, l'égalisation apparente des polenlicls est encore plus lente à s'établir qu'avec un écoulement d'eau. Un bec métallique, à l'extrémité duquel brûle en veilleuse de l'hydrogène ou do gaz d'éclairage, ne développe qu'une force électromolrice prcs^iuc insignifiant 0, el fournirait dos indications assez rapides. Mais (0 procédé no ])i\raît |)as susceptible d'être cmplové on plein air.

Ouel (pie soil régalisaleur de ]K)lonliei, fianinio, pointe ou tube à ocoulonionl d'oau, los roninuinications avec l'élcctronièlro, C)rdinaironion! réloclromotre à quadrants, sont toujours ôtal)li(îs (le la inouK^ inaniore, dans les observatoires mélo()rolo^i(iuos.

Un papier pliol()gra[)hiquo déplacé par un mouvemcnl d'horlogerio, noiinalonionl au plan d'oscillation de l'aiguille, roroil l'impression do la tache lumineuse réflochie par le miroir concave do roloctroniètro, ol fournit un tracé continu sur lequel on pourra étudier à loisir los variations du potentiel (le l'air.

P) I*F.LLAT, Leçons sur rhlcctricitCy p. 333. Paris, iS»jm.

{*■ ) C.o procrdê a <}t(* imaginé par>"t)lla.

(') PtLLAT, Leçons sur rL'lcctricite, p. 33(1.

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