‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 182 sur 211 · TÉLÉGRAPHE DE MORSE · texte numérisé non relu

TÉLÉGRAPHE DE MORSE

par une molette M dont le contour est toujours chargé d*encre ^asse par un tambour T, et contre laquelle il suffit que le papier soit légèrement appuyé par le mouvement de la palette de l'électro-aimant.

Les signaux du télégraphe de Morse se composent de points et de traits. Une émission de courant très courte ne produit qu'un contact instantané entre le papier et la molette, par suite qu'une tache d'encre très courte : c'est un point. Une émission plus longue prolonge le contact du papier mobile sur la molette, et, au lieu d'un point, c'est un trait qui s'imprime. Les diverses émissions de courant nécessaires pour représenter une lettre sont très rapprochées. On espace davantage l'intervalle qui sépare une lettre d'une autre, et davantage encore celui qui sépare deux mots consécutifs. Nous reproduisons ici l'alphabet du télégraphe de Morse.

Lettres.

Signes.

Lettres.

Signes.

wmmwmm ■ ■■ ■■

wmmwmmwmmm

eh

■la

mmmwmm

mwmmwmm

MiHIHB

wmmwmmmm

Iffree

Signes.

Chiffres.

Signes.

J. et B., IV, 4'« Applications, (i* éd., 1891.)

i62* APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ.

TÉLÉGRAPHE DIPBIMEUR. — Le télégraphe imprimeur, Imaginé par M. Hughes, se fonde sur l'emploi de deux mouvements de rotation synchrones, produits au poste manipulateur et au poste récepteur. Deux roues portant les diverses lettres ou types de Talphahet, en relief sur leur circonférence, sont mues par des mouvements d'horlogerie, parfaitement réglés, de manière que la même lettre passe toujours simultanément par la verticale correspondant à Taxe de rotation des deux roues des types. La manipulation consiste à arrêter les deux roues quand la lettre que Ton veut transmettre passe à la verticale. La réception consiste dans rimpressioo automatique de celte lettre sur une hande de papier déroulée par un mouvement d'horlogerie ; elle s'effectue à la fois aux deux postes, ce qui permet de contrôler l'exactitude de la transmission.

Le manipulateur consiste essentiellement en un clavier sur les touches duquel sont gravés les types. Chaque touche, «n s'abaissant, soulève une tige métallique en communication avec la pile. Ces liges sont rangées en cercle autour d'un axe vertical 0, qui tourne d'un mouvement uniforme identique à celui de la roue des types et qui communique avec la ligne. Quand on abaisse la touche P, par exemple, un bras conducteur D, porté par l'axe 0, frùle au passag»' contre rextréniilé de la lij^e P soulevée, et le courant passe dans la lif^ne pendant une durée égale à celle du conlaci. Deux éleclro-aimanls, animés par le courant à chacun des postes, déclenchent brusquement un ressort qui appuie la bande de papier réceptrice sur la roue des types; la lettre P, qui se trouve sur la verticale aux deux postes, se trouve ainsi imprimée. \]\\ employé exercé peut imprimer au moins ciin] lettres par seconde.

TÉLÉGRAPHIE MULTIPLE. — Quelque rapide que soit celle manipulation, elle ne permet pas d'épuiser le pouvoir de iransmission d'un lil télégrapbique. Une émission du courant durant -^J^ de seconde suffit pour transmettre un signal dislinct sur une ligne terrestre de longueur moyenne, et il est évident que l'employé exercé dont nous parlions tout à l'heure n'a besoin d'avoir le fil à sa disposition que cinq fois par

TÉLÉGRAPHIE MULTIPLE. i63*

seconde, pendant yj^ de seconde à chaque fois. Dans Tintervalle, dix-neuf autres employés pourraient manipuler sur le même 01, mis à leur disposition pendant une durée égale, et vingt dépêches seraient transmises à la fois. La seule difficulté consiste à empêcher la confusion des signaux appartenant à des dépêches différentes; on y parvient grâce à deux distributeurs (*) tournant synchroniquement au poste manipulateur et au poste récepteur. Ce sont, en principe, des roues dont Taxe est en communication permanente avec le fil de ligne et qui portent un bras frôlant à chaque rotation sur un nombre de tiges égal à celui des appareils distincts, manipulateurs ou récepteurs. Supposons qu'il y en ail cinq et que le distributeur fasse cinq tours par seconde. Pendant le premier cinquième de seconde, les cinq appareils manipulateurs ont tous communiqué avec la ligne par l'intermédiaire du distributeur et de la tige correspondante, et chaque employé a pu imprimer une lettre; il suffît, pour cela, qu'il appuie régulièrement pendant un cinquième de seconde sur chaque touche dont il veut faire usage. Grâce au synchronisme des distributeurs, ce sera toujours le même appareil récepteur qui imprimera les caractères appartenant à une même dépêche.

Pour envoyer en sens contraire deux dépêches simultanées, on peut avoir recours à un principe tout différent et se fonder sur les propriétés des circuits dérivés : c'est ce qu'on appelle la télégraphie duplex.

Le manipulateur M {fig* 66) est en communication d'une part avec la pile P, d'autre part avec un circuit bifurqué OBA. Le 01 OA retourne à la terre en S, le fil OB communique à la ligne, enfin le récepteur R est à cheval sur OA et OB par le fil BA. Si les résistances des fils OA, OB, AS et celles de la ligne ont été choisies telles que le potentiel provenant de la pile P ait la même valeur en A et B, le récepteur R ne sera traversé par aucun courant ayant son origine dans le travail du manipulateur M. Au contraire, ce récepteur pariera sous l'influence des courants venant de la ligne, c'est-

(•) Télégraphe Baudot.

a-dire des courants envoyés par le manipulateur M' du poste opposé.

Il peut arriver que deux émissions de sens contraires coïncident en intensité et en durée, de manière que la ligne L ne reçoive aucun courant; les signaux seront cependant inscrits

Fig. 60.

par le récepteur auquel ils sont destinés; mais c'est alors de Télectricité empruntée à la pile P qui, grâce à la rupture d'équilibre produite par le manipulateur M', traverse le récepteur Il et réciproquement.

TÉLÉGRAPHIE SOUS-MARINE. — L'un des progrès les plus importaiils (lu'ail réalisés la Télégraphie consiste dans remploi des procédés élégants, à l'aide desquels MM. W. Thomson et Varley ont rendu pratique la Télégraphie sous-marine. On munissait priniilivemcnt les cables de très fortes piles, et l'on n'obtenait ainsi que des signaux confus et souvent indéchiiïrables. Il est aisé do s'en rendre compte en remarquant qu'un cable télégraphique est un condensateurà très large surface, dont le fil conducteur forme l'armature interne et Teau de mer l'armature externe, et qu'à chaque émission réiectricilé fournie par la pile doit d'abord charger le cable avant de se perdre dans le sol à travers les spires de l'électro-aimant récepteur. Il en résulte que, quand on établit le courant au poste expéditeur, le courant reçu à la station opposée est d'abord excessivement faible et n'atteint qu'au bout d'un temps très long (huit secondes pour le câble transatlantique) l'intensité suffisante pour provoquer l'impression d'un trait

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