THÉORIE ÉLECTROMAGNÉTIQUE DE LA LUMIÈRE
Hypothèse du déplacement électrique. — Propriétés du déplacement électrique. — Actions électromagnétiques et induclion dans les diélectriques. - Équations du champ magnétique. - Équations des courants. -- Cas des diélectriques. — Propagation des ondulations dans un diélectrique. — Vitesse de propagation de la lumière. — Relation entre la constante diélectrique et Tindico de réfraction. (Las des corps conducteurs. - Loi de l'absorption do la lumière. - Essais de théorie de la polarisation rotatoire magnétique.
Hypothèses de Grotthuss et de Clausius relatives à Télectrolyse.
Pour expliquer les phénomènes électriques et magnétiques, nous avons eu recours à la conception d'actions exercées à distance par les molécules de fluides électriques imaginaires. Nous avons interprété les phénomènes lumineux à Taide des vibrations d*un milieu élastique continu, i'éther, qui pénèiro tous les corps et remplit Tespace vide de matière. D'ailleurs, l'expérience de la rotation électromagnétique du plan de polarisation de la lumière nous a révélé rexistence d'une relation entre les phénomènes électromagnétiques et lumineux : il est donc naturel de chercher si les deux sortes de phénomènes ne seraient pas susceptibles d'une interprétation commune : c'est ce qu'a tenté Maxwell (*).
HYPOTHESE DU DÉPLACEIIEHT ÉLECTRIdUE. — La caractéristique des théories de Maxwell est le rôle prépondérant qu'y jouent
(•) Maxwell, A Treutùte on elcctricity and ma^netisni. Voir aussi les Notes de M. Potier dans la traduction française de cet Ouvrage.
•2o6* THÉORIES GÉNÉRALES.
les diélectriques. Voici les termes dans lesquels ce savant énonce son hypothèse fondamenlale à leur égard (').
« La polarisation électrique d'une partie élémentaire d'un diélectrique consiste en un étal contraint dans lequel le milieu se trouve amené par Taclion d'une force électromotrice, et qui disparaît quand cette force est supprimée. Nous pouvons concevoir que cet état consiste dans ce que nous appellerons un déplacement électrique produit par la force électromotrice. Quand une force éiectromotrice agit sur un milieu conducteur, elle produit un courant à travers sa masse; mais si le milieu est un non-conducteur ou diélectrique, le courant ne peut s'écouler à travers le milieu, et Télectricité est déplacée à l'intérieur du milieu dans la direction de la force électromotrice; la grandeur de ce déplacement dépend delà grandeur de la force électromotrice, de telle sorte que, quand la force électromotrice augmente ou diminue, le déplacement électrique augmente ou diminue dans le même rapport.
» La grandeur du déplacement est mesurée par la quantité d'électricité qui traverse l'unité de surface, quand le déplacement croît depuis zéro jusqu'à sa valeur actuelle.
» L'analogie entre l'aclion de la force électromotrice pour produire le dôpiacenioiil et l'action de la force mécanique ordinaire pour produiie le dc|)laconienl d'un cor[)s élasti(|ue esl si parfaite (lue j'ai proposé d'aj^peler le rapport de la Ibrce électronioti'ice au déplacenieni électrique correspondant le coefjicient d'rlasticitc électrique du milieu. Ce eoeiricienl est diiïéronl dans les (liiïérenls inilioux et varie en raison inverse de la capacité s|)écirKïue iiKliictive de cliaijue milieu.
» L(»s variations du déplacement élcclricjue constituent évidemment des courants électiiipies. Cependant ces courants ne peuvent exister (jiie pendant la durée du (lé[>lacement, et alors, puiscjue le déplacement ne peut excéder U!ie certaine valeur sans produire la décliar^^e disruptive, ces courants ne peuvent se continuer intléiiniment dans la même direction, comme les courants à travers les conducteurs. . . .
» Quoi que puisse être r électricité et quelque chose (pi' il faille entendre par niouve/nent de rélectricité, le phénonicne
( ') Lor. cit., p. r»o t'I (»'|.