‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 98 sur 211 · EXPÉRIENCES DE JAMIN · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DE JAMIN

forment en solénoïdes fermés qui n'ont plus d'action à l'exlcrieur. De là le nom d'aimants méf^apolaives pour les aimants longs, brachy polaires pour les aimants courts, niélripolaires pour ceux dont la longueur est juste suffisante sans être excessive.

Pour justifier ces vues, Jamin a fait entre autres les expériences suivantes : i® il prend trois lames d'acier mégapolaires aimantées à saturation {fif^. 209). Leurs sections

Fig. 209.

moyennes et leurs longueurs sont égales, mais leurs formes ' sont différentes : Tune est rectangulaire, la seconde est taillée eo losange comme une aiguille de boussole, la troisième -Vélargît en éventail de part et d'autre de la section moyenne. La densité magnétique superficielle croissait jusqu'au bout dans le losange, augmentait d'abord pour diminuer ensuite dans le double éventail, variait dans le rectangle d'une manière intermédiaire ; mais la quantité totale de magnétisme 4lail très sensiblement la même dans les trois aimants.

3* Jamiji prend un aimant mégapolaire, il en diminue la «eciion moyenne à la lime, et coupe ainsi en leur milieu un «erlain nombre de solénoïdes. Un point conséquent apparaît ^Mn milieu de l'aimant : les aimants partiels, qu'on peut ainsi -«apposer détachés de la masse, peuvent devenir bracbypoiaires, et alors la quantité de magnétisme libre aux extrémités diminue; mais, si Taimant est très long, cette diminution sera trop p^u sensible pour pouvoir être constatée. Quant au

moment magnétique, il diminue évidemment dans un rapport plus considérable.

3<* On adapte aux extrémités de deux aimants de mènie nature, Tun mégapolaire, Taulre brachypolaire, des a^D^ tures de fer doux. Celles-ci s*aimantent par influence, etToa constate que les ({uanlités de magnétisme libre demeurent invariables; le fer doux ne sert en effet qu'à prolonger les solénoïdes qui passent à travers la section de l'aimant. Mais, si Ton réaimante les barreaux munis de leurs armatures, ils deviennent mégapolaires l'un et l'autre, caria surface supplémentaire fournie par l'armature permet aux solénoîdes embrassés par la section de l'aimant, primitivement brachypolairr. de s'épanouir sans se rejoindre.

4° Un aimant en fer à cbeval ne prend pas, par l'applicatico d'un contact de fer doux, une quantité de magnétisme plas grande. Les solénoïdes embrassés par la section moyeime sont seulement déviés par Tinduence : la plupart d'entre em se cbangent en solénoïdes fermés h travers le contact. Mais» si l'on réaimante quand le contact est en place, celui-ci produit le môme effet que feraient deux armatures infinies appliquées une à cbaque pôle, et Taimant en fer à cheval de^iert néccssaircniont mégapolaire. La quantité de magnétisme produite par raimanlalion est donc augmentée par le contact. Si l'on vient à l'arracher, les polos des solénoïdes, rendus libres, s'épanouisscMït sur raimarit, d'autres se ferment sureux-inémes et l'aimantation retourne sensiblement à ce qu'elle aurait été sans le secours du contact.

.>'> Quand on réunit en faisceau des lames qui, séparénienli sont niégapolaires, on réduit la surface totale par la sufH prcssion des surfaces inlerinédiaires, et l'aimant ne tardepas à devenir brachypolaire. A partir de ce moment, la quantité (le magnétisme du faisceau deviendra inférieure à la sonifl»' des (juanlilés magnétiques des lames dont il est formé.

ÉTUDE DES LIMES MINCES ET DES FAISCEAUX. — Jamin a trooré. par la méthode du contact d'épreuve, que la dislribuliofl<l> magnétisme dans une lame mince rectangulaire de longo^"'-^ infinie peut être représentée par la formule W^

(I) y -.Yh-'\

Page 1