‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 5)Chapitre 136 sur 185 · CHAPELETS CAPILLAIRES · texte numérisé non relu

CHAPELETS CAPILLAIRES

mités avec une enceinte vide; on ferme l'autre extrémité avec le doigt recouvert d'un linge mouillé que Ton soulève légèrement un certain nombre de fois jusqu'à ce que la rentrée des index liquides s'arrête.

Quand on exerce une pression à l'une des extrémités d'un chapelet de bulles ou d'index liquides, les premiers index seuls se déplacent jusqu'à un rang m proportionnel à l'excès de pression. On a pu, avec un chapelet dont les éléments étaient assez fins et assez nombreux, conserver une pression de 3*'™ pendant quinze jours, sans remarquer le moindre déplacement dans le liquide. Le même appareil, mastiqué au sommet d'un baromètre, a gardé un vide tel, que le mercure se maintenait absolument comme si le sommet était parfaitement fermé.

On s'explique le jeu de ces chapelets capillaires en admettant que l'angle de raccordement au contact du liquide et du tube imparfaitement mouillé ne conserve pas une valeur constante à la face antérieure et postérieure d'un même index; les deux surfaces terminales prennent donc, sous l'effet de la pression tansmise, des courbures différentes, et par conséquent la pression de l'air sur les deux faces d'un même inde^ est différente. La diminution de pression produite par les index successifs s'ajoute, et, toutes choses égales d'ailleurs, sera proportionnelle au nombre des index, comme l'expérience l'a établi.

Si le tube, au lieu d'être cylindrique, présente des étranglements et des dilatations, les propriétés précédentes sont considérablement exagérées. Les index se logent alors dans les étranglements en vertu des propriétés des tubes coniques (p. 5o*), et la différence de courbure sur leurs deux faces n'est plus qu'une conséquence de la forme des tubes. Avec un tube qui avait huit étranglements, il est vrai fort petits, Jamin a pu maintenir une pression de 2'»*°> ou fermer hermétiquement un baromètre.

Si un pareil tube est plein d'eau et qu'on y chasse un courant de même liquide par l'une de ses extrémités, elle filtre très facilement; mais si, au contraire, on y comprime de l'air^ l'eau sera chassée, des index resteront dans les étranglements et bientôt ils détruiront la pression.

Si, au contraire, le tube contient de Tair, et si Ton y envoie de Teau, elle détruira les index, remplira le tube et finira par filtrer.

GOBPS POBEUZ. — On peut considérer un corps poreux comme percé de canaux très fins, alternativement resserrés et dilatés d'une manière irrégulière, et s'anastomosant dans toutes les directions.

Soit un corps poreux mouillé par Teau : il est intéressant de se demander jusqu'à quelle hauteur Teau pourra s'y élever. Remarquons à cet effet que si, dans la formule

d'un tube capillaire régulier, on attribue à A la valeur 74,1' donnée par Ed. Desains, et à 5 une valeur égale à l'épaisseur limite de la couche superficielle, on trouve

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soit un peu plus de 3oo mètres. Ainsi l'on conçoit que l'eau puisse s'élever, à la limite, à la hauteur où elle serait refoulée par une pression de 3o atmosphères. On verra donc sans surprise les résultats suivants observés par Jamin.

On prend un bloc d'une matière poreuse bien desséchée. On creuse dans la masse un trou cylindrique, puis on y scelle au mastic un tube manométrique droit, fermé par le haut, rempli d'air, et contenant à sa base un index de mercure; cela fait, on plonge l'appareil dans un vase plein d'eau. Aussitôt cette eau pénètre dans les pores, refoule l'air du tube manométrique en faisant monter l'index de mercure, la pression augmente, et, au bout de quelques jours, elle atteint jusqu'à 3 ou 4 atmosphères.

On peut aussi faire l'expérience inverse, mettre la cavité en communication avec un réservoir fermé et rempli d'eau: la pression diminue dans le réservoir, et le vide finit par j être complet.

On sait avec quelle puissance se fait l'ascension de la sève

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