‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 5)Chapitre 152 sur 185 · VISCOSITÉ DES GAZ. M · texte numérisé non relu

VISCOSITÉ DES GAZ. M

cent fois plus petit : la vitesse maximum d'écoulement croîtra ; mais cette vitesse maximum n'étant atteinte qu'au delà de la section contractée, le débit demeurera invariable.

Les expériences les plus modernes (*) montrent, en effet, que le débit cesse d'augmenter dès que le rapport de la pression dans le réservoir à la pression au delà de rorifice dépasse 2 environ. Cependant, d'après M. Salcher, pour de très

hautes pressions, le rapport — au delà duquel le débit cesse

d'augmenter se resserre de plus en plus, à mesure que p^ est lui-même plus considérable.

YISG08ITÉ DES 6AZ. — Le passage à travers les tubes capillaires retarde l'écoulement des gaz, par suite d'un frottement intérieur analogue à celui que nous avons constaté pour les liquides et dont nous nous réservons d'interpréter plus tard le mécanisme. Il nous sufflra de savoir que, d'après les expériences de Graham, Obermayer, Von Lang, Puluj (*), les gaz obéissent à la loi de Poiseuille, et que, par suite, on peut considérer leur adhérence aux parois solides comme absolue, tout au moins tant que la pression ne descend pas au dessous d'une certaine limite. Dans des limites assez larges, le coefficient de viscosité est indépendant de la pression, conformément aux prévisions théoriques. Maxwell (') et M. O.-E. Meyer (*) ont mesuré le coefficient f\ de viscosité de l'air par l'observation des oscillations d'un disque mobile dans son plan et suspendu dans l'air; MM. Meyer et Springmuhl (^) se sont ensuite servis des expériences de Graham pour calculer

(») Zeuner, Civilingenieur ; 1874. Wilde, Phil. Mag.f S' série, t. XX, p. 53i; t. XXI, p. 496; i885-i886. Salcher et Whithead, Wiener Ber.y t. XCVII, p. 247; 1889.

(») Graham, Philosophical Transactions, 1846 et 1849. Obermayer, CarVs Bepertoriunif t. XII, p. i3; 1876. Von Lang, H ien, Ber., t. XLVI; 1871; Puluj, Wien, Ber.^ t. LXIX; 1874.

(') Maxwell, ibid.; 1866.

(*) O.-E. Meyer, Annales de Poggendorff^l. CXXV, p. 177, 4oi^ 56'|, et t.* CXXVII, p. 253, 363; i865-i866.

(») 0,-E,MiLYEHf Annales de Poggendorfff t. CXLIII, p. 14. O.-E.Meyer et F. Springmuhl, Annales de Poggendorj^, t. CXLVIII, p. 626; 1871-1873.

i48* PHYSIQUE MOLÉCULAIRE.

en valeur absolue les coefiicients de viscosité de différents gaz vers i5* à 20** :

Natare du ^ai. "H.

Oxygène 0,000212

Bioxyde d'azote 0,000 186

Azote o ,000 1 84

Oxyde de carbone 0,000 1 84

Acide carbonique 0,000 160

Protoxyde d'azote 0,000 160

Acide chlorhydrique 0,000 156

Chlore 0,000141

Acide sulfureux o, 000 1 38

Acide sulfhydrique o ,000 1 3o

Gaz des marais 0,000 120

Chlorure de méthyle 0,000 1 16

Gaz oléûant 0,000 109

Ammoniaque o ,000 108

Cyanogène o ,000 107

Chlorure d'élhyle 0,000 io5

Éther méthylique o ,000 1 16

Hydrogène 0,000093

On voit que le coefficient relatif à l'oxygène est environ cinquante à soixante fois plus faible que celui de l'eau liquide.

Pour l'air, voici les nombres obtenus par divers expérimentateurs et rapportés à la température de zéro :

Air.

O.-E. Meyer ^^o = 0,000 172

Obermayer 0,000167

Puluj 0,000180

Le frottement intérieur des gaz croît quand la température s'élève, contrairement à ce qui a lieu pour les liquides. Cet accroissement est beaucoup plus rapide que ne l'indique la théorie (*).

En ce qui concerne l'effet de la pression, le coefficient de viscosité peut, il est vrai (*), en être considéré comme indépen-

( * ) Voir t. II, 3' fascicule, Théorie cinétique des gaz, (») KuNDT et Warburo, Pogg, Anr,, t. CLV; 1875.

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