‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 5)Chapitre 156 sur 185 · O, II · texte numérisé non relu

O, II

EXPÉBIENCES DE REGNAULT, ETC. i65*

On remarquera que le coefficienl de compressibilité d'un liquide n'est poinl un nombre conslanl : il diminue pour l'ea» quand la température s'élève; il augmente, au contraire, pour l'alcool, l'éther et le chloroforme. On remarquera en outre que le coefficienl x est de plus en plus grand quand ces trois derniers liquides sont soumis à des pressions de plus en plus fortes. Ce ^'S- T-

fait a été signalé pour la première fois par Despretz; il signifie qu'en général la compressibilité n'est pas proportionnelle à la pression et qu'elle est une fonction probablement complexe de la température et de la pression.

Jamin ( ' ) avait essayé d'éviter les formules compliquées qu'on emprunte à la théorie des solides élastiques, par la disposition suivante.

Un piézomètre de verre ABCD est plongé (Jig-, 73) dans un vase fermé BB, rempli d'eau et communiquant à l'extérieur par un tube Ihermométrique correcteur.

On observe simultanément la baisse c du liquide à l'intérieur du piézomètre, sous l'influence d'une pression intérieure connue, et le relèvement c' du liquide extérieur dans le tube correcteur librement ouvert. Jamin avait cru pouvoir admettre que la diminution vraie du

volume du liquide était c — c' h des quantités près d'ordre négligeable, puisqu'elles représentent seulement la variation du volume du verre du piézomètre. Malheureusement, ainsi que l'a fait observer M. Guillaume {'), celte variation de vo-

(') Comptes rendus des séances de l'Académie det Sciences, t. LXVI, p. iio4; [ges.

(■) GuiLLAusK, Comptes rendus, l, CIIl, p. 118!; 1886.

i66* PHYSIQUE MOLÉCULAIRE.

lume est du même ordre de grandeur que la quanlité à mesurer, quelque faible que soil Tépaisseur du verre du piézomèlre, car si le volume du verre tend vers zéro avec Tépaisseur, la différence de pression sur ses deux faces demeure constante, et la différence de pression, rapportée à l'épaisseur I, qui est la pression efficace pour provoquer la variation de volume, croit indéfiniment. La méthode de Jamin ne dispense donc delà connaissance ni des coefficients de compressibilité du verre ni des dimensions extérieures du piézomètre.

On doit à M. Amagat (^) une détermination parfaitement correcte de la compressibilité du mercure. Après avoirvérifié sur des cylindres de même substance et de dimensions différentes que les formules de l'élasticité sont bien applicables dans les conditions des expériences, il a déterminé les deux coefficienis a et p. relatifs à un même piézomètre de verre. A cet effet, il a observé successivement la variation de volume intérieur correspondant : i^ à une tension longitudinale; a'^à une compression extérieure uniforme. Il a ensuite opéré par la méthode de Regnault et trouvé

x^=o,39i8, io~**C.G.S.

M. Guillaume (') avait déjà déduit d'expériences de MM. Amaury et Descamps, en leur appliquant les corrections les plus probables,

x==o,39.io-»*C.G.S.

Ce nombre est à peu près les | du nombre obtenu par

Grassi, en supposant [i = ^t*

On sait que la dilatation des liquides va en augmentant à mesurequeleur températures'élève.Onamesurélecoefficieni de compressibilité à des pressions très faibles, supérieures de io«^™ seulement à la tension maximum des liquides employés:

(') Amaqat, Journal de Physique^ a" série, t. VIII, p. 199; 1889.

(') MM. Ahaurt et Descamps ont publié des mesures de coefficients de compressibilité exécutées par la méthode de Jamin {Comptes rendus. t. LXVIII, p. i564; 1B69; et Thèse de doctorat de M. Descamps).

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