THÉORIE DE M. CLAUSIUS
lièrement à cette polarisation. Grâce à Tadaptation d*un mécanisme spécial destiné à mouvoir l'écran, H. Felici a pu démontrer que le temps nécessaire pour annuler complètement Teffet de la polarisation doit être inférieur à ttArt de seconde.
H. Felici a aussi remplacé le cube solide E par un cube creux de même substance : il a reconnu que Teffet produit par rinterposition du cube décroît avec sa masse quand la surface extérieure demeure la même; un cube creux i parois trèsminces produit un effet sensiblement nul. La polarisation n*est donc pas purement superfîcielle; c'est un phénomène profond, auquel prend part la masse entière de la substance isolante.
ntOBIB SE M. CLiVtlUB (')* ^ ^^^^^ envisagée, l'influence électrique sur un corps isolant présente la plus grande analogie avec l'influence d'un aimant sur un morceau de fer doux; on peut donc en faire la théorie par l'application des mêmes principes qui ont guidé Poisson dans la théorie mathématique du magnétisme, dont nous indiquerons ultérieurement les bases : c'est justement ce qu'a fait M. Clausius.
Imaginons qu'un corps mauvais conducteur est constitué par un milieu non susceptible de s'électriser, dans lequel se trouvent disséminés des corpuscules conducteurs qui s'électrisent par influence, mais sans qu'il y ait jamais passage d'électricité de Tun des corpuscules à un autre. Si les petits conducteurs Pîg. 4o.
que nous considérons sont assez ^
écartés les uns des autres, la force y^^v
électrique F qui agit en chacun des ^y/
points P de l'un d*eux pn s'écarte .y^ /
très-peu d'une valeur moyenne cor- .-^x }?respondant, par exemple, au centre de ^ ^ ^ gravité C du corpuscule [fig* 4o)- Des
électricités de noms contraires apparaîtront à sa surface pn^ et leur action sur tout point 0 dont la distance au corpuscule
(*) Clagsius, Die mecanische Behandîung der Electricitàt ; Abschait UI. Bc' htuidlung dielectrischer Âiedien, Braunschweig ; 1879.
J. et B., ÉUctricUé statique, — I. 3* fasc. ta
178 ËLECTRICITÉ STATIQUE.
sera grande par rapport aux dimensioiis de celui-ci se réduira sensiblement «à celle de deux quantités équivalentes + m et — m d*électricités contraires concentrées en deux points p et n dont la distance d sera inférieure au plus grand diamètre Aepn. Cette action est, toutes choses égales d'ailleurs, proportionnelle au produit md que nous appellerons le momeni électrique du corpuscule ( * ).
Nous admettrons que la direcMon pn du monient électrique coïncide avec celle de la force F qui le produit et que la grandeur md de ce moment est proportionnelle à F. Si les cot^ puscules conducteurs possèdent des formes et des orientaiions variables, le moment md variera d*un corpuscule à un autre; mais, dans le plus petit volume accessible à l'expérience, Ii somme de tous les moments ne s*écartera pas sensiblement d'une certaine valeur moyenne» la même que si tous les corpuscules étaient des sphères d'un diamètre convenable et également espacées.
Pour déterminer le moment électrique moyen d'un élément de volume du corps isolant, il faut d'abord fixer la valeur de la force moyenne F qui règne i Tintérieur de Tud des corpuscules. Elle provient : i® des masses électriques extérieures à Tisolant; i*" des masses électriques libres à la surboe de tous les corpuscules, à l'exception de celui que l'on considère.
Pour évaluer cette force, on peut substituer au corps isolanl discontinu C, que nous considérons, un isolant fictif C, dont les moments électriques seraient distribués d'une manière continue dans toute la masse, mais à la condition essentielle de
(*) Dé8i(;non8 par r la longueur OC, par a l'angle OCjv : la furee nenét par le corpuscule considéré sur Tunité d'électricité placée en O est, en grandeir
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