‹ Cours de physique de l'École polytechniqueChapitre 32 sur 260 · PRÉCAUTIONS POUR PESER EXACTEMENT · texte numérisé non relu

PRÉCAUTIONS POUR PESER EXACTEMENT

lai donnera de cette manière le maximum de sensibilité qu'elle peut atteindre dans ce cas. Si ensuite on veut peser ^v par exemple, on chargera approximativement la balance de oe poids» ce qui la rendra très-paresseuse, parce qu'elle fléchira; mais on lui rendra toute sa sensibilité première en relevant les lioolons jusqu*au moment où elle va cesser de rester stable pour devenir folle. On voit donc qu'avant d'exécuter une pesée il faut approximativement savoir quel poids on veut apprécier, et régler à l'avance la sensibilité de l'appareil pour ce poids spécial.

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HftfilB. — L'exécution d'une pesée étant une des opérations les plus délicates et les plus importantes de la Physique, nous croyons devoir donner quelques détails sur la manière de la bien faire. On commence par fixer invariablement la balance «ur une table épaisse et immobile, loin des rues agitées; on s'assied en face, puis, abaissant doucement le Héau par le moyen du bouton extérieur, on s'assure que TaigulUe se fixe au zéro, et, si elle n y vient pas, on Ty amène en faisant jouer les vis calantes. La balance étant ainsi réglée, on place le corps d'un côté, de la grenaille de l'autre, et Ton établit grossièrement Téquilibre, ce qui n'est jamais difficile à faire. Pour l'obtenir ensuite exactement, il faut relever la fourchette pour fixer le fléau, éteindre avec la main les oscillations des plateaux, fermer la cage, abaisser de nouveau et très-lentement le fléau, et examiner l'aiguille qui oscille lentement à droite et à gauche du zéro des divisions. On observe quatre ou cinq oscillations successives : si elles sont symétriques, la pesée est bonne; si elles ne le sont pas, il faut ajouter ou retirer délicatement un grain de plomb avec des pinces et recommencer l'observation. I/opérateur arrive bientôt à reconnaître qu'en ajoutant un grain de plus à une tare trop faible elle devient trop forte. Il doit alors employer ou de la grenaille plus fine, ou de petits morceaux coupés dans un fil de cuivre très-fin, ou même des grains de sable, répéter la même opération avec ces grains de plus en plus menus, et s'arrêter enfin quand les oscillations sont devenues rigoureusement symétriques.

Alors il faut enlever le corps, le remplacer par des poids notés, et recommencer avec ces poids Topération que Ton a faite avec les grains delà tare. On trouve aisément que la pesée est comprise entre n et /i 4- i grammes ; il n'y a plus dès lors qu*à ajouter une fraction de gramme. Or les bottes de poids contiennent o>%9 en quatre poids différents qui valent, le premier o»%5,le second o'%?., et les deux derniers o«%i ( * ), et il est clair qu'en les combinant ensemble de diverses manières, on peut formero»%9,o»%8,o»%7,os'-,6,of',5, o«%4, o*',3,o^^,i,o^',i. On essaye successivement ces divers poids en commençant par le plus élevé, et l'on reconnaît que la pesée est comprise entre deux nombres de décigrammes consécutifs, par exemple entre 9 et 8; la pesée est alors exacte à o'',i près. On passe ensuite aux centigrammes, qui sont disposés de la même manière et avec lesquels on opère de la même façon. Enfin on arrive aux milligrammes en augmentant les précautions à mesure que les fractions que Ton veut apprécier deviennent plus petites.

MAHIÈBE D£ FAIRE DES POIDS. — On ne doit pas ajouter une confiance complète aux fractions de gramme que Ton trouve dans le commerce, et, comme il est toujours facile de les préparer, il vaut mieux ne se fier qu'à soi-même. Voici comment on peut faire des poids. On choisit un fil de platine fin, passé plusieurs fois dans la même filière et pesant environ i«' pour une longueur de i'"; après en avoir coupé un poids quelque peu supérieur à i*"", on lime son extrémité jusqu'à la réduire à is' exactement; on l'étend ensuite dans une rainure rectiligne pour mesurer sa longueur précise, et, comme chaque dixième de la longueur totale doit peser o^',!, on le coupe pour former o'^%5, o^^yi, o^%i, en prenant f^y nj, to de la longueur. Il reste un dernier dixième, pesant o«^I, que l'on étend dans une autre filière jusqu'à Tamenerà une plus grande longueur égale à i™ environ. On répèle, pour obtenir les centigrammes, l'opération que l'on vient de faire pour les décigrammes, et on la continue pour les milligrammes. Cette méthode est aussi exacte qu'elle est simple. On peut ensuite replier les petits cylindres

(') D*autrcs fois c'est le poids de 0^,3 qui est double.

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