RÉSUMÉ DE LA VINGT-DEUXIÈME LÈCON
Dans la dernière séance , nous avons exposé la méthode qui nous a paru la plus sûre pour parvenir à la détermination de la capacité des fluides élastiques. Nous avons donné la préférence à la méthode de MM. Laroche etBérard, laquelle consiste à chercher combien des courans constans de chaque gaz , se refroidissant d’un môme nombre de degrés, peuvent élever la température d’une masse d’eau toujours constante. On a trouvé ainsi que chaque gaz apporte des quantités de chaleur différentes pour élever le calorimètre à une température déterminée , qui ne saurait être dépassée dans les mêmes circonstances, parce qu’à ce terme la chaleur qui est apportée par le courant de gaz, et qui serait différente pour un courant plus considérable et pour un courant plus petit, est compensée entièrement par la chaleur que le calorimètre perd , soit par le calorique rayonnant, soit par le contact de l’air. Voilà pourquoi il faut avoir l’attention de ne pas faire l’expérience dans des appartemens où l’air se renouvelle sans cesse , mais dans des appartemens dont l’air est parfaitement tranquille ; parce que si l’on établissait un courant d’air dans l’appartement, le refroidissement du calorimètre serait beaucoup plus prompt, et les résultats seraient tout-à-fàit changés.
Il y a dans ces expériences quelques petites corrections à faire , mais ces corrections ont peu d’importance. Elles sont d’ailleurs les mêmes pour lesdifférens gaz, et par conséquent on doit admettre que le résultat général ne peut être modifié que d’une très petite quantité.
Nous avons reconnu, avec MM. Laroche et Bérard, que les fluides élastiques avaient des capacités différentes sous le même volume. Nous avons ensuite rapporté ces capacités eu
poids par rapport à celle de l’eau, et nous avons formé une table qui a de nombreuses applications, particulièrement pou* le chauffage.
Nous avons fait connaître l’erreur dans laquelle étaient tombés plusieurs physiciens , en admettant que tous les fluides élastiques avaient la même capacité.
Après avoir exposé les méthodes d’observation , nous avons commencé à jeter un coup d’œil général sur les modifications qu’éprouvent les capacités dans les circonstances particulières. C’est ainsi que nous avons rapporté les résultats de MM. Dulong et Petit, sur la capacité des corps simples. Ces physiciens ont trouvé que la capacité est différente quand on prend le même poids pour chaque corps, par exemple, un kilogramme; mais, lorsqu’au lieu de l’unité pondérale constante , on prend ce qu’on appelle le poids de l’atome de beaucoup de corps; alors on trouve que les capacités sont constantes, ou, en d’autres termes, que. la capacité déterminée parle calorimètre, étant multipliée par le poids de l’atome , donne un produit constant.
De là on peut conclure que les fluides élastiques simples ont aussi une capacité constante; car il est probable que l’état particulier d’un corps ne doit pas apporter de changement relativement à cette loi générale. En effet, MM. Laroche etBérard Ont trouvé, pour l’oxigène et l’azote , une capacité qui est sensiblement la même. Celle de l’hydrogène ne s’éloigne que d’un dixième ; mais cette différence dépend très vraisemblablement de la grande mobilité des molécules de ce gaz; et on ne peut regarder ce résultat comme infirmant la loi dont nous venons de parler.