LE CALORIQUE
Une application que l’on peut faire des capacités est la détermination des hautes températures. Malheureusement cette question n’est pas d’un grand intérêt, parce que nousne pouvons point avoir, d’après ce que nous avons exposé jusqu’à présent, une échelle de température qui soit régulière. Pour mesurer la chaleur à des températures très élevées, il faudrait supposer que le corps qu’on soumet à la chaleur conserve la propriété de se dilater d’une manière régulière. Or nous avons déjà vu que cela n’était pas, et que le volume variait dans une progression croissante, irrégulière, à mesure que la température s’élevait. La capacité varie aussi, mais nous n’aurions pas besoin de nous arrêter aux variations de capacité, si le volume était constant, parce que la capacité n’est autre chose que la quantité de calorique nécessairepour aller d’une température à une autre.
Néanmoins il y a des cas où il importe de connaître les températures approximativement; voilà pourquoi je vais indiquer un moyen simple de parvenir à ce résultat. Je suppose qu’on prenne un corps inaltérable aux hautes températures, par exemple une boule de platine, ou bien une boule de matière terreuse, comme la porcelaine; au besoin, on pourrait même se servir d’un boulet de fer. Après avoir exposé ce boulet à une température d’un rouge blanc ou même tout-àfait blanche, et lui avoir laissé prendre exactement la température de la source, on le retire pour le plonger dans une masse d’eau quelconque. Le corps se trouvant entouré d’eau se refroidit promptement, et la température de l’eau s’élève d’une certaine quantité. Je suppose que la température de
Peau qui était primitivement à zéro soit venue à 26° après qu’on y a mis le boulet dont 011 ne connaît pas la température. Nous ne pourrons encore rienconclure de là, parce que nous n’avons qu’un terme dans notre échelle. Mais prenons le même corps, portons-le à une température déterminée comme de 100% et après l’avoir plongé dans une masse d’eau pareille à la première, et qui soit également à la température de zéro , cherchons de combien il a élevé la température de cette masse d’eau. Je suppose que la température de l’eau soit venue à 20. Ici la capacité intervient nécessairement, mais nous la supposerons constante , et nous dirons: quand le corps est exposé à la température de ioo°, il élève la température de 20, on le porte à une température x ; il élèvela température de 25°, et nous ferons par conséquent cette proportion :
d’où x = 25 X =• -4^ i-aS'O.
C’est-à-dire que nous aurons i25on pour la température de la source de chaleur à laquelle le boulet était exposé.
Ce n’est là qu’une approximation, parce que la capacité du fer varie d’une manière très notable ; ce moyen peut néanmoins recevoir des applications dans quelques circonstances.