‹ Cours de physiqueChapitre 165 sur 173 · APPLICATION DE L’HYGROMÉTRIE · texte numérisé non relu

APPLICATION DE L’HYGROMÉTRIE

Nous avons parlé dernièrement du froid qui est produit par l’évaporation de l’eau et des liquides en général. Lorsque l’évaporation se fait dans de l’air parfaitement sec , nous avons vu qu’il en résulte des abaissemens de température considérables. Le phénomène de l’évaporation se manifeste aussi dans l’air qui contiendrait de l’humidité; mais cette évaporation sera nécessairement moindre que celle qu’on obtient avec de 1 air parfaitement sec; à tel point que si l’on prend de l’air tout-àfait humide, il n’y a plus d’évaporation, et par conséquentplus de froid produit. Si l’air contient la moitié de l’eau qu’il peut renfermer, il pourra prendre encore l’autre moitié pour être saturé, ou pour mieux dire, il pourra prendre de 1 eau par évaporation, et il se produira une certaine quantité de froid. Comme à la surface de la terre l’hygromètre marque très rarement ioo°, il y aura constamment évaporation, qui sera d’autant plus grande que l’air sera plus sec, d’autant plus

petite que l’air sera plus humide.

On a tiré parti de ce fait dans les climats chauds pour refroidir l’eau de quelques degrés. Tout le monde sait que l’eau n’est agréable à boire, que lorsqu’elle est de quelques degrés

au-dessous de la température de l’air ambiant. Dans nos climats nous ayons toutes sortes de moyens pour avoir de l’eau fraîche. Les températures élevées, qui sont passagères ne se faisant jamais sentir qu’à de très petites profondeurs , jamais dans les bonnes caves, où la température reste toujours à 1 1°, latitude de Paris, il en résulte que nous avons dans les caves un moyen suffisant de refroidissement. Mais sous l’équateur, où la température moyenne de l’air est de 27°, la température des caves est aussi de 270. De manière qu’on ne peut se servir des caves pour refroidir les liquides. On a alors recours au froid produit par l’évaporation. On se sert de vases en terre grossière, mal cuits, et qui présentent beaucoup de pores. Ces vases s’appellent des alcarazas, nom que nous empruntons aux Espagnols; l’eau dont on remplit ces vases suinte à travers les pores, de sorte qu’il y a toujours une légère couche d’humidité à la surface extérieure. Cette humidité s’évapore, et en s’évaporant elle produit du froid. Pour que l’évaporation soit plus rapide, et par conséquent le froid produit plus considérable , on place ordinairement ces vase3 sous des portes ouvertes, où il y a un courant d’aîr plus abondant.

Au lieu de vases poreux, on peut se servir de vases métalliques que l’on recouvre d’un linge ou de tout autre corps qui puisse retenir l’humidité. On mouille le linge ou le corps, et l’évaporation qui a lieu produit du froid qui se transmet dans l’intérieur du vase.

Eu général, tout corps humide exposé dans un lieu qui n’est point saturé d’humidité contribuera à rafraîchir l’air. Au Bengale, on met sur les croisées des branchages mouillés. L’air, en passant à travers ces branchages, se refroidit en dissolvant de l’humidité par l’évaporation. On obtient ainsi des abaissemens de température qui seraient à peine croyables , si le fait n’avait été rapporté par des voyageurs dignes de foi. On parvient à des refroidissemens qui vont jnsqu’à 10 et i5° au-dessous de la température ambiante : ce qui dépend de la circonstance particulière de la grande sécheresse de Pair.

Nous n’en dirons pas davantage sur l’hygrométrie; nous aurons occasion de revenir sur ce sujet, en parlant de la météorologie, dans les séances prochaines.

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