ÉGALITÉ DE PRESSION DANS LES LIQUIDES
Nous remarquerons d’abord que dans les liquides la pression que l’on exerce sur 'une portion de surface que l’on considère dans une masse liquide, se transmet également dans tous les sens; de manière qu’il faut , pour que les liquides ne s’échappent pas, que les parois des vases qui les contiennent offrent
une résistance au moins égale à l’effort qu’on a fait pour les comprimer.
Nous concevrons, pour mieux comprendre les choses, que les parois n’opposent pas de résistance.
.Soit un tube ouvert par les deux bouts, et rempli d’un liquide: ce liquide étant, comme tous les autres corps, soumis à l’action de la pesanteur, tend à se précipiter par la partie inférieure, en raison de son poids, et il se précipiterait en effet si je n’opposais un obstacle à sa chute; par exemple, en appliquant mon doigt à l’ouverture inférieure du tube : puisque le liquide ne tombe pas, c’est évidemment parce que mon doigt exerce en sens contraire une pression justement égale à celle du liquide; si elle était plus faible, mon doigt serait écarté et le liquide s’échapperait.
Soit maintenant un vase parfaitement fermé et rempli d’eau : j’introduis dans ce vase, par une ouverture pratiquée dans sa partie supérieure, un tube, dans lequel est renfermée une colonne de liquide. Cette colonne tend à tomber; elle ne tombe pas, par conséquent, il faut que la colonne de liquide trouve une résistance en sens contraire égale à celle qu’elle exerce.
À présent, imaginons que le même vase, au lieu de n’avoir qu’une ouverture, en ait deux, dans chacune desquelles on a introduit un tube rempli de liquide, nous aurons deux colonnes de liquide qui seront égales. Ne portant d’abord notre attention que sur Tune d’elles, nous verrons qu’elle doit exercer sur sa base une pression égale à sa hauteur. Si je considère ensuite l’autre colonne , je vois que cette colonne, qui tend à se précipiter, ne se précipite pourtant pas: puisqu’elle est soutenue, il faut nécessairement qu’il y ait en sens contraire une pression suffisante pour contrebalancer le poids de cette colonne; cette pression ne peut provenir que de celle que la première colonne exerce sur le liquide contenu dans le vase, et que ce liquide transmet à travers sa masse. Si cela n’était pas, comment concevrions-nous que la seconde colonne serait soutenue; et en effet, si on enlève la première colonne, l’autre tombera tout aussitôt.
Ainsi, nous regarderons comme incontestable ce fait, que la pression exercée sur un liquide est transmise par ce liquide dans tous les sens. Cette vérité demande, au reste, un peu de réflexion pour être admise sans réserve. A mesure que nous avancerons les difficultés qui pourraient se présenter maintenant disparaîtront.
Si, dans l’expérience que nous venons de citer, on rem-
place l’une des colonnes liquides par un piston, il faudra mettre sur ce piston un poids justement égal à celui de la colonne qu’il remplace.