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MOBILITÉ DES LIQUIDES

Nous avons ensuite passé à l’examen des propriétés caractéristiques qui appartiennent à ce qu’on peut appeler l’état liquide. Nous avons dit que cet état était éminemment caractérisé par la mobilité parfaite des molécules.

De cette propriété principale dérivent plusieurs autres propriétés que nous allons examiner successivement.

Une première conséquence de la mobilité parfaite des molécules dans les liquides, c’est que ces molécules peuvent glisser facilement les unes sur les autres, et qu’il est indifférent de prendre une des molécules d’un liquide et d’en substituer une autre à la place. Les molécules peuvent être dérangées sans que l’état des corps change; tandis que dans un solide, si on dérange une seule molécule , il y a rupture et l’état du corps a changé. Nous reviendrons tout à l’heure sur plusieurs propriétés qui dépendent de la mobilité dans les molécules.

Je dois vous faire remarquer dès à présent que le troisième état, que nous avons désigné par le nom d’état de fluides élastiques, a beaucoup de propriétés communes avec l’état liquide. Les fluides jouissent de cette mobilité parfaite qui fait le véritable caractère des liquides, et ils en jouissent à un de»ré infiniment plus grand que les liquides. Ainsi, lorsque vous plongez votre main dans 1 eau, vous epiouvez une certaine résistance, il faut une certaine force pour séparer les molécules les unes des autres. Une goutte d’un liquide reste suspendue à un tube de verre , ce qui annonce certainement une certaine adhérence entre les molécules. Dans les fluides élastiques il n’y a rien de semblable , et les molécules sont dans une liberté- parfaite. Toutes les autres propriétés qu’on peut assigner aux liquides, et qui dérivent de la mobilité des molécules, doivent être appliquées aux fluides élastiques.

Qu’estr ce donc qui distingue les fluides des liquides? Le voici. Dans les liquides, on conçoit une masse de molécules

1C* rapprocher, à les réunir; force qu'on a désignée par le nom d’attraction moléculaire. Dans les fluides, loin qu il y ait une résistance à la séparation de leurs molécules, il y a, au contraire une force répulsive en vertu de laquelle ces molécules tendent à se fuir et à s’écarter de plus en plus; de telle sorte que, si l’on conçoit une masse de ce qu on appelle fluide aériforme, et on peut prendre pour exemple l’air atmosphérique , et que tout autour il n’y ait aucun obstacle qui s oppose à son expansion, cette masse occupera un espace indéfini. Qu’on prenne un centimètre cube d air, qui est un ties petit volume, si tout l’espace qui Tenvironne est vide , qu il n’v ait aucun corps étranger, ce centimètre cube d air se gonflera successivement de manière à occuper tout cet espace. Nous ne pouvons assigner de limites à cette expansion.

3e dois ajouter que, par cela même que les molécules des fluides aériformes tendent à se fuir indéfiniment, réciproquement, quand les molécules se sont ainsi écartées en vertu de leur force répulsive, et qu’elles se sont répandues dans l’espace libre qu’elles ont trouvé, on peut, par une force contraire qui s’oppose à la force expansive , contraindre ces molécules à revenir sur elles-mêmes et à occuper un espace plus petit.

C’est parce que les fluides peuvent se dilater qu’on a désigné cette espèce de corps par le nom de fluides expansifs ; et c’est parce qu’ils peuvent se comprimer qu’on leur donne aussi le nom de fluides compressibles.

Avant d’en venir aux développemens dans lesquels nous devrons entrer relativement aux fluides élastiques, je vous citerai une expérience très simple au moyen de laquelle vous pourrez vous convaincre que les fluides élastiques jouissent de cette propriété d’avoir leurs molécules dans un état de répulsion, et de pouvoir en même temps être comprimés par une force contraire à leur force répulsive. Soit un tube fermé par l’un de ses bouts, et dans lequel on introduit un piston: si l’on presse ce piston avec la main, l’air renfermé dans le tube se comprime, et il peut être réduit d’une quantité considérable; mais, si la main cesse de presser sur le piston, le fluide, en vertu de la force répulsive de ses molécules, revient aussitôt au volume qu’il occupait primitivement.

Cette propriété des fluides n’appartient pas aux liquides, ou du moins ne leur appartient qu’à un petit degré : il faudrait une force immense pour les faire diminuer d’une très petite quantité. Les solides ne sont pareillement que très peu compressibles, relativement à des masses assez considérables.

Revenons maintenant à quelques propriétés capitales que présentent les liquides, et que nous pouvons considérer comme dépendantes de cette propriété principale, que nous avons appelée mobilité parfaite dans les molécules.

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