VENTOUSES
Les ventouses ne sont autre chose qu’un instrument au moyen duquel on fait le vide sur une partie du corps humain. Ce vidé peut être produit parla machine pneumatique. C’est ainsi qu’on peut, en appliquant le doigt sur l’ouverture du récipient de la machine, en faire sortir du sang. Sans obtenir un vide aussi parfait, on peut avec la seule force d’aspiration
faire yenir le sang. Celte force est assez considérable puisqu’elle peut soulever une colonne de plus de 58 centimètres de mercure, c’est-à-dire qu’elle peut faire équilibre à plus de la moitié d’une atmosphère.
Les ventouses sont en général des instrumens munis d’une petite pompe pour faire le vide. Mais il est un moyen plus simple, c’est d’avoir une petite bouteille dans laquelle il y ait une goutte d’eau. En faisant chauffer la bouteille, d’une part on raréfie l’air; ensuite l’on réduit l’eau en vapeur,, et on lui fait par conséquent occuper un volume 770 fois plus considérable; de sorte que si l’on applique la bouteille ainsi remplie de la vapeur que la goutte d’eau a fournie, et qu’ensuite 011 la laisse refroidir, l’eau qui s’était réduite en vapeur revient à son état primitif et par conséquent il s’établit dans la bouteille un vide suffisant pour attirer le sang avec une force très grande
TUBES ©E SüüfSTÉ.
Nous allons continuer l’examen de divers appareils dans lesquels l’air atmosphérique ou, pour mieux dire, son ressoit joue un grand rôle Nous allons nous occuper de ce qu’on appelle les tubes de sûreté , qui sont d’un très grand usage en chimie. Cela nous mettra à même de revenir sur les choses principales que nous avons dites en parlant de l’air et des pressions qu’il exerce ; et nous fera bien comprendre de quelle manière interviennent ces pressions qui se déguisent sous des formes très variées.
Soit un vase AB, fig. 1, qui porte plusieurs tubes ab , cd, ef, dont nous allons voir l’objet. Le tube a b , qu’on appelle tube à boule, 'est destiné à apprécier l’augmentation ou la diminution d’élasticité que reçoit l’air renfermé dans le vase AB.
Cet air est supposé d’abord en communication avec 1 air extérieur par le tube c d. Si l’on souffle dans ce dernier tube on fait entrer de l’air dans le vase ; et comme, d’après la loi de Mariotte, la force élastique est proportionnelle à la quantité d’air qui se trouve dans le même espace, en introduisant du nouvel air dans le vase AB, on n’a fait autre chose qu’augmenter la force élastique de l’air renfermé dans ce vase. La force élastique intérieure, qui se trouve plus grande^ que la force élastique extérieure, s’exerçant par le haut du tube ab , force le liquide qui se trouvait de niveau dans la partie de ce tube qui est en forme de syphon à s’élever dans la branche b. Eu faisant passer un plan horizontal n, u', parla plus petite
branche, je détache deux colonnes égales, et il reste une colonne qui tend à tomber, qui n’est tenue suspendue que par l’accroissement de force élastique de l’air dans le vase A et qui, par conséquent, peut servir à mesurer cet accroissement.
Cette espèce de monomètre appelé tube de TV e lier , qui en est l’inventeur, est d’un fréquent usage dans toutes les expériences de chimie, toutes les fois qu’on veut connaître la différence d’élasticité de l’air comprimé dans un vase avec la force élastique de l’air extérieur.
La boule qui fait partie du tube a b a des avantages extrêmement précieux; elle fournit la colonne qui s’élève en b , lorsqu’on augmente la force élastique de l’air intérieur. Si cette boule n’existait pas, vous concevez qu’à moins de faire l’autre branche du tube très longue , la colonne qui se trouve dans cette dernière branche serait de suite épuisée, lorsqu’on souffle dans le vase.
Cette boule a encore un autre avantage. Je suppose que je rétablisse la communication en débouchant le tube cd que l’on ferme toutes les fois qu’on introduit de l’air dans le vase AB , pour augmenter le ressort intérieur. Le niveau se rétablit aussitôt dans le tube ab; ce qui indique que l’air intérieur a la même force élastique que l’air extérieur. Maintenant je fais l’inverse de ce que j’avais faittoutà l’heure, c’està-dire, qu’au lieu d’introduire de l’air dans le vase A B , j’en extrais; pour cela il suffit d’aspirer par le tube cd. Alors la colonne qui s’était élevée dans la première expérience se déprime maintenant, et la boule reste toujours à moitié pleine, de manière à pouvoir fournir du liquide lorsque la pression intérieure vient à augmenter.
On adapte encore au même appareil un tube droit dont l’invention est également due à Welter. Il plonge, à travers un bouchon, dans le liquide à une profondeur de 1,2, 5 ou 4 millimètres. Il sert également de monomètre et remplit le même objet que le tube en S dont nous venons de parler. Lorsqu'on augmente le ressort intérieur en soufflant dans le vase, le liquide monte dans le tube d’une certaine quantité qui mesure exactement l’augmentation de ressort que l’air a reçue. Le même tube peut aussi servir pour mesurer la diminution d’élasticité qui aura lieu. Lorsqu’il y a diminution de ressort, le niveau du liquide dans le tube se trouve au-dessous du niveau du liquide dans ce vase. Dans ce cas, la diminution d’élasticité est mesurée parla différence des niveaux.
On se sert souvent en chimie de séries de vases commuai-
quant les ans avec les autres, et dans lesquels se trouvent différentes substances, qu’il importe de ne pas brouiller ensemble. Il peut arriver, par une cause quelconque, que le ressort de l’air ou des gaz diminue dans ces vases, lorsque, par exemple , il y a des substances qui absorbent les gaz. Si, dans le cas d’absorption , l’air ne pouvait rentrer dans les vases, ce sont les liquides eux-mêmes qui passeraientd’un vase dans
Pciutrc •
Lorsqu’on suppose qu’il peut y avoir absorption, il faut avoir soin que le tube ne plonge que très peu dans le liquide. Alors, pour peu que le ressort intérieur diminue , air atmosphérique rentre dans le vase par le tube, et rétablit e
quilibre. . .
11 est facile, d’après cela, de comprendre ce qui se passe
dans une série de vases, appelée appareil de JVoulf, repiesente fig. 2.