‹ Cours de physiqueChapitre 80 sur 173 · RÉSUMÉ DE LA TREIZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE LA TREIZIÈME LEÇON

Dans lu dernieie seance, nous nons sommes occupés des înstrumens connus sous le nom d 'aréomètres et qui sontparticulierement destines a laire connaître ladensitedes liquides. On les divise en deux classes, les aréomètres à volume constant et les aréomètres à volume variable.

L’ aréomètre de Farenheit est un aréomètre ù volume constant. Effectivement on enfonce l’instrument toujours de la meme quantité dans le liquide par des poids additionnels. Dès lors on a pour chaque liquide le poids d’un même volume du liquide déplacé par 1 instrument. Les densités sont proportionnelles aux poids, et en divisant le poids du liquide dont on veut avoir la densité par le poids d’un égal volume d’eau, on a la densité du liquide. Cela revient au même que si l’on prenait les densités dans un vase.

Cet instrument peut aussi servir de balance hydrostatique pour faire des pesées dans l’air et dans l’eau. Il prend alors le nom d 'aréomètre de Nicholson .

Ces instrumens ne sont pas d’une grande application dans les arts, et particulièrement en chimie, parce qu’ils exigent des pesées qui se font toujours avec assez de difficulté. &

Il n’en est pas de même des aréomètres à volume variable et dont le poids est constant. On conçoit très bien que si l’on plonge un aréomètre semblable dans des liquides de densités differentes, il s’y enfoncera de quantités différentes, et que puisque le poids est constant, il s’enfoncera moins dans les liquides qui sont plus denses, et plus dans les liquides qui sont moins denses ; cardans le premier cas il faudra un moindre volume de liquide déplacé pour faire équilibre au poids de 1 instrument que dans le second. De sorte qu’il suffira d’inscrire les densités de chaque liquide sur l’endroit de la tioe

où cette tige coupe la surlace du liquide, et de formel une toble des densités des divers liquides. Vous sentez combien de pareils instruniens sont précieux* en ce qu en les mettant dans un liquide, ils donnent, par une simple lecture laite sur la tige convenablement graduée, la densité du liquide.

Mais dans les arts on ne se sert pas même des densités, on emploie des instrumens dont les divisions sont égales ; ce qui revient à ce qu’on appelle un volumètre. Nous avons parlé de celui qui devrait être adopté dans le commerce. Cet instrument,1 tout-à-fait scientifique, est une tige cylindrique qui étant plongée dans l’eau, s’y enfonce jusqu’à une certaine marque que l’on appelle cent ou mille; on conçoit ensuite toute la partie immergée divisée en cent ou en mille parties é„.ales Avec cette division extrêmement simple l’on a un instrument tout-à-fait comparable et au moyen duquel onpeut

s’entendre parfaitement.

Cet instrument, par son immersion dans un liquide , et en lisant la division qui correspond à l’immersion , donne le volume du liquide dont le poids est égal à celui de l’instrument. Ainsi quand il enfonce dans l’eau distillée jusqu’au nombre 100 ce nombre représente le volume d’eau dont le poius est éeal’au poids de l’instrument. Quand il ne s’enfonce que jusqu’au nombre 5o, cela veut dire que le volume du liquide dont le poids est égal à celui de l’instrument est représente

par le nombre 5o. ,

Connaissant les volumes, il est facile de passer auxdensi es

nui sont en raison inverse des volumes.

Cet instrument s’applique aux acides , aux esprits , enfin a

un liquide quelconque. , , , , a.

Le principal objet dans les arts est en general de connaître

quelle est dans un liquide la quantité réelle de la matière que l’on cherche dans ce liquide. Ainsi, en prenant pour exemp e l’acide sulfurique, on peut vouloir se procurer cet acide concentré; on peut ensuite le vouloir mélangé, suçant ces proportions plus ou moins grandes avec 1 eau. L plongé dans l’acide sulfurique concentre, s arrête a la o4 division. On fait une table, et on met a4 vis-a-vis 1 acide ton centré. Je suppose que nous ayons fait ensuite un acide dans lequel il y ait deux fois moins de matière reelle, J enfonce l’instrument dans ce nouveau liquide; je remarque 1 endroit où U s’arrête ; je porte la nouvelle division sur ma table et je mets vis-à-vis, la quantité de matière qui est entree dans le mélange, ainsi de suite. Je pourrai former ainsi une table dont les degrés correspondais à ceux de l’instrument, indiqueront

la quantité réelle d’acide sulfurique, depuis l’acide le plus affaibli par le mélange avec l’eau, jusqu’à l’acide le plus concentré.

Pour un autre acide, comme l’acide nitrique, il faudra faire une autre table ; parce que cet acide n’a pas la même densité que l’acide sulfurique, et que les combinaisons de l’acide nitrique avec l’eau ne se comportent pas de la même manière. 11 faudra aussi une table différente pour l’acide hydro-ehlorique; une table différente pour l’ammoniac, etc.

Il est assez indifférent d’avoir immédiatement les densités, puisque l’objet est en dernier résultat de connaître la quantité de matière et que la densité ne fait pas connaître cette quantité de matière immédiatement. Il suffit d’avoir un instrument dont les divisions soient égales et en ftiêmejtemps de faire des tables comme on ferait pour les densités, et de porter sur cette table les degrés du volumètre correspondons à la richesse ou à la quantité de matière réelle pour tel on tel liquide.

Cet instrument donne une exactitude plus que suffisante, puisqu’il indique des différences d’un millième, et que dans les ■arts on n’a jamais besoin d’aller au-delà d’un cinq centième. Il était donc très utile dans les arts comme pour les savons.

L’instrument qui le remplace dans les arts, est celui connu sous le nom d 'aréomètre de Beaumé. Nous avons signalé les inconveniens de cet aréomètre.

Le premier de ces inconvéniens , c’est que le volume ne correspond pas à ce que nous avons appelé cent, mais au nombre i44?3o8. Or il n’y a pas de raison pour qu’on prenne un nombre fractionnaire.

J’ai signalé également un autre inconvénient de cet aréomètre qui consiste en ce que la graduation est à rebours; et un plus grand inconvénient encore, c’est que l’échelle est différente pour les liquides plus légers que l’eau, et pour les liquides plus pesans : tandis que nous appliquons le volumètre aux liquides qui sont plus denses comme à ceux qui sont moins denses que l’eau.

L’aréomètre de Beaumé est réellement un volumètre, mais mal construit, et néanmoins, au moyen de tables bien faites, on parviendrait aux mêmes résultats : mais dès qu’on fait tant que de prendre une table, il vaut mieux la prendre scientifique. Quand on dit tel degré de Beaumé, par exemple 4o degrés, je ne sais ce que c’est que ce degré 40 de Beaumé, et si je voulats passer aux densités, je ne le pourrais pas; au lieu que si l’on me parle de tel degré du volumètre gradué comme je

viens de le dire , je pourrai passer immédiatement de ce degré aux densités.

Page 1