‹ Cours de physique (volume 2)Chapitre 107 sur 113 · TIMBRE. — DÉCOMPOSITION D'UN SON COMPLEXE · texte numérisé non relu

TIMBRE. — DÉCOMPOSITION D'UN SON COMPLEXE

a distingué les harmoniques jusqu'au seizième. 11 a même pu les faire saisir aisément aux personnes les moins exercées. En appuyant plus OU moins fortement un pinceau au point convenable de la corde, on produisait tel harmonique que Ton voulait, pur ou mêlé en proportion décroissante avec le son fondamental, de façon à ménager une série de transitions par lesquelles Toreille arrivait h suivre l'harmonique jusque dans le son ordinaire de la corde vibrant librement.

Un peu d'habitude permettra vile d'entendre les harmoniques des divers instruments et même ceux de la voix humaine, bien que ces derniers soient plus difficiles à séparer; et cependant Rameau (^) les avait déjà reconnus sans aucun secours étranger.

La sûreté de l'oreille dans cette analyse est d'ailleurs prouvée par ce fait qu'elle ne perçoit que les sons réellement existant. Ainsi, dans le son d'une corde ébranlée par percussion l'oreille n'indiquera jamais ceux des harmoniques dont Young a établi l'absence (369).

M. von Helmholtz, qui a mis tous ces faits en lumière dans son livre célèbre, dieLehre der Tonempfindungen, a montré que chacun des sons simples constituants peut être isolé de la masse sonore par un moyen purement mécanique, la vibration par influence des corps élastiques. « Chaque son simple existe donc dans le son complexe, produit par un instrument quelconque, aussi bien et au même titre que le rayon simple existe dans la lumière blanche émanant du soleil ou de tout autre corps incandescent. >:

L'analyse des sons (^) par influence s'effectue facilement à l'aide d'un piano dont (les étouffoirs étant soulevés) chaque corde décèle par ses trépidations le son qu'elle est elle-même capable de donner. Peut-être a-t-on dans cette expérience la reproduction exacte du mode d'analyse par l'oreille (409).

(*) Rameau, Nouveau système de musique théorique (préface). Paris; 1726.

(2) Il importe de remarquer que cette analyse ne s'applique qu'au son continu et laisse de côté les caractères provenant du mode de production (sifflement de Tair dans une embouchure, grincement deTarchet, choc d'un marteau...), ou du mode de variation (tantôt la note éclate brusquement, tantôt au contraire elle s'enfle progressivement; elle s'éteint lentement, ou elle est subitement étouffée), tous caractères qui dans la pratique nous aident puissamment à reconnaître le son.

Mais on emploiera de préférence les résonnateurs d'Helmhollz, associés soit à l'oreille soil aux capsules de Koenig comme l'indique la ligure ci-joinle. Appliquée aux syslèmes dont les vibrations sont définies nialhématiquement (cordes, tuyaiii sonores,

verges, etc.), cette décomposition, d'accord avec celle qui est produite par l'oreille, conHrmc entièrement ce que nous savons a priori sur le mode de vibration du système considéré.

En étendant ces méthodes aux divers instruments, on reconnaît qu'un son musical est d'ordinaire complexe. Un son simple, tel que celui d'un diapason sur sa caisse d'harmonie, semble creux et plus bas qu'il n'est réellement. Les grands tuyaux bouchés de l'orgue, qui, avec peu de vent émettent des sous presque entièrement dépourvus d'harmoniques, produisent iii>

Page 1