II. — TIMBRE
406. Décomposition d'un son complexe en ses éléments suivant le théorème de Fourier. — Rameau, Monge, Ohm, von Helmholtz, — D'après le théorème de Fourier (393), un mouvement périodique quelconque est, toujours et d'une seule manière, décomposable en mouvements pendulaires de périodes respectivement égales à la période du mouvement proposé, à la moitié, au tiers, au quart... de cette période.
Celte décomposition s'opère-t-elle réellement en acoustique ?
Ohm (^) avança qu'en effet l'oreille décompose tout mouvement périodique de l'air en vibrations harmoniques correspondant chacune à un son simple. La proposition semble au premier abord contredite par l'expérience journalière. Enclins à remarquer dans un son ce qui le différencie des autres sons de même hauteur, nous sommes accoutumés à fondre les harmoniques avec le son fondamental en un tout que nous qualifions par son timbre. Mais les éléments deviendront séparément perceptibles si nous y appliquons notre attention.
Les sons des cordes se prêtent particulièrement à ces observations. Que l'on émette successivement un harmonique, puis aussitôt le son complexe contenant cet harmonique, l'oreille discernera aisément le son simple dans le mélange. Par ce moyen, M. von Helmholtz
(*) Pellat, Journal de physique, X, 358 ; 1881 .
{^) Ohm, Pogg. Ann., LIX, 513 et LXII, i -, 1846-47. Scebeck, qui n'avait pas recours aux méthodes décrites plus bas pour diriger raltention de Toreille sur les sons en question, nia le fait (Seebecr, Pogg. Ann., LX, 449 et LXIH, 353 et