INTERVALLES MUSICAUX. — INTERVALLES CONSONNANTS
334. Intervalles oonsonnants. — Si Ton se borne aux intervalles compris dans Tespace d'une octave, l'application de la loi posée plus haut nous conduit aux intervalles suivants :
- unisson,
- octave,
- quinte, ^ quarte,
- tierce majeure,
^ tierce mineure,
77 si\le majeure,
TT sixte mineure.
Cette dernière est la limite des consonances, limite qui n'a rien d'absolu. Mathématiquement, il n'y a pas de critérium indiquant où finissent les nombres simples; et, pratiquement, il n'y a pas de séparation tranchée entre les intervalles consonnants et les intervalles dissonants considérés isolément. C'est en réalité de la structure de la gamme que dépend cette séparation. Ainsi en même temps que les sept modes mélodiques des Grecs se réduisaient à nos deux gammes, majeure et mineure, la tierce, d'abord rangée parmi les dissonances, était admise au moyen âge comme consonnance imparfaite, mais on l'excluait encore de l'accord final, où plus tard elle fut introduite sous la forme majeure, tandis que l'on n'employa régulièrement la tierce mineure que vers le milieu du siècle dernier, afin de distinguer nettement le mode faible. L'adoption de la sixte mineure est également toute récente. Sur la plupart des instruments, l'intervalle de septième naturelle ^ sonne au moins aussi bien que la sixte mineure ; et ce-
pendant les intervalles formés avec le nombre 7 ne sont pas acceptés des musiciens. Cela tient moins à ce que le nombre 7 est trop grand (on en admet de plus grands) qu'à ce fait qu'il est premier, et se trouve ainsi complètement en dehors des autres intervalles de notre gamme. 11 y a entre les derniers intervalles consonnants caractérisés par le nombre 5, c'est-à-dire les tierces et les sixtes, et les intervalles dissonants marqués par les nombres supérieurs, mais divisibles par 2, 3 ou 5, tels que la
seconde majeure, une véritable lacune formée parle nombre 7 (^). Les intervalles dissonants ont d'ailleurs leur raison d'être en ce qu'ils servent de contraste et de préparation aux consonnances. Leur importance s'accroît chaque jour dans la musique moderne, qui ne craint pas de retarder le repos consonnant.
336. Accords. — La règle relative à l'association de deui sons s'étend aux combinaisons de plusieurs sons, ou accords. Pour qu'un accord formé de trois sons, ou davantage, soit consonnant, il faut que non seulement les intervalles des différents sons au son fondamental, mais encore les intervalles respectifs de ces sons entre eux soient exprimés par des nombres simples. Sinon, rharmonie de l'accord sera troublée par quelque dissonance.
Le type des accords consonnants de trois notes est Vaccord parfait majeur
lit mi sol
constitué, comme on le voit, par deux tierces superposées, l'une majeure, Tautre mineure, donnant la quinte.
Vaccord parfait mineur
ut mi\^ sol
présente les mêmes intervalles, mais groupés autrement, la tierce mineure en bas. Cette interversion ne suffirait pas à expliquer la
(') Sans cloute ce n'est pas chose impossible que le septième harmonique se crée une place en musique. 11 est plus étrange que désagréable; et son étrangeté même vient plutôt de notre défaut d'habitude que de sa nature propre. Mais son emploi régulier ne pourrait s'introduire que par une révolution complète du système actuel (Voir Blaserna, Le son et la musique, p. 78. Paris, Germer- Baillière;1879).