‹ Cours de physique (volume 2)Chapitre 71 sur 113 · VERGES VIBRANTES. — VIBRATIONS LONGITUDINALES DES VERGES · texte numérisé non relu

VERGES VIBRANTES. — VIBRATIONS LONGITUDINALES DES VERGES

Expériences : Chladni, Savart, Biot, — Pour faire vibrer une verge longitudinalement, on la frotte dans le sens de la longueur avec les doigts, ou mieux avec un morceau de drap, saupoudré de colophane si la verge est métallique, imbibé d'eau acidulée si Ton opère sur du verre.

Quand la verge doit être libre aux deux bouts, on la soutient par un

Fig. 10 I

point où Ton veut avoir un nœud , au milieu par conséqucn t (fig. i o i ) si l'on cherche à en tirer le son fondamental^ au quart si Ton désire l'octave.

Chaque extrémité est alors un ventre; le déplacement des molécules parallèlement à Taxe y est maximum. Nous avons déjà vu (324) comment on peut rendre manifeste le va-et-vient de la section extrême. Savart (*) a mesuré l'amplitude de ce mouvement au moyen d'un sphéromètre, et il a trouvé qu'en vibrant une verge s'allonge autant que sous une traction de plusieurs milliers de kilogrammes. L'allongement peut même aller jusqu'à la rupture; et c'est une circonstance dont il faut tenir compte dans les calculs de résistance des matériaux : on ne devra jamais oublier qu'un faible effort répété peut produire des déformations que n'occasionnerait pas une force incomparablement supérieure appliquée en une seule fois (^). Ainsi en faisant vibrer un peu fortement une verge de

(M Savaht, Ann, de chim. et de phys.^ (jt), XXV, 12, 138 et 22o; 1824. ^»g- »o^

(2) L'accident du pont d'Angers, dont les câbles en fer se rompirent sous le pas cadencé d'un régiment, est demeuré tristement célèbre.

m ACOUSTIQUE.

cristal, on la verra se briser en un grand nombre de fragments par

des cassures perpendiculaires h l'axe.

\ax. nœuds le mouvement est nul, mais la condensation est maximum. Biot {') a montré le changement de densité aux nœuds par une expérience devenue justement classif(ue et qui s'appuie sur le fait suivant que nous étudierons pins loin : Si entra deux spatlis croisés et éteignant toute lumière on place une lame de verre ordinaire, l'obscurité persiste. Mais si, par un procédé quelconque, on détruit dans ce verre l'égalité de répartition des molécules, si par exemple on fléchit la lame entre les doigts, la lumière reparaît. Biot dispose donc entre deux spaths croisés une longue lame de verre de manière que le faisceau lumineux concentré par une lentille traverse cette lame lout près de l'endroit où elle est

saisie dans la pince qui la supporte; la lumière reste éteinte. Foilon vibrer la verge, l'oreille entend un son et en même temps l'œil voit une tache brillante illuminer l'écran. Cotte tache, bien qu'elle semble persister tant que dure le son, est en réalité inlermittenle : l'intensité lumineuse, maximum quand la condensalion ou la dilatation est elle-même maximum, s'atmule chaque fois que la varialion de densité, changeant de signe, passe par zéro. Le phénomène

('■ BiDT, .*ii>i. dechim. et ik plnjs., {■!'. XIII, 38« ; 1830.

Page 1