NATURE ET CARACTÈRES DU SON. — PRODUCTION PAR UNE SÉRIE DE CHOCS
ton A on fait engrener la roue R avec la vis sans fin V; en pressant sur B on désengrène.
La marche d'une expérience est alors la suivante. Le compteur étant hors prise, le son produit par la sirène est amené à la hauteur voulue (^), et la pression est réglée de façon à maintenir cette hauteur exactement constante. A un instant donné par un chronomètre, on pousse le bouton A, le compteur entre en mouvement, l'expérience commence. Quand on veut y mettre fin, on presse le bouton B, en même temps qu'on marque Theure au chronomètre.
il y a nécessairement au début et à la fin quelque incertitude sur l'époque exacte de la mise en marche et de Tarrèt du compteur; de plus, celui-ci ne marquant que les tours entiers et non les. fractions de tours, le nombre total des oscillations doubles du son que Ton observe peut être erroné de A:-i , X: étant le nombre des trous du plateau. On atténuera l'influence de ces causes d'erreur en prolongeant le plus possible la durée de l'expérience. Toutefois, il n'est pas facile de maintenir un peu longtemps le son absolument fixe, ce qui est cependant la condition essentielle d'une mesure précise. Oq emploiera avantageusement le régulateur de Cavaillé-Coll, sorte de petit soufflet à contre-poids, traversé par le vent de la soufflerie. Pour combattre la tendance du son à monter, on peut également s'aider soit d'un régulateur à ailettes fixé sur la sirène, ainsi que le faisait Cagniard de La Tour (qui, lui, ne se servait pas d'autre soufflerie que de sa bouche), soit d'un régulateur électro-magnétique (*), soit simplement d'une faible pression du doigt : ici, comme partout, Ihabileté de l'opérateur peut suppléer aux imperfections de l'appareil. Mais pour se mettre complètement à l'abri des variations du
{') Pour les sons très élevés, on peut, à l'exemple de Cagniard de La Tour, laocer l'appareil avec un ruban préalablement enroulé sur Taxe comme la ficelle d'une toupie ; il sufflt alors de maintenir la vitesse pendant le temps nécessaire à Texpérience.
(^) M. Bourbouze construit une sirène dont le réglage est fondé sur le ralenliisement qu*un aimant apporte à la vitesse d'une masse métallique en mouvement dans le voisinage. IJn disque en cuivre rouge, fixé sur Taxe de lu sirène, passe entre les deux pôles d*un électro-aimant que Ton peut approcher ou éloigner de façon à en modifier Faction. La sirène étant mise en mouvement au moyen d'un soufQet à émailleur ou d'une trompe, qui fournisse un courant d'air capable de donner un son supérieur à celui que l'on veut mesurer, ou approche les pôles magnétiques jusqu'à ce que l'on obtienne le son voulu.
VioLLB, Cours de physique, —IL 2
son, le mieux est d'imprimer à la sirène son mouvement de rotation par un moteur indépendant, comme Seebeck Ta fait depuis. M. von Helmhollz a employé à cet effet une petite machine magnéto-électrique, munie d'un régulateur à force centrifuge qui interrompait le courant dès que la vitesse de rotation commençait à dépasser une certaine valeur; il a obtenu ainsi « des sons d'une hauteur extraordinairement constante, rivalisant avec ceux des tuyaux d'orgue les mieux construits ».
Dove a ménagé dans le plateau plusieurs séries de trous pouvant fonctionneràvolontéensemble ou séparément; elM. von Helmholtz, réunissant deux sirènes polyphones de Dove, a combiné un instrument qui se prèle à un grand nombre de démonstrations intéressantes. N'oublions pas enfin que la sirène peut parler dans l'eau (c'est Torigine de son nom) : pour cela, il suffit qu'elle soit immergée complètement et alimentée par un courant d'eau sous pression convenable.
330. Mesure de la hauteur d'un son. — L'oreille estime avec beaucoup d'exactitude l'égalité de hauteur de deux sons : deux cordes étant amenées à l'unisson^ il suffira de changer très peu la longueur de l'une d'elles pour produire un désaccord sensible. Les appareils précédents (monocorde, sirène, roue dentée) permettent de vérifier que deux sons jugés par nous à l'unisson, le son d'une corde et celui de la sirène, par exemple, battent le même nombre de vibrations, quelles que puissent être d'ailleurs leurs différences d'intensité et de timbre.
En conséquence, ces mêmes appareils serviront à mesurer le nombre de vibrations d'un son donné quelconque. Il suffira de prendre l'unisson de ce son sur le monocorde, sur la sirène ou sur la roue dentée, et de mesurer le nombre des vibrations du son émis alors par l'appareil employé.
Le monocorde est commode pour une évaluation rapide de la hauteur d'un son. C'est une corde tendue sur une table entre deux chevalets fixes, et sous laquelle peut se déplacer un troisième chevalet mobile en regard d'une règle divisée. La corde est attachée d'un bout à une cheville fixe, de l'autre à une vis qui règle sa tension. En agissant sur cette vis, on amène la corde, vibrant dans