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I. — QEiL

442. Œil. — Description physique. — L'étude de l'œil précède naturellement celle des iostruinents d'optique, qui n'ont pour objet ]ue de corriger les imperfections et d'augmenter la puissance de cet organe.

Au point de vue physique, l'œil constitue une chambre noire dont a paroi, formée par la sclérotique, tapissée de la choroïde, reçoit 'épanouissement du nerf optique (rétine). La sclérotique devient ransparente en avant où elle prend le nom de cornée; de même a choroïde se modifie à la partie antérieure pour enchâsser le cristallin, véritable lentille située à l'entrée de cette chambre loire et recouverte par un diaphragme (iris) percé d'un trou 'pupille) qui peut se rétrécir ou s'agrandir sous l'action de nuscles spéciaux. Entre la cornée et le cristallin est un liquide Qcolore, se distinguant à peine de l'eau (humeur aqueuse) ; entre le :ristallin et la rétine, l'œil est rempli par une masse gélatineuse )eu consistante (corps vitré). La lumière du dehors a donc à trarerser toute une série de milieux d'indices variés et de coui"- 3ures différentes (*) avant d'arriver à la rétine. La connaissance le ces quantités suffit pour calculer l'effet produit. Le calcul a 3té effectué par Listing d'après un ensemble de mesures dont les

(>) Les deux surfaces de la cornée sont sensiblement des sphères, la faoe antérieure du cristallin un ellipsoïde de révolution, la face postérieure un paraboloide. Mais, dans leur partie utile, toutes ces surtacos peuvent élre confondues avec des sphères.

résultats peuvent^ sans inconvénients, s'écrire en nombres ronds : ils se rapporteront à une sorte d'œil moyen, abstraction faite de& petites variations individuelles.

Conception théorique : Listing (*), Volkmann (*). — La cornée n^ayant qu'une épaisseur de o°",4» présentant sur ses deux facfc « sensiblement le même rayon de courbure (égal, d'après Listing, j 8™°^) et possédant un indice de réfraction (i,34o) très peu supériem i à celui de l'humeur aqueuse (1,337), il est permis, ainsi que Vn proposé M. von Helmholtz, de ne considérer qu'une seule réfraction s'eiïectuant entre Pair et l'humeur aqueuse à la surface antérieure de la cornée, dont les distances focales principales (427) seront, en conséquence, 24""* et 32"™.

D'autre part, les indices de réfraction de l'humeur aqueuse (1,337) ®t ^® l'humeur vitrée (i,338) étant presque identiques, le cristallin se comporte comme une lentille placée dans l'humeur aqueuse^ sa face antérieure à 4'"°' de la face antérieure de la cornée, et qui aurait, suivant Listing, 4"*°" d'épaisseur, des rayons de courbure de io°°* et de 6"°, et un indice de réfraction

total égal à — = i,4545. La distance focale principale de celle

lentille est 44"" ; les plans principaux sont tous les deux à rintérieur de la lentille, à 2™", 35 et i™™,4o des faces correspondantes; enfin l'interstice a pour valeur o'°™,25 (^).

Si nous appliquons à cet appareil les formules relatives à la combinaison de deux systèmes optiques, en y faisant /! = 24" /ï=:32°*°,y;=:yî=44"*°', e=6°^",35, nous obtenons pour les deux distances focales principales du système unique équivalent, compris entre les mêmes milieux extrêmes (air et humeur vitrée), y=i5" et/' = 20"*°. La distance du premier plan principal à la face aolérieure de la cornée est /i = 2"°,i5; la distance du deuxième plan principal à la même face, 6""",6o--/i'=2"",55 : ces deux plans sont donc contenus dans la chambre antérieure de l'œil et leur écart est à peine o'°'°,4* Les points nodaux sont à l'intérieur do

(*) Listing, Dioptrik des Auges, in Wagner's Handwôrterbuch d, Physiologie\

(2) Volkmann, Seherij in eod. hc. ; 1846.

(3) Dans rœil vivant, le cristallin est un peu plus convergent qu'après U mort (429).

IHSTRUMENTS D'OPTIQUE. — ŒIL. iSl

cristallin, près de sa face postérieure (le premiep à ©"",75, le second à o"",35 en avant <ie cette surface), et séparés l'un de l'autre par la même distance très petite o""°,4. EnRn, fait capital, le second foyer tombe exactement sur la rétine, qui se trouve À i5" derrière le cristallin (33"'°' au delà de la face antérieure de la coroée), la très faible différence que nous rencontrons (moins d'un demi-millimètre) étant inférieure aux incertitudes des

Fig. 38i

données. La figure 38j, empruntée à M. von Ilelmholtz, représente Vml schématique de Listing, visant à l'infini ; F, F,, sont les foyers principaux, h, h,, les points principaux, k, k„ les points nodaux.

La petitesse de l'interstice permet de confondre en un seul les deux, points principaux et de même en un seul les deux points oodaux. On obtient ainsi ua système que Listing nomme Vceil réduit : une simple surface spUérique //, dont le pôle serait au point principal unique à a'°",3i> en arrière de la surface antérieure de la cornée, dont le centre (point par lequel passent les rayons sans déviation) serait au point nodal double x, à o**,.35 en

avant de la surface postérieure du cristallin, et qui séparerait Fair de rhumeur aqueuse ou vitrée ('). Cette conception est le plus souvent suffisante.

On peut encore comprendre le rôle des milieux réfringents de Toeil en supposant la rétine dans Tair et en mettant devant elle à iD""" (contre la face postérieure du cristallin) une lentille convergente infiniment mince de i5"" de distance focale.

Antérieurement aux calculs de Listing, les expériences de Volkmann avaient établi que Tœil se comporte en effet à la façon d'une lentille unique placée dans Tair. En disposant plusieurs mires en avant d'un œil isolé, dont il avait raclé la sclérotique pour la rendre transparente, il constatait que ces mires projetaieot sur la rétine leurs images dans des directions qui se coupaient toutes en un même point situé près de la face postérieure du cristallin.

On construira donc, d'après les règles ordinaires, les images qui seront semblables aux objets et renversées.

Quant à ce renversement, signalons au passage Tinanité de la question souvent posée : Gomment voit-on les objets droits, leurs images sur la rétine étant renversées (') ? L'image produite dans l'œil n'est pas un tableau que nous regarderions du dedans. «Notre conscience naturelle, dit à ce sujet M. von Helmholtz, ignore complètement et l'existence de la rétine et la formation des images optiques : comment saurait-elle quelque chose de la position des images qui s'y forment? » La sensation reste aussi inexpliquée, quelle que soit dans l'organe la situation de Timage.

Théorie physique de la vision. — Experieîice du P. Scheiner ;*). — La netteté de la vision a pour condition nécessaire l'existence d'une image nette sur la rétine. Parmi les nombreuses démonstralions à l'appui de ce principe, nous citerons seulement l'expérience du

(*) Le rayon de courbure de cette surface est 5™",io; les distances focales principales restent i5™"^ et ao™™.

(*) Par contre, une image droite fait voir Tobjet renversé. A travers un petit trou percé dans une carte opaque, regardons une surface très éclairée, li flamme d'une bougie, par exemple; entre l'œil et la carte, faisons passer un objet délié (plume, épingle). La pupille agit alors comme une grande ouverture: l'ombre de l'objet tombe sur la rétine sans renversement; l'objet parait renversa et semble se déplacer en sens inverse de son mouvement réel.

(*) Scheiner, Oculus, sue fundamentum opticum, Innspruck; 1619.

P. Scbeiner. Dans une carte opaque on perce deux trous à un intervalle moindre que le diamètre ordinaire de la pupille (qui est d'environ 4"). On met cette carte devant l'œil et l'on regarde h travers les deux trous une aiguille située à petite distance ; on voit deux images. Si l'on retire la carte, oo n'en perçoit plus qu'une, mais très conrusémeot. Éloigne-t-on l'objet, les deux images se rapprochent et finissent par se réunir. Si alors on enlève la

b'ig. 3H6

carte, Timage unique reste parfaitement nette. La figure ci-contre fait comprendre immédiatement ces dilTércntes apparences. Quand le point P est très voisin de l'œil, son conjugué P' est derrière la rétine : vu directement, l'objet manque de netteté; examiné à travers les deux trous A et B qui isolent deux pinceaux étroits, il paraîtra double. Le point P s'éloignant, P' se rapproche de la rétine, et quand il y arrivera, la vision sera également nette à l'œil nu ou à travers la carte (']. Nous conclurons donc que la vue n'est distincte que s'il y a image nette sur la rétine.

Vtic distincte. — Toutefois ce principe ne doit pas être appliqué avec une rigueur géométrique qui ne convient à aucun de nos organes. Il importe avant tout de savoir ce que l'on appelle vtie distincte. Un œil normal voit la lune se détacbei' nettement sur le fond, du ciel, mais il ne saisit aucun détail de la surface.

(■) Si l'œil est myope, P conLinuant h s'éloigner, P* passera cii avant de la rétine et l'on verra de nouveau à travers la uarte deux images, mais croisées, l'image supérieure correspondant au irou inrérîeur, et réciproquement.

S8S OPTIQUE GËOHKTRIQUB.

Dans toute image, les détails au-dessous d'une certaine grandeur angulaire nous échappent effectiremeot.

Inégale sensibilité des diverses parties de la rétine : ptmetum caectim, fovea centralis. — Le nerf optique lui-même est insenàble à la lumière. Le point où il pénètre dans l'œil constitue le ptmetum œcum, la tache aveugle, dont on peut facilement reconnaitre sur soi-même l'existence, au moyen de l'expérience suivante, due à Marîotte (') : Que l'on ferme l'œil gauche et que l'on regarde fixement

fig. 38;

avec l'œil droit la croix blnnche de la figure ci-contre, empruntée à M. von Hclmholtz, en avançant ou en reculant le livre mainteou verticalemeol, on trouve aisément une distance (So"" environ] pour laquelle le cercle blanc s'elTacora complèlement ('). La région h plus sensible de l'œil, celle sur laquelle on amène toujours l'image: quand on arrête son regard sur uq objet (quand on lit ou qu'on écrit), est la fovea centralis, la partie centrale d'une tache jaune '' placée un peu en dehors du pwicliim cœcitm. Elle est former essentiellement par la juxtaposition d'un très grand nombre Ai tout petits organes, les cônes, dans lesquels se terminent les deruières ramifications du nerf optique ; ce sont les véritables éléments impressioonables par la lumière ('). De leur grandeur df-

{') Mahiotte, (£uvres, dans les Mémoires de l'Arodiimie; 1669-82.

(*) Le diamètre apparent de la tadie aveufile esl, selon M. ton ttelmbollf. " (onze pleines lunes y tiendraienl sur une seule rangée], le diamètre vni i*"A

(>) A l'état normal, la rêline est rouge; le pourpre rétinien, qui a sonsief' dans les bàloniiets, Tail dt^faul dans la taclie jaune : il ne joue donc pas un rùl' essentiel dans la vision, comme on l'a parfois prétendu.

(') Dans les autres parties de la rétine (sauf le punetum cKCum), les cbnn s* trouvent mêlés en proportions diverses, suivant les régions, aux bAtOuneli qm font également défaut dans la tache aveugle.

pend nécessairement le degré d'exactitude que peut atteindre la vision. Or les cônes ont dans la fovea centralis un diamètre de 3*" à 4''i d'après KôUiker. Assurément on peut \oir un objet dont l'image rétinienne a géométriquement un diamètre bien inférieur, si ce objet est assez éclairé pour affecter sensiblement Tun des cônes : c'est ainsi que Tœil perçoit très nettement les étoiles, malgré l'infinie petitesse de leur diamètre apparent. Mais on ne pourra pas distinguer deux points lumineux dont la distance apparente sera inférieure à 4o', angle \isuel correspondant à 3*" (^). En fait, par

ite des aberrations, le pouvoir séparateur de l'œil diffère peu i\ ce qui correspond à une tache lumineuse de ^^^^.

Toute déviation des conditions idéales de la vision qui n'en-

tne pas de perturbation au delà de cette limite sera donc ab-

lent négligeable. L'œil normal qui voit nettement à l'infini

encore nettement un objet distant de 13°", le cône des

fOD8 réfractés ne détachant pas encore sur la rétine un cercle ^i^nn diamètre supérieur à 4*^,5 ('). Mais un œil normal voit nettement les objets très rapprochés, non pas, il est vrai, sans un certain travail intérieur dont l'observateur a conscience et que l'on appelle l'accommodation.

Accommodation : images de Sanson ('). — Guidé par une ancienne expérience d'Young, le chirurgien français Sanson a indiqué le moyen de déterminer en quoi cette accommodation consiste. Plaçant devant l'œil du sujet une bougie allumée, il en percevait trois images: deux, droites et virtuelles, provenant de la réflexion sur les surfaces convexes de la cornée et du cristallin (l'image donnée par ce dernier étant plus grande et bien moins brillante), la troisième (beaucoup plus petite que l'image cornéenne et que la première image cristalliniennc), renversée et réelle, relative à

(>) Les images, ou plus exaclement les cenlres des images de ces points tombent alors sur un seul cône ou sur deux cônes adjacents; l'impression sera identique à celle que produirait l'image d'un point unique rencontrant un seul élément ou la ligne de contact de deux éléments. L'œil ne peut distinguer deux images que si elles se forment sur deux éléments séparés par un troisième ne recevant pas de lumière ou en recevant moins que les deux autres.

(') Telle est du moios la conclusion du calcul quand on remplace l'œil par la lentille infiniment mince de i5™°^ de distance focale. La limite s'abaisse à 8"* si Ton tient compte de la figure réelle des surfaces réfringentes et de la forme qui en résulte pour le faisceau réfracté, comme Ta fait Sturm.

(') Sanson, Leçons sur les maladies des yeux, Paris ; 1837.

ggO OPTIQUE GËOHËTBIQUE.

la surface concave du cristallin; el par l'aspect de ces images il jugeait de l'étal de l'œil. Le physicien hollandais Cramer (*) di^xm l'expérience de façon à obserrer les déformations des images quiDd la vue se porte brusquement d'un objet éloigné à un objet rapproché P : la première image droite reste fixe, ce qui signifie que U cornée ne change pas de forme; mais la grande image droite se déplace beaucoup, prouvant ainsi que la face antérieure ducm-

tallin a subi une forte augmentation de courbure. L'observation de l'image renversée montre que la face postérieure a au contrairt pris une courbure un peu moindre. Au moyen de son ophtalmomètre (429), M. von Helmhoitz a pu mesurer exactement ces variations de courbure, et mettre hors de doute ce fait que la conter' gence du cristallin s'accroît pour les faibles distances (*).

Diverses sortes de vues. — Avec l'âge, la faculté d'accommodation diminue, et la limite inférieure de la vision distincte recule : oa devient presbyte {rp^sSu;, ancien). Pour voir de près, on devn placer devant l'œil un verre convergent (*).

(') Chauer, Hel Accomodatieveimogender Oogen. Haarlem; 1853. {') L'œil accommodé pour une certaine dislance voit mal les objets plus éloigné) ou plus rapprochtis, parce que leurs images sur la rétine ne sont pas au poinl- (^) La distance f de ce verre sera donnée par l'équation

<{élant la dislance à laquelle on veut réduire la limite intérieure delà visiondi»tincte, limiteactuellement égale &n (abstraction faite de la distance du terrekrsii ■

INSTRUMENTS D'OPTIQUE. — ŒIL. 59t

L'œil normal ou emmétrope (èv dans, (léTpov mesure, (lï^ œil) voit istinctemeot depuis Tinfini jusqu'à une courte distance (environ 5^); en d'autres termes, des deux limites de la vision distincte t plus lointaine, le punctum remotum est à Tinfini; la plus raprochée, le punctum proximum, est à i5*" (*).

Le système optique de Tœil peut présenter un excès ou un défaut e convergence par rapport à la distance à laquelle se trouve la rêne : de là deux amétropies.

L'œil myope (jiuetv serrer, &^ œil, à cause de Thabitude qu'ont is myopes de serrer les paupières pour voir un peu moins mal) ou nchymétrope (Ppo^uç, court) ne voit distinctement qu'entre deux mites finies : une limite supérieure, toujours peu éloignée ('), et ne limite inférieure qui se réduit souvent à quelques centimètres, île rapprochement d\i punctum proximum n'a pas d'inconvénients, \ raccourcissement de la limite supérieure est fort gênant : on y îmédie à l'aide d'un verre divergent (').

L'œil hypermétrope (Orép, au delà) ne voit nettement à aucune istance {*) : pour se rassembler sur la rétine, les rayons incidents oivent déjà posséder une certaine convergence : le punctum relotum^ défini comme le point où l'œil voit sans accommodation,

(*) Le nombre de 3o^°^, que Ton cite souvent comme distance normale de la lion distincte et qui n'est autre chose que la distance convenable pour lire I pour écrire, correspond à nos conditions de vie civilisée et n'aurait aucune ^unification physiologique si Thabitude ne donnait en effet à l'œil de Thomme Hade une facilité particulière d'accommodation pour cette distance. C'est Qsi que les enfants, entre les mains desquels on met des livres mal imprimés s obligeant à regarder de près, deviennent myopes parla persistance d'un état Bibord passagèrement imposé. Inversement les chasseurs, les montagnards, s marins, accoutumés à observer les objets éloignés, perdent la facilité d'ac- •mmoder leur vue aux courtes distances et sont presbytes de très bonne heure. (') Si elle atteignait quelques mètres, la vue serait nette jusqu'à l'infini. (') Ce verre devra avoir pour distance focale la distance p du punctum remo' m. La vision sera alors distincte depuis l'infini jusqu'à une distance d déterinée par la formule

étant la distance du punctum proximum.

(*) Pour certains yeux hypermétropes, l'accommodation permet de voir les >jets éloignés jusqu'à une distance minima correspondant au punctum 'oximum. Ce point peut donc être situé à distance finie. Il peut aussi être à nfini, ou même passer derrière l'œil, c'est-à-dire être virtuel, sa distance >8olue étant alors plus grande que celle du punctum remotum.

trous : [ formant un trapèze de dimensions telles qu'il puisse se loger dans la pupille disposée pour une lumière peu intense. A travers ces quatre trous, on regarde une aiguille horizontale placée assez près pour que chaque trou donne une image distincte. Si alors on éloigne graduellement Taiguille, on voit les quatre images se rapprocher jusqu^à se réunir en une seule quand on atteint le punctum proximum. Mais la réunion s'effectue d'une façon différente selon les yeux ; le plus souvent, les images centrales se superposent les premières : l'aberration est alors de signe contraire à celle d^une lentille convergente; d'autres fois, ce sont les images marginales qui ;ommenccnt par se joindre : l'aberration est de même signe que lans une lentille ordinaire; parfois enfln il arrive que la coïncileoce a lieu simultanément pour les quatre images : l'aberration )si nulle.

Les milieux de Tœil agissant comme une série de prismes loot les actions concorderaient, Taberration de réfrangibilité «mble également devoir être considérable; et cependant elle est îD général tout à fait insensible. Cela tient toujours à la petite >uverture de la pupille dans une lumière vive : chaque faisceau de Myoos monochromatiques est très effilé dans sa portion utile, et par u>nséquent la superposition des divers faisceaux est presque complète ;ur la surface suivant laquelle ils sont coupés par la rétine. Mais ;i, par une instillation de belladone, on maintient la pupille aussi lilatée au grand jour qu'elle Test normalement à une faible lumière, les objets apparaissent entourés d'une auréole colorée. Le léfaut d'achromatisme de l'œil se manifeste encore dans l'expérience ie Scheiner : les deux images de P (fig. 386) sont irisées. Si l'on a m P une fente lumineuse, on voit deux spectres tournés en sens averse. Nous rappellerons enfin l'observation de Fraunhofer : m étudiant le spectre avec une lunette achromatique, il avait remarqué que cependant la mise au point différait beaucoup d'une rouleur à l'autre, circonstance qui prouve le défaut d'achroma- ;isme de l'œil et qui permettrait même de le mesurer (*).

Persistance des impressions lumineuses sur la rétine : thauma- 'rope^ phénakisticope ^ cercles de Faraday. — Bien que nous lais-

(*) Le raisonnement d'Euler (p. 568) reposait donc sur une donnée tou( à fail 'ausse.

VioLLE, Cours de physique. — II. 88

sioDs ici entièrement de côté l'étude physiologique de l'œil, nout De pouvons passer sous sileoce un phénomène qui joue en physique un rôle important, déjà signalé à plusieurs reprises, c'est-àdire la persistance des impressions lumineuses sur la rétine. An moyen d'un disque tournant analogue à celui de la figure

Fig. 389

ci-dessus, on peut aisément constater que la durée de cette i tance, variable d'ailleurs avec les conditions de respérieiK d'environ un dixième de seconde.

Parmi les appareils établis sur ce fait, nous citerons : Le thaumatrope (bxj'^x, merveille; ipiniù, tourner) ('), carton

(') Paris, Edinb. journ., IV, 87.

Aire tournant autour d'uo de ses diamètres et portant uae de ses faces uo dessin incomplet, sur l'autre les parnanquanles qui, dans la rotation, s'ajoutent aux pre-

phénakisticope (^evix'.stixîç, trompeur) (') : quand les deux es A et B (ûg. 390) tournent ensemble, l'œil reçoit par les ■■ venant successivement passer devant lui une série d'ïmpresqui se prolongent de façon à provoquer la sensation d'un ement continu de l'objet dessiné à diverses phases de ce moult sur le carton B(362).

roues de Faraday {'} : ce sont deux roues identiques, touren sens inverse avec la même vitesse suffisamment grande et t l'aspect d'une roue unique, flxe, qui aurait un nombre de ouble de ceu\ que possède réellement chacune des roues

Fig. 3u,

f ig. 3s»»

es. Pour nous rendre compte de cette apparence, considé* l'abord une simple barre supposée brillante : si cette barre B assez vite , le champ paraîtra uniformément éclairé je pour noire ceïl la lumière de la barre se répartira égale-

[ATiAu, Corretpoad. math, et phys. de rObserv. de Bruxelle», VII, 365 ; f. Stahpfer, Die stroboskoptschen Scheibea. Wien ; 1833. Dans les disques icopiques, les figures sont tracées sur le même carton que les fentes : t servir de l'appareil, on se met devant une glace, les ligures faisant face ice, et on regarde à travers les fentes. iitDAT, Journal of ihe Royal Inslitulion, I, 1831.

ment sur tout le cercle. Si devant cette barre nous en plaçons une deuxième, aussi brillante, tournant en sens contraire à vitesse égale, rintensité de Téclairement apparent du champ sera double, sauf sur les deux diamètres rectangulaires suivant lesquels les deux barres se croisent à chaque révolution, la barre supérieure étant alors la seule éclairante. Le champ présentera donc deux bandes immobiles perpendiculaires, relativement obscures. Le raisonnement s'étend de lui-même à un nombre quelconque de barres, et par conséquent aux deux roues de Faraday (*).

Vision binoculaire. — Stéréoscope : Wheatstone^ Brewster, dAl meida, — Nous ne saurions non plus omettre absolument le phénomène de la vision binoculaire. Que Ton voie mieux avec deai yeux qu'avec un seul est chose connue de tous et qui n a guère besoin d'explication. On conçoit moins la simplicité de l'apparence, malgré la dualité de l'image.

Pour qu'un objet, que nous supposerons d*abord assez éloigné, paraisse simple, il faut que les images de chacun de ses points se forment en deux points physiologiquement correspondants des deux rétines. Lç fait arrive normalement quand les axes des deux yeux sont dirigés vers l'objet. Mais il suffit de déranger l'un des yeux par une légère pression du doigt pour détruire cet arrangement et faire surgir deux images. Lorsque lobjel est rapproché, les images produites dans les deux yeux ne peuvent plus être identiques, et le principe posé plus haut cesse d'être rigoureusement applicable. 11 en résulte une vision spéciale. causant la sensation du relief, comme le prouve ce qui se passe dans le stéréoscope (j-rspEc;, solide; cxczio), voir) (*).

Cet appareil, imaginé par Wheatstone, donne la sensation du relief en mettant devant chaque œil une image de Tobjet telle que la recevrait cet œil et en assurant aux rayons émanés de cellt? image la direction qu'ils auraient s'ils venaient réellement de l'objet. Procurons-nous deux photographies de Tobjet prises au

(*) Si les deux roues tournent en sens inverse avec des vitesses diffrr^ntfs. les rais de l'image paraissent tourner en sens contraire de la roue qui u > plus vite, avec une vitesse égale à la demi-différence des vitesses des deci roues.

(2) Wheatsto.ne, in Mayos Outlincs of human Physiology; 1833* et FkU I-anNi 838, part II, p. 371.

ISSTHUHESTS D'OPTIQUE. — ŒIL, S97

yen de deux objectifs braqués sur lui ainsi que le seraient les tx yeux; cl, à l'exemple de WheatsIoDe ('), ))laçoas-les eu AB

VB\ vis-à-vis de deux miroirs plans M, M', perpendiculaires re eus : les images se superposant en ab, le relief appa<

t. Brcwslcr a produit le même effet plus commodément avec IX lentilles prismatiques : chacune d'elles peut être considérée

) Wheatstone se servait de dessins tracés géométriquement.

comme constituée par la juitaposîtion d'une lentille qui fournit une image virtuelle à la distance de la vision distincte et d'un prisme qui rejette cette image en ab où les deux, images se réunissent.

Le phénomène se montre sous une forme très frappante dans Texpérience de d'Almeida. Sur un écran on superpose en projection deui images stéréoscopiques, Tune rouge, Fautre verte, de façon à obtenir une image unique, incolore et sans relief. Mais si Ton regarde cette image à travers une paire de lunettes dont Tud des verres soit rouge, et Tautre vert, Firnage prend un relief saisissant, tout en restant incolore.

443. Propriétés générales. — Les instruments d'optique ont tous pour but d'augmenter la puissance de Toeil.

Puissance. — D'après Verdet, on appelle puissance d'un instrument le diamètre apparent sous lequel cet instrument fait voir Tunité de longueur prise à la surface de Tobjet.

Grossissement. — Le grossissement est le rapport des diamètres apparents (*), toujours petits, sous lesquels on voit Tobjet à travers rinstrument ou à Tœil nu, dans les conditions où s'effectue chacune des visées.

11 importe, en effet, de préciser la position de Tœil non seulement par rapport à l'objet, mais aussi par rapport à l'image que rinstrument substitue à l'objet (^).

L'instrument est toujours théoriquement réductible à une lentille unique. Soient F' le second foyer et H'R' le second plan principal de cette lentille. Par le sommet Q de l'objet PQ (') meûcns QR' parallèle à l'axe, tirons F'K'. Le sommet Q' de l'image P'Q' se

(1) Au lieu des diamètres apparents, il sérail peul-être plus naturel de coosi* dérer les grandeurs des images rétiniennes; mais, les déplacements du poiDl nodal de l'œil avec raccommodalion étant négligeables, les deux quantités sont proportionnelles, et Tusage des diamètres apparents est plus commode dansU pratique.

(>) Voir GcÉBHARD, Annales (Toculistiquey LXXXIX, 197, elJournal de physiqV!, (2), II, 266; 1883; et Gariel, Études d'Optique géotnéh'ique. Paris, Nonv, 18»V: p. 162.

(3) Si PQ= I, angle PCQ mesure la puissance de rinstrument.

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