INTERVALLES MUSICAUX. — DIAPASON NORMAL
Aucun intervalle n'est respecté. L'altération la plus grave porle sur
la tierce, dont la différence avec la tierce naturelle s élève à — r.«
quantité qui n'est nullement négligeable : on s'en convaincra si Ton remarque que, dans la gamme moyenne du piano, le mi est par le fait du tempérament surélevé de 2,5 vibrations ('), tandis que, dans la même gamme, la différence entre la tierce majeure et la tierce mineure, différence suffisante pour changer complètement le caractère d'un morceau, ne monte qu'à i3 vibrations.
339. Diapason normal. — Les valeurs relatives des différentes notes de la gamme étant déterminées, et les gammes procédant par octaves successives, il suffit, pour fixer tous les sons, d'arrêter la valeur absolue de l'un d'eux.
Le son sur lequel se règlent tous les autres est le la du diapason, ou la^.
Jadis ce repère n'était rien moins que fixe. Des mesures de
Sauveur, les plus anciennes que l'on ait sur cet objet, il résulte
qu'en 1700 le ton ordinaire de l'orgue et du clavecin, à Paris, était
de 4o5 vibrations doubles par seconde. Pendant le dix-huitième
siècle, les déterminations oscillent entre 4 10 et 4^^- Kn i833, Schei-
bler trouvait, à Paris seulement : à l'Opéra, deux diapasons de ^26^5
et 434, aux Italiens et au Conservatoire deux autres de 4^5 et 44o,5.
Quelques an nées plus tard, ces diapasons avaient encore monté; et,
en 1857, Lissajous mesurait à l'Opéra 448. Pour arrêter cette
progression désordonnée, un décret en date du 16 février 1859 a
fixé, en France, le la du diapason à 435 vibrations par seconde (*).
La gamme naturelle réglée sur ce la est
ut^ re\ mi^ fa^ sol^ la^ si^ ut^
(*) La tierce pythagoricienne est alors trop haute de 4 vibrations.
(') Sauveur puis Chiadni avaient pris pour point de départ un ut^^ de 256 ^brations. avec lequel chaque ut est une puissance de 2, et qui est encore fréquemment employé par les acousticiens : le la^ vaut alors 426,66. En Allemagne, depuis la réunion de Stuttgard en 1834^ on suit le la de Scheibler, battant 440 Tibralions, nombre peu différent de celui du la français, mais plus commode pour les calculs. En Angleterre, le diapason est d'environ un demi-ton plus haut que chez nous.
et les octaves successives sont :
Ut^t
llt^ ,
ut^
uh
Uh
iih
titii
ut,
Au moyen de ces nombres et des intervalles fixés plus haut, on pourra aisément calculer le nombre de vibrations d'un son quelconque.
340. Logarithmes acoustiques. — Pour tous ces calculs, les intervalles étant des quotients, l'emploi des logarithmes esl naturellement indiqué. Nous donnerons donc ci-dessous la lablt* des principaux logarithmes acoustirjues (on nomme ainsi les logarithmes des difTérents intervalles musicaux).
Intervalles.
Unisson Gomma
Logarithmes acoustiques.
rr- 0,00539J0
Demi-ton mineur -; 0,0177288
Demi-ton tempéré "^ 0,025 0808
Demi-ton majeur -^ 0,0280287
Ton entier mineur — 0,0457570
Ton entier majeur g o,o5i i525
Tierce mineure -^ 0,0791812
InterTaltcs.
Tierce majeure
Quarte
Quinte
Sixte mineure
Logarithmes acoustiques.
Sixte majeure rr 0,2218.488
Septième mineure ?• 0,255272') Septième majeure ^ 0,2730013 Octave 2 o,3oio3oo
Le logarithme de 2 différant peu de o,3oo, si on multiplie tons les logarithmes précédents par 2000, on aura les valeurs très approchées des divers intervalles en six-centièmes d'octaves, c'est-àdire en centièmes de ton. En retranchant de chaque produit le -r—