‹ Cours de physique (volume 3)Chapitre 51 sur 169 · TUYAUX SONORES. — TUBES A FLAMMES · texte numérisé non relu

TUYAUX SONORES. — TUBES A FLAMMES

De la RiTe(^), ayant chauffe uoe boule contenant un peu d^eau et surmontée d'un tube capillaire, et ayant ainsi obtenu un son éTÎdemment dû à la condensation périodique de la vapeur dans le tube, attribua à la même cause la production du son dans Tharnionica chimique. Faraday (') montra que cette explication était inexacte en plaçant le tube dans une enceinte chauffée à plus de 100*, et aussi en remplaçant Thydrogène par de Toxyde de carbone, dont la flamme ne donne lieu à aucune vapeur condensable; et il regarda le son comme provenant d'une série d'explosions : le gaz inflammable, entraîné par le courant d'air, forme avec cet air un mélange qui détone, est remplacé par une nouvelle quantité de mélange qui détone à son tour, et ainsi de suite. Cette manière de Toir rend compte des apparences de la flamme dans le miroir tournant. Elle est confirmée d^ailleurs par l'expérience de Martens (^) : une toile métallique, placée dans le tube immédiatement sur la flamme de façon à empêcher les détonations, supprime le son.

Les explosions successives peuvent donner naissance à des sons d'une grande intensité. Avec la flamme d'un grand bec Bunsen livrant passage au gaz par une sorte de pomme d'arrosoir et un long tuyau de 4'")^o, M. Tyndall obtient un son d'une puissance extraordinaire; en modérant la flamme on fait entendre le premier harmonique; en la réduisant encore on amène le second; si on laisse arriver tout le gaz, le son fondamental et ses harmoniques éclatent ensemble en produisant « un véritable ouragan musical ». Dans d'autres conditions, ces tubes à flammes rendent des sons très harmonieux, que l'on a cherché à utiliser en musique. M. Kastner {*) a construit sous le nom de pyrophone une sorte d'orgue dont le jeu ^t établi sur ce fait que si l'on place dans un même tuyau, au tiers delà hauteur, deux petites flammes en contact, le tuyau reste muet, tandis qu'il se met à parler dès qu'on les sépare.

(') Ds LA Rivi, Journal de physique de De la Métherie, LV, i6o; 1802. Les lubes àhouk ont été étudiés expérimentalement par Pinaud et Sondbaus, la théo- ^e en a été donnée par M. Bourget (Pinaud, Mém, de VAc. de Toulouse, V; «tlnstitta, \\\, 366 ; 1835; Sondhâuss, Pogg, Ann., LXXIX, 1 et CXL, 53 et 219; «SoO-'îO; BocRGET, Ann, de VÈc, norm., (1), IV, 1867).

(') FiBiOAT, Quarierly Journal of science, V, 274; 1818; et Annales de chim, ^dephys.,\\U, 363; 1818.

C) Maktens, Bulletin de V Académie des sciences de Brt/xe2/6S,VI, part. 2, 442 ; 1839.

(M KAmiR, C. -fl., LXXVI, 699; 1873.

866. Flammes sensibles. — ëq i858, M. Leconte (*) obseï que les flammes du gaz dans une salle de concert exécutaient < bonds à certaines notes, particulièrement à celles du violoncel accusant les trilles de cet instrument avec une telle perfection qu' « sourd aurait pu voir Tharmonie ». Il reconnut en même temps (\ pour être sensible une flamme devait, par Teffet d'une pression s fisante, être sur le point de ronfler. C'est là en effet la condition sentielle du phénomène. La sensibilité d'une flamme dépend d'à leurs de la forme du bec, de la largeur des tuyaux de condu (l'interposition d'un robinet dans le voisinage du bec peut ren< une flamme absolument réfractaire), des notes enfin que l'on don (une flamme est sensible aux sons qu'elle est elle-même sur le po d^émettre). Toutes ces circonstances ont été étudiées en détail j MM. Tyndall (*) et Barreit ('); nous rapporterons quelques-unes leurs expériences les plus remarquables (*).

Fig. 8j

Une flamme en aile de chauve-souris (fig. 82), alimentée petit gazomètre sous une pression plus forte que celle à( mètres de la ville, s'allonge en même temps qu'elle se divise langues à chaque coup qu'un marteau frappe sur une éloignée.

(«) Lecontb, Saiiman*s Journal, XXV, 62; et PhiL mag., (4), XV, 2

(«) Tyndalk, PhiL mag,, (4), XXXIII, 02; 1867.

(») Babrbtt, PhiL mag., (4), XXXIU, 216 et 287; 1807.

(*) Voir Tyndall, On Sound, 2o0.

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