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Ces déterminations sont fort difficiles, les quantités ù étudier étant essentiellement changeantes. En réalité, une voyelle est très mal définie par une lettre, qui désigne des sons différents chez les différents peuples, chez les différentes personnes, chez une même personne dans différentes circonstances : la véritable définition serait précisément le timbre.
Malgré ces difficultés, M. von llelmholtz admet que pour chacune des voyelles la cavité buccale présente une résonnance délerminée, indépendante de la hauteur à laquelle la voyelle est émise; de sorte que la bouche renforce dans le son des cordes vocales tous ceux des harmoniques qui coïncident avec Tun de ses ^ns propres ou qui en sont tout au moins assez voisins, tandis qu'elle étoufTe plus ou moins les autres.
Celle théorie est confirmée par la prédilection de chaque voyelle pour certaines notes (celles qui avoisinent le son propre, Toctave '>>^ou la douzième basse de ce son).
Ainsi VOUj dont la note caractéristique est/<72, se produit le plus
facilement sur les notes fui et ses voisines mi\ et réi, ainsi que sur /(/,.
L'È, dont Fune des caractéristiques est /i/3, convient au fa.j et aux noies légèrement supérieures jusqu'au m/3, de môme qu'aux sousharmoniques du fa^y c'est-à-dire au fa, et au .s/|k Bien que par sa deuxième caraclérislique il touche aux registres élevés, c'est princi-
paiement, avec VOUy la voyelle des basses (qui vont communémeot du fa^ au r^a).
Les voix de soprano {si^ — sol^ (^)) se complaisent aux sonsOyA: aussi la langue italienne, si riche en ces terminaisons, prète-t-ellc à ces voix un charme tout spécial.
L'influence du son caractéristique est surtout frappante pour les notes placées aux limites du registre vocal. Une voix de femme qui veut émettre une note plus grave que Vut^ tourne nécessairement à VO ou à VOU; de là cet accent sourd particulier à la voix, de contralto (m^ — w/3). Tous les chanteurs connaissent par expé— rience l'affinité de certaines voyelles pour certaines notes, et savent en tirer parti à l'occasion (^).
Willis ('), dont les travaux ont conduit Wheatstone (*) à pose^ le premier la théorie des voyelles, avait essayé de reproduire le^ sons de la voix avec des anches à tubes résonnants de longueur va — riable, et il y avait en effet assez bien réussi {%
M. von Helmholtz a employé au même usage son appareil (407) comprenant les diapasons suivants (les quatre derniers, ajoute après coup, étaient peu sonores) :
5i,t 5e,b ^ /a^ 5/3^ ré^ fa^ la^ sij^ ré.^ fa^ la^ m^ I 2 3 4 5 () 7 8 10 12 1.4 iti.
Le son fondamental de cette série formait un OV très sourd, qu se rapprochait davantage de \0V parlé lorsqu'on y joignait douce: ment les sons 2 et 3. On obtenait un très bel O en donnant, outr^ le son fondamental un peu étouffé, le son 4 fort et les sons 2, 3 el-£j plus faibles. On produisait XA en faisant sortir aussi vigoureuse — ment que possible les sons les plus élevés de la série à partir du > *" et légèrement les autres. L'appareil donnait encore TJ^qUandon
(*) Nous parlons des voix ordinaires, car certaines basses descendent au/(i.-fl de 43^**, tandis que quelques soprani montent à \ui^ de 2i00^<*.
(•) Laugel, La V oix y r oreille et la musique, Paris, Gcrmer-BaiUiëre ; 1867, p. ^'
(») Willis, Cambridge Phil. Trans., lU, 231; 1833.
(*) Wheatstone, London and Westminster RevicWy oct. 1837.
(*) M. Faber, de Vienne, a construit sur le môme principe une machine par^ lantedanslaquelle les voyelles sont obtenues par remploi de diverses ouverture^ communiquant avec une cavité spéciale. Un certain nombre de pièces, imiltn^ le jeu des dents, des lèvres et de la langue, permettent de produire les consonnes. Le résultat est satisfaisant {Journal de physique, VIII, 274; 1872 fGariel;> -
TIMBRE. — VOIX HUMAINE, VOYELLES. 30t
reaforçait le son 3, mais il ne pcrmeUait p.is d'alleindre jusqu'au son caractéristique de 17.
Depuis ces remarquables travaux de M. von Helmlioltz, la question a été maintes fois reprise.
Le récepteur liabituel des mouvements vibratoires, la membrane a été utilisée sous lotîtes ses formes et de toutes les manières pour l'étude de la voix humaine.
En parlant daos une embouchure reliée à une membrane agissant sur un stjle (logographe de Barlow ('j, phonautograplie de Schneebeli (')) ou surune flamme miinométrique (Kœnîfï(^)), on a
obleni, jgg figures relatives aux diverses voyelles .'i différentes """leurs, et même l'indication de certaines consonnes ('). La p|*lUe d'un téléphone, disposée de manière à former le fond ""He capsule manumétrique (Frohlicli {'■)), fait prendre ;ï la
ïlll,
^ AkLOv, Proceedings "f llie lioijnl Society ; f9'i; cl Jottrnal de physique
■■' ScBNKBELi, Archives de Genève {■>), CXiV, 71); et (:i), 1, 140; IS^S-TH. 'J' Kuctro, Pogg. Ann., CXt.Vl, 161; )872; el Quelques expériences, aO. , '.') Ainsi l'ft muet (que l'on peut prolonger indËnniment sans voyelle), pro- "" dans la llamme une sorte de hérissement; te B et en général les explosives "I^^Wlient au Ingographe par un saul brusque.
') fsŒHLica, liandbuch il. Eletitricilnt u. <l. Magneiitmus , 2yi. Berlin, ^I"'*>Bef; 1887.
Ilammc des apparences du même genre, bien qu'un peu compliquées. L'analogie se poursuit avec les tracés phoo phiques, comme le montre le dessin ci-joint, dans 1
Fig. iOq
M. A. -M. Mayer (*) a réuni, en A l'impression produite sur la fe d'étain par VAy en B la coupe transversale de cette feuille et( le profil de la flamme manométrique impressionnée pa même voyelle. Sous le nom de phonéidoscope , M. S(
Fig. i<)3
Taylor (*) a construit un appareil permettant d'étudier relTe!
(*)"A.-M. Mayer, Journal de physique. Vil, 113; 1878. (*) Sedi.ey Tayj-or, Journal de physùjur^ VIU, 92; 1870.